Pénurie d'électricité: une réserve stratégique de 1000 MW l'hiver prochain

Pour l'hiver 2015-2016, la réserve stratégique atteint 1535,5 MW dont 1177,1 MW provenant de centrales et 358,4 MW contractés sur des industriels qui acceptent de diminuer leur consommation.
Pour l'hiver 2015-2016, la réserve stratégique atteint 1535,5 MW dont 1177,1 MW provenant de centrales et 358,4 MW contractés sur des industriels qui acceptent de diminuer leur consommation. - © DIRK WAEM - BELGA

Une réserve stratégique de 1000 MW sera nécessaire pour l'hiver 2016-2017 en Belgique, estime le gestionnaire du réseau haute tension Elia, dans sa nouvelle étude sur la sécurité d'approvisionnement électrique en Belgique. Cette estimation est identique pour l'hiver suivant à condition que 500 MW d'unités thermiques reviennent sur le marché. En maintenant cette condition, la réserve stratégique devrait atteindre 1200 MW pour l'hiver 2018-2019.

La réserve stratégique est un concept introduit pour la première fois durant l'hiver 2014-2015. Cette réserve a été mise en place afin de faire face à la pénurie structurelle de production électrique en Belgique occasionnée par la fermeture temporaire ou définitive de centrales.

Dans le scénario de référence retenu par Elia, les réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2 sont hors service et Doel 1 et Doel 2 sont considérés en service pour l'hiver 2016-2017.

Pour l'hiver 2015-2016, la réserve stratégique atteint 1535,5 MW dont 1177,1 MW provenant de centrales et 358,4 MW contractés sur des industriels qui acceptent de diminuer leur consommation.

Le besoin en réserve stratégique pour l'hiver 2016-17 est de 1000 MW dans le scénario de référence où les réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2 ne sont pas disponibles, contrairement à ceux de Doel 1 et Doel 2. Le besoin en réserve stratégique augmente de 800 MW par rapport à ce scénario de référence si les réacteurs Doel 1 et Doel 2 ne sont pas disponibles. Si les réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2 sont disponibles, il n'y a plus besoin de réserve stratégique. Elia estime la capacité maximale d'importation pour la Belgique à 4500 MW pour l'hiver 2016-2017.

Pas sur le long terme

Plusieurs partis d'opposition ont vu dans cette étude la confirmation qu'une prolongation de Doel 1 et 2 n'était pas nécessaire dès lors que les centrales de Doel 3 et Tihange 2 allaient être relancées. Mais cette étude ne porte pas sur le long terme, a fait remarquer la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR).

"Cette étude sur la sécurité d'approvisionnement réalisée par Elia porte sur les besoins en électricité pour l'hiver 2016-2017 et calcule la réserve stratégique pour cette période. Cette étude ne traite donc pas de la sécurité d'approvisionnement en électricité à long terme", a déclaré la ministre.

"Le gouvernement a décidé de prolonger Doel 1 et 2 pour une période de 10 ans afin de garantir la sécurité d'approvisionnement du pays pour le long terme. Cette prolongation augmente l'autonomie de la Belgique dans la production d'électricité sans avoir d'impact négatif sur la facture d'électricité", ajoute-t-elle.

La ministre met notamment en avant la nécessité de faire face à la diminution attendue des capacités d'importation d'électricité, en particulier des Pays-Bas.

"La prolongation de Doel 1 et 2 donnera une plus grande marge pour une préparation sereine de la transition énergétique qui doit permettre à la Belgique de se doter d'un mix énergétique équilibré garantissant un prix de l'énergie sûr, abordable et durable", a-t-elle conclu.

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