Pénurie d'électricité: la ministre Marghem parle d'une "situation pire qu'en 2014" et critique Electrabel

Un seul réacteur en état de marche en novembre, aucune réserve stratégique constituée et des critiques qui pleuvent tant du côté de la majorité que de l'opposition : c'est certain, Marie-Christine Marghem (MR) ne vit pas sa meilleure semaine. Depuis septembre, la ministre de l’Énergie a toujours affirmé qu'il n'y aurait pas de problème de pénurie en Belgique.

Aujourd'hui, le ton a clairement changé puisque la ministre évoque une crise pire que lors des problèmes d'approvisionnement de 2014. "Bien sur la situation est pire puisqu'en 2014 il y avait moins de centrales qui ne fonctionnaient pas. Ici, il y en a beaucoup plus puisqu'il n'y en aurait qu'une en fonction pour l’entrée de l'hiver météorologique, en novembre" explique Marie-Christine Marghem au micro de la RTBF.

Pour rappel, la Belgique compte sept réacteurs nucléaires... dont six seront à l’arrêt en novembre. Des dégradations dans le béton ont forcé l'arrêt de Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3. Doel 1 et 2 ne peuvent pas être redémarrés à cause d'un problème de fuites. Enfin Tihange 1 doit être révisé et donc mis à l'arrêt du 20 octobre au 28 novembre. Résultat: il ne reste que Doel 3 en service.

La ministre pointe la responsabilité d'Electrabel

Impossible de nier que la situation devient critique, mais la ministre de l’Énergie insiste aussi, pas question de paniquer: "Nous sommes le 24 septembre. Je sais que tout le monde est inquiet, mais il faut garder la tête froide et se dire que nous avons encore quelques semaines pour travailler et trouver des solutions." Pour l'heure, Marie-Christine Marghem n'envisage d'ailleurs pas de campagne ou même de plan de délestage (des coupures d’électricité volontaires et temporaires dans certaines zones du pays).

Mais au delà de cet appel au calme, Marie-Christine Marghem s'en prend aussi à Electrabel, évoquant un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage: "J'ai signifié à Electrabel ma grande contrariété à l'égard de la décision de planification de travaux comme ceux entrepris dans leur parc de production, qui modifient complétement un calendrier qui était pourtant projeté de manière normale pour aborder l'hiver, sachant la responsabilité qu'a Electrabel comme producteur sensible sur le territoire national, puisqu'ils peuvent produire 54% de l’électricité dont nous avons besoin."

Elia, le gestionnaire du réseau, est chargé d'analyser la "responsabilité juridique" d'Electrabel. Parmi les partis d'opposition, on pointe surtout la responsabilité de la ministre elle-même, qui est attendue de pied ferme à la Chambre où elle doit s'expliquer, ce mercredi, en commission.   

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