Pénurie d'électricité: "L'impact sur la facture doit être pris en charge par Electrabel", selon Marghem

Sous le feu des critiques depuis le début de la semaine, la ministre de l'Energie Marie Christine Marghem était l'invitée de La Première ce mardi. Elle pointe à nouveau du doigt l'opérateur de réseau Electrabel et considère qu'un black-out hivernal serait un véritable échec. Concernant les ambitions climat, la ministre accuse la N-VA de ne pas être aux diapasons des autres partis du gouvernement.

Risque-t-on de manque d'électricité cet hiver ?

Selon Mme Marghem, rien ne permet d'affirmer qu'un black-out aura lieu cet hiver. "Si cela arrive, ce sera un réel échec", concède Mme Marghem. "Une coupure de courant voudrait dire que l'on n'a pas su trouver des solutions concrètes pour avoir du courant au moment où la demande se manifeste et qu'on n'a pas réussit à mettre en place un plan de délestage".

Néanmoins, la ministre martèle que cela n'arrivera pas : "Ce gouvernement a reconfiguré le délestage pour palier à un trop peu de courant, on peut enclencher ce plan". La question ne se pose pas à l'heure actuelle, selon elle, Marie-Christine Marghem affirme travailler avec Electrabel pour que le problème ne se pose pas.

Danièle Devogelaer du Bureau du Plan, a affirmé dimanche au micro de la VRT que "le risque de coupure d'électricité dans certaines régions est réel en novembre", une déclaration qui fait sourire la ministre en charge du dossier. "Le Bureau du Plan doit faire des projection financières, il n'est pas habilité à faire des projections en matière d'approvisionnement. C'est le rôle gestionnaire de réseau de transport avec qui je travaille : Elia", déclare-t-elle. 

"Electrabel est responsable"

Beaucoup disent que la situation est aujourd'hui pire qu'en 2014 où l'on avait craint un black out. Ce climat est dû à l'opérateur de réseau Electrabel, en charge de 54% de la production d'électricité en Belgique, qui aurait dû être plus prévoyant selon Mme Marghem. "Electrabel est responsable de cette situation. L'hiver tombe toujours au même moment, lorsqu'on a un parc d'une telle importance on fait en sorte que les travaux qu'on réalise tiennent compte de cette période hivernale et du besoin de la Belgique d'être alimentée", poursuit-elle.

Néanmoins, elle estime qu'"il faut trouver ensemble des solutions concrètes pour passe l'hiver dans de bonnes conditions", déplorant l'annonce tardive de l'opérateur du timing, plus long que prévu, des travaux sur ses réacteurs.

Pourtant, la ministre de l'Energie déclarait jeudi que, selon ses informations, aucune pénurie d'électricité n'était à prévoir. Lui a-t-on menti ? "Il n'y a pas de fraude mais toute société commerciale doit publier au marché en priorité sa situation, c'est ce qu'a fait Electrabel vendredi. De ce fait, jeudi, j'avais encore un timing où Tihange 2 et 3 allaient revenir en octobre, du jour au lendemain, j'ai un timing où ils ne vont revenir qu'en mars et en juin 2019", répond-elle, dénonçant une situation qu'elle ne pouvait "pas voir venir".

Quel impact sur la facture des belges ? 

"L'impact sur la facture doit être pris en charge dans la facture de l'opérateur si des solutions ne sont pas trouvées", précise Marghem. Elle analyse actuellement la situation juridiquement avec le gouvernement. "Le consommateur moyen, quand il noue un contrat avec un fournisseur paie, le prix du kW du moment où il noue le contrat. Le seul vecteur qui fait augmenter petit à petit le coût de la facture, c'est l'indexation", précise-t-elle.

Pourtant, elle affirme qu'il est évident que la situation va être plus compliquée pour les entreprises reliées au gestionnaire de réseau de transport ou les entreprises qui ont un contrat variable : "c'est cela que nous devons gérer", justifie la ministre.

Une pluie de critiques

L'opposition comme la majorité ont vivement critique la ministre de l'Energie concernant sa gestion de l'approvisionnement en électricité. Les différents partis demandent à ce qu'elle soit entendue à la chambre. "La période électorale est une période propice au profilage des uns et des autres. Je suppose que c'est à cela que nous devons cette avalanche d'interventions. Quand on est auditionné à la chambre, cela veut simplement dire qu'il est normal de rendre compte de la situation au parlement. Dans ce contexte, j'ai évidemment immédiatement accepté", justifie Marie-Chrisitne Marghem.

Elle rappelle par ailleurs que "depuis quatre ans, jamais quiconque n'a manqué d'électricité". "Nous avons fait ce que d'autres gouvernements n'ont pas fait en 11 ans depuis qu'on a voté la sortie du nucléaire en 2003, indique la ministre. "Nous avons mis en place un pacte énergétique, nous avons augmenté l'éolien offshore en mer du Nord en diminuant la facture du consommateur, nous avons mis en place un mécanisme pour que les centrales à gaz remplacent les centrales nucléaires à l'horizon 2025, nous avons augmenté les interconnexions à haute de 500 MW, ce qui va apporter 4000 MW lors de l'hiver", énumère-t-elle ensuite

Et le climat ?

La situation est-elle aujourd'hui fiable ? "Cela fait des années que c'est comme ça. En Belgique, on a beaucoup centré le discours sur les énergies renouvelables sans tenir compte du coût de ces énergies pour le consommateur et on a oublié le parc de production", répond Marghem. 

En tout cas, une déclaration commune concernant les objectifs climatiques des Pays-Bas, du Luxembourg et de la Belgique aurait été torpillée par cette dernière. Une situation que déplorent plusieurs ONG que la ministre analyse, justifiant qu'un "parti dans la coalition n'est pas au diapason des ambitions du gouvernement en matière de climat, c'est la N-VA, même si c'est n'est oas toujours ce parti qui freine dans ces discussions". 

Concernant les enjeux relatifs au climat, elle insiste : "Nous faisons toujours attention à ne pas avoir de slogan". Mais selon la ministre, cela se heurte à  "un principe de réalité", que la le parti flamand préconise. Néanmoins, "la N-VA essaye petit à petit de s'aligner sur nous pour des ambitions climatiques raisonnables", conclut-elle.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK