Pénurie d'électricité: plan d'urgence et carte des zones de délestage

Cette carte mentionne les cabines de basse et moyenne tension qui peuvent être délestées manuellement.
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Cette carte mentionne les cabines de basse et moyenne tension qui peuvent être délestées manuellement. - © ERIC LALMAND - BELGA

Une vaste coupure d'électricité suite à la mise à l'arrêt de 3 de nos 7 centrales nucléaires, Doel 3, Doel 4 et Tihange 2, est de l'ordre du possible. Un rapport d'Elia, le gestionnaire du réseau, évoque le risque de 49 à 116 heures de pénurie cet hiver, une situation que les autorités s'efforcent bien évidemment d'éviter. Mais au cas où, un plan d'urgence a été mis au point prévoyant des zones de délestage. Les résultats des nouveaux tests menés à la suite des micro-fissures constatées sur les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 confirment les résultats des test menés en mars, a indiqué mercredi le directeur de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), Jan Bens, devant les commissions réunies de l'Economie et de l'Intérieur de Chambre.

Le ministre de l'Intérieur, Melchior Wathelet, a transmis la carte des zones de délestage en cas de pénurie d'électricité cet hiver aux gouverneurs de province ce mercredi.

Les autorités s'efforcent d'abord de trouver la parade et en dernier recours, d'anticiper les risques d'une coupure et de préparer les mesures d'urgence.

Ce qui passera, la réserve stratégique étant insuffisante, par la recherche de production complémentaire à titre temporaire, turbines gaz-vapeur, générateurs, importation d'électricité, dispositions en matière d'éclairage des bâtiments publics et autoroutes, sanctions pour les producteurs d'électricité défaillants, limitation de consommation aux gros clients industriels, sensibilisation du citoyen, etc. Et en dernier recours, des mesures de délestage.

Dans cette éventualité, le territoire national a été divisé en une série de zones. Si délestage il y a, celui-ci commencera dans les zones de catégorie 6 situées dans les provinces de Liège, Hainaut, Brabant wallon, Limbourg, Anvers, Brabant flamand et Flandre orientale. Chaque zone représente une tranche de consommation de 500 MW.

Cette carte mentionne les cabines de basse et moyenne tension qui peuvent être délestées manuellement. Une partie du territoire, notamment les grandes villes, ne subira pas d'impact.

En d'autres termes, les cabines ont été classées dans une liste comportant 6 niveaux, ou "tranches".

La tranche zéro, en gris sur la carte ci-dessus, reprend les cabines qui ne seront pas touchées. Elles se trouvent dans les grandes villes.

Par contre, en bas du classement, à la tranche six, en bleu clair sur la carte, sont répertoriées les cabines qu seront les premières ciblées en cas de pénurie. Le délestage n'est donc pas organisé au niveau des provinces, ni des communes, mais par cabines.

Il y a des provinces qui seront plus impactées, d'autres moins. Voici un tableau reprenant, en chiffres, les données globales pour tout le territoire.

Le ministre a répété que tout serait fait pour éviter le délestage, c'est-à-dire l'arrêt de l'alimentation électrique pendant une durée limitée, en principe deux ou trois heures entre 17h et 20h.

"Éviter ce délestage"

"Tout sera prêt pour éviter ce délestage. C'est notre mission première et les initiatives prises ces dernières années sont très importantes. Si toutes ces initiatives n'avaient pas été prises, c'était sûr qu'il y avait un délestage. Aujourd'hui, ce n'est pas sûr", a-t-il affirmé en évoquant la réserve stratégique de 850 MW, les capacités d'interconnexion et les amendes qui seront infligées aux producteurs qui n'auraient pas prévu assez d'électricité pour leurs clients. Une procédure sera enclenchée 7 jours avant qu'une pénurie ne risque de se produire.

Elle sera coordonnée par le SPF Intérieur et le SPF Economie et, la veille de la pénurie, le centre de crise coordonnera les mesures à prendre. Un délestage éventuel dépendra aussi de l'attitude des citoyens. Un certain nombre de gestes très simples comme le débranchement complet d'une télévision ou le retrait de la prise d'un chargeur de gsm auront toute leur utilité. "Plus les citoyens auront un comportement responsable dans leur consommation d'électricité, plus on pourra éviter ce délestage", a assuré Melchior Wathelet.

C'était donc une étape supplémentaire dans la préparation de la Belgique à une éventuelle situation de black-out. La cause est connue, l'arrêt de Doel 3 et Tihange depuis 2012 suite à la découverte de fissures dans les cuves, et l'arrêt suite à un sabotage de Doel 4 le mois dernier. 3 réacteurs sur 7 en panne donc.

A noter que parallèlement, le sujet était évoqué en commission de la Chambre. Les résultats des nouveaux tests menés à la suite des micro-fissures constatées sur les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 confirment les résultats des test menés en mars, y a indiqué mercredi le directeur de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), Jan Bens. Cet effet n'a toujours pas reçu d'explication et tant qu'il ne peut être expliqué, il n'est pas question d'un redémarrage.

De nouveaux tests confirment des micro-fissures

L'AFCN attend qu'Electrabel lui fournisse les résultats de nouveaux tests, vraisemblablement à la fin de l'automne. "Electrabel m'a communiqué où il en était", a indiqué Jan Bens.

La procédure menée est complexe, impliquant des télémanipulations dans des espaces clos, et les tests sont toujours en cours.

Les microfissures ont été détectées à l'été 2012. Elles ont entraîné l'arrêt des réacteurs, leur redémarrage et à nouveau leur arrêt à la fin mars. Le directeur de l'AFCN s'est montré sceptique sur un éventuel redémarrage des deux réacteurs cet hiver. "Je crains que l'on ne puisse pas trop compter dessus", a-t-il lancé.

Jan Bens ne s'est pas plus avancé sur l'éventualité du redémarrage un jour de ces réacteurs. Il attend une explication physique claire du problème qui se pose et un dossier d'évaluation de la sécurité qui permette de les relancer. "Ce n'est pas garanti que ces centrales vont redémarrer", a-t-il ajouté. Le remplacement de la cuve d'un réacteur nucléaire serait une première. "Pour un ingénieur, ce serait très intéressant. Pour un financier, beaucoup moins".

Quant à Doel 4, victime d'un acte de sabotage, celui-ci pourrait en revanche redémarrer en décembre. "Avec mon expérience, cela me paraît raisonnable", a dit Jan Bens.

La plupart des entreprises flamandes pas assurées en cas de panne de courant

Les entreprises ont encore du pain sur la planche pour s'assurer en cas de coupure de courant, ressort-il d'un sondage de l'organisation flamande des petits indépendants Unizo auprès de 700 entrepreneurs, dont De Standaard relaie les résultats mercredi. Environ 80% d'entre eux ne sont en effet pas assurés en cas de dommages résultant de coupures de courant.
Selon le directeur de l'Unizo Karel Van Eetvelt, ces résultats démontrent qu'il est urgent que la clarté soit faite sur le plan de délestage en cas de pénurie d'électricité, et ce, afin que les entreprises connaissent le risque qu'elles ont de se retrouver sans courant.

Plus de la moitié des entrepreneurs sondés (près de 54%) ont indiqué qu'une telle coupure aurait des conséquences très négatives et qu'elle obligerait l'entreprise à cesser une grande partie de ses activités.

Près d'un tiers des entreprises interrogées ont en revanche fait savoir que les désavantages resteraient limités tant que l'interruption du courant ne dure pas trop longtemps et qu'elles ont été averties "à temps", soit au moins deux jours avant pour près de 60% d'entre eux et trois jours pour le tiers restant.

 

 

 

Les 6 communes du BW qui seront touchées

Chastre, Chaumont-Gistoux, Court-Saint-Etienne, Mont-Saint-Guibert, Villers-la-Ville et Walhain sont les six communes du Brabant wallon qui seront touchées les premières par la mesure de délestage énergétique. C'est ce qui a été annoncé hier lors de la réunion des gouverneurs de province, responsables de l'application de cette mesure.

Pour rappel, les coupures de courant dureraient entre 2 et 4 heures aux heures de consommation de pointe, à savoir de 17h à 20h.

La Province de Namur ne serait pas touchée dans un premier temps.

RTBF avec Belga

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