Pensions, chômage, saut d'index... Le contenu de l'accord de gouvernement

Le président de la N-VA Bart De Wever lors des négociations
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Le président de la N-VA Bart De Wever lors des négociations - © NICOLAS MAETERLINCK

Un report de l'âge de la pension à 67 ans, des chômeurs longue durée qui devront mettre la main à la pâte, un saut d'index promis "intelligent"... Les négociateurs de la suédoise ont accouché ce mardi soir d'un accord de gouvernement aux mesures déjà annoncées "difficiles". On s'attend à une forte fronde syndicale et sociale. Dont les premiers échos ont déjà retenti.

Si le contenu de l'accord sera décrypté dans les prochains jours, certains points sont déjà connus et promettent d'importantes réformes aussi bien sociales qu'économiques.

Pensions

Il y a d'abord la réforme des pensions par exemple. On sait déjà que l'âge-clé pour le départ à la retraite passera à 66 ans en 2025, pour culminer à 67 ans en 2030.

Si le MR avait garanti que l’âge légal resterait inchangé, il assure aujourd’hui qu’il a tenu sa promesse : "2025, ce n’est pas pour cette législature", assurent les libéraux.

Pour le reste, ils se justifient en rappelant que la suédoise s’est basée sur les conclusions du rapport présenté au printemps dernier par la Commission de réforme des pensions. Une commission dirigée par le flamand Frank Vandenbroucke, "un ancien socialiste", précise-t-on au MR.

La réforme prévoit l’accès au deuxième pilier des pensions pour les indépendants, et la levée de la suppression de limite de travail pour les pensionnés.

Congé parental

Outre les pensions, il est également question d'élargir de douze mois le crédit-temps, singulièrement pour les soins palliatifs et la garde des enfants malades (jusqu'à huit ans). Le congé parental serait également étendu.

Chômeurs au service de la communauté

Par ailleurs, on ne touchera pas à la dégressivité des allocations de chômage mais un service d'intérêt général qualifié de "service à la communauté" est instauré pour les chômeurs longue durée. Ceux-ci devront travailler deux demi-jours par semaine, pour leur commune par exemple, sans quoi on touchera bien à leurs allocations.

Saut d’index

Le saut d'index avec compensations pour les travailleurs fait aussi partie de l’accord. Charles Michel l’a qualifié de "saut d'index socialement corrigé" : "Nous épargnons les bas revenus, et augmentons les allocataires sociaux", garantit le futur Premier ministre.

Le principe de l'indexation automatique des salaires et de la concertation sociale est confirmé, et des mesures sont également prises en faveur des heures supplémentaires dans l'horeca.

Emploi

Plus globalement, les négociateurs affirment avoir fait de l’emploi l’une de leurs grandes priorités. Un "plan emploi" est annoncé en concertation avec les Régions, et prévoit notamment des baisses de charges, de la formation continue, la valorisation de l'expérience professionnelle, une lutte contre le chômage des jeunes, et un renforcement des carrières pour les groupes vulnérables.

Enfin, le gouvernement de centre-droit entend revoir la loi de 1996 sur la compétitivité et la sauvegarde de l'emploi. Il sera question de résorber le "handicap salarial" avec les pays voisins.

Bref, l’accord budgétaire conclu permettra à la Belgique d’être "à l'équilibre en 2018", assurent les négociateurs.

"C'est un budget qui prévoit en même temps des mesures pour faire en sorte que le mode de vie de l'État soit un peu plus resserré, pour que l'on dépense moins, pour que l'on dépense mieux. Un mode de vie plus respectueux de l'argent public. Nous avons en même temps réussi à libérer des moyens financiers importants pour encourager la création d'emploi dans les entreprises (…) pour faire en sorte que, dans les quelques années qui viennent, nous puissions lancer des réformes fiscales, pour baisser les impôts pour les personnes qui travaillent, qui ont des bas ou moyens salaires", assure Charles Michel, président du MR et futur Premier ministre belge.

Arco

Enfin, les négociateurs sont également parvenus à un accord dans le dossier des coopérateurs d'Arco, la coopérative financière du Mouvement ouvrier chrétien entraînée dans la débâcle de Dexia. Un effort de 600 millions d'euros sera fourni, lequel sera réparti entre les trois parties prenantes de ce dossier : l’État, Belfius et le Mouvement ouvrier chrétien, a-t-on indiqué dans l'entourage des négociateurs.

La Commission européenne a jugé incompatible avec les règles européennes la garantie que l’État a accordée aux coopérateurs d'Arco. L’État belge a déposé un recours contre cette décision.

La suédoise "roule pour les riches", déplorent les syndicats

Avant même l'annonce de l'accord, les syndicats avaient dénoncé des mesures "encore plus graves que prévu" qui reposent "sur le dos des travailleurs". La suédoise "roule pour les riches", a même assuré le syndicaliste chrétien Marc Leemans.

Découvrez leur réaction via ce lien.

RTBF

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