Pension à points: la "variable d'ajustement" pour régler les problèmes budgétaires, selon la FGTB

Le gouvernement wallon présidé par Willy Borsus a déclaré qu'il voulait mener une politique alignée sur celle du gouvernement fédéral. Cela inquiète le secrétaire général de la FGTB Robert Vertenueil: "S'il vont dans cette ligne-là, c'est clair qu'il y aura des réactions syndicales".

Le ministre wallon de l'Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR) a dénoncé ce qu'il appelle "la culture de l'excuse du Forem". "C'est absolument insupportable. Quelle indécence et quel mépris pour les gens", réagit le dirigeant syndical: "Qui doit s'excuser? Les travailleurs de Caterpillar qui ont perdu leur emploi ou la société Caterpillar qui a mis 2000 personnes sur le chemin? On peut toujours améliorer les choses mais dire que le Forem est dans une culture de l'excuse, c'est vraiment ne pas connaître le travail qui se fait sur le terrain. Le Forem fait un travail de qualité qui est reconnu par tout le monde".

"Les inégalités n'ont jamais été aussi criantes et, chaque fois que le gouvernement fédéral prend une mesure, cela agrandit les inégalités. Et cela risque d'aller dans le même sens avec le gouvernement wallon. Comment voulez-vous qu'une organisation syndicale n'organise pas la riposte?" demande Robert Vertenueil.

Déficit organisé

Le gouvernement fédéral examine la possibilité de privatiser certaines entreprises publiques. "Cela ne m'étonne pas. Quand je vois la manière dont ils organisent leur budget, avec des incertitudes et des approximations; on est en train de vider les caisses. Si on organise le fait d'être en déficit, il va bien falloir, à un moment, trouver l'argent quelque part. Donc on va privatiser et vendre les bijoux de famille", rétorque le secrétaire général de la FGTB. Il en ira de même avec la sécurité sociale: "On organise son déficit, et puis un jour on viendra vous dire qu'il n'y aura pas moyen de faire autrement que de faire des économies dans la sécurité sociale". Selon lui, "certainement plus de 20% de la dette (de l’État) est due au fait que l'on a dû renflouer les banques".

Variable d'ajustement

La réforme des pensions menée par le ministre Bacquelaine est basée sur un système de points, qui fixera le montant auquel le retraité aura droit. "Vous devrez attendre la fin de votre carrière pour savoir la valeur du point" s'inquiète le patron de la FGTB.

Selon lui, on pouvait réformer le système en se passant d'utiliser des points. "Si on veut mettre en place un système à points, c'est parce que l'on veut en faire une variable d'ajustement. C'est pour pouvoir faire en sorte que, si on a un problème budgétaire, on s'attaquera aux pensions pour pouvoir le régler".

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