Pénibilité du métier d'enseignant: "Je me mettais en colère 30 à 40 fois par jour"

Une classe
Une classe - © ANTHONY DEHEZ - BELGAIMAGE

Le débat sur la pénibilité du métier d’enseignant occupe l'actualité depuis quelques temps, une concertation débute à ce propos ce mercredi au Comité A de la fonction publique, qui rassemble représentants de l’État et syndicats. L’enjeu est important puisqu’il va déterminer l’âge de départ à la pension des enseignants, enseignants particulièrement exposés à la maladie dès lors qu’ils franchissent la barre des 50 ans. Ce sont d’ailleurs les conclusions d’une étude commandée par la Fédération Wallonie-Bruxelles. À eux seuls, ces enseignants totalisent plus de 40% de l’absentéisme pour cause de maladie. Près de la moitié souffre d’un burn-out, de fatigue ou de dépression.

Denis Genot a 54 ans, il est professeur d’histoire et géographie depuis 30 ans à l’Institut Marius Renard à Anderlecht, une passion intacte même s'il est en burn-out depuis cinq mois. "J’ai envie d’enseigner, j’ai envie que mes élèves apprennent. Et la difficulté est là, c’est-à-dire que dans une classe d’une vingtaine d’élèves, on va avoir 12-13 élèves qui sont vraiment en demande d’apprentissage et puis cinq-six élèves n’ont pas du tout envie d’être là. Donc, ces quelques élèves vont perturber l’ambiance de la classe. Une des raisons pour laquelle je me suis retrouvé en burn-out était parce que je me mettais en colère — et ce n’est pas un chiffre en l’air — 30 à 40 fois par jour. Et on ne sort pas indemne d’une colère", témoigne-t-il.

Le quotidien, c’est aussi le bruit, les élèves en retard qui viennent sans leurs cours ou sans matériel, on ne veut pas enlever son manteau ou les écouteurs, éteindre son GSM, les bagarres et puis l’insulte qui est devenue banale et permanente. Lorsqu’on lui demande pourquoi il a craqué maintenant et pas avant 50 ans, il parle d’usure et de fatigue, tout simplement.

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