Paul Magnette: "Un mandat public, ce n'est pas un Win for Life"

Paul Magnette était sur le plateau à notre JT de ce jeudi soir, face à François De Brigode, pour évoquer l'affaire Publifin et toutes ses ramifications, notamment concernant Stéphane Moreau et sa double casquette de CEO d'une entreprise privée avec des capitaux publics, Nethys, et de bourgmestre d'Ans, un mandat public donc. Sur cette situation, le ministre-président du gouvernement wallon a été très clair: "Un mandat public, ce n'est pas un Win for Life".

Il veut ainsi élaborer des "règles d'incompatibilité là où il y a des risques de conflits d'intérêt, qui vaudront pour tout le monde, pour aujourd'hui et pour demain. Quand on aura voté cette règle, et je ferai en sorte qu'elle soit votée, [Stéphane Moreau] devra en tirer les conclusions. Soit il ne sera plus bourgmestre, soit il ne sera plus patron de Nethys." 

Un mandat public, c'est fait pour servir l'intérêt public

Tout comme Laurette Onkelinx, il a fait part de sa colère et de sa tristesse envers ces affaires que "l'ensemble du monde politique subit", "tout notre travail est frappé par tout ça" a-t-il martelé. "Le comportement de quelques-uns vient jeter une tâche sur [notre] travail."

Et d'annoncer qu'il prendra "personnellement" en charge ce dossier concernant la bonne gouvernance, l'éthique politique. "Il faut une règle générale qui doit dire que quelqu'un qui est patron d'une entreprise publique ne peut pas en même temps avoir des fonctions politiques. C'est une règle qui doit devenir un principe général", rappelant que "Nethys est une entreprise privée mais détenue par des communes."

"Il faut que certains comprennent qu'un mandat public, ce n'est pas un Win for Life. Un mandat public, c'est fait pour servir l'intérêt public, donc, j'en fais formellement l'engagement, on va mettre la transparence totale, on va faire en sorte que les rémunérations ne soient plus fixées par les uns et par les autres dans des conseils d'administration. Ça doit être fixé par décret, par des règles totales et plus personne ne pourra plus jamais toucher une rémunération pour un travail qui n'est pas accompli."

Paul Furlan "n'a pas commis de faute politique"

Pour le bourgmestre de Charleroi, "il ne faut pas se contenter de 'ça'. On a trop souvent vécu ça par le passé: il y a un scandale, on fait tomber une tête, on règle deux, trois trucs puis tout le reste continue. Moi je pense que c'est un drame que vit la Wallonie, c'est notre image de marque qui est frappée."

Paul Magnette continue de soutenir son ministre des Affaires locales Paul Furlan, reconnaissant sa maladresse dans son aveux qu'il n'avait pas "cherché à savoir", à connaître les différents mandats de son ex-chef de cabinet adjoint, Claude Parmentier. "C'est un situation difficile pour lui, mais il n'a fait aucune faute politique dans ce dossier. C'est lui qui a porté les réformes, c'est lui qui continuera à les porter, et je vais personnellement m'occuper de ce dossier, avec Paul Furlan"

Une implication personnelle qui arrive un peu tard? "Tout était en cours, répond le socialiste. Mais malheureusement certains, quand on renforce les règles, trouvent des entourloupes pour aller inventer des postes sans fonction, pour faire des réunions où l'on ne se réunit à moitié pas et toucher grassement des rémunérations"

Un nettoyage "à la carolo"

Face à cette débandade de la bonne gouvernance politique en Wallonie vient vite à l'esprit la comparaison avec l'affaire de la Carolo, il y a dix ans. "Je suis entré en politique à cause des scandales de la Carolo. Elio Di Rupo est venu me chercher, il m'a demandé de mettre de l'ordre à Charleroi. Je l'ai fait, j'ai fait démissionner des dizaines de personnes, on a mis à plat toutes les structures et il n'y a plus jamais eu aucune affaire. Nous allons faire la même chose sur l'ensemble de la Wallonie. Mais quand on voit que certains cherchent toujours des petites failles pour créer des systèmes, ce n'est plus tolérable."

"On ne peut pas laisser subsister le moindre doute, la Wallonie, qui a déjà des règles très strictes, doit devenir un modèle en matière d'éthique de manière définitive on ne doit plus jamais voir des situations comme celle-là."

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