Paul Magnette soutient "toutes les initiatives pour réinvestir dans les forces de sécurité"

Paul Magnette soutient "toutes les initiatives pour réinvestir dans les forces de sécurité"
Paul Magnette soutient "toutes les initiatives pour réinvestir dans les forces de sécurité" - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi et ministre-président wallon (PS), était en direct sur Matin Première ce lundi. Suite à l’agression à la machette qui a grièvement blessé deux policières samedi devant l'hôtel de police de sa ville, il a notamment appelé à réinvestir dans les forces de sécurité et jugée "difficilement compréhensible" la décision de l'OCAM de maintenir le niveau de la menace à 2 pour les policiers.

Paul Magnette, qui s’est rendu dimanche au chevet des policières blessées, a indiqué que les nouvelles données par les médecins étaient "rassurantes". "Leur vie n’est pas en danger" a-t-il confirmé, avant de souligner la violence de l’agression, qui laissera "des traces extrêmement graves", entre autres sur le plan psychique.

"Il faut aujourd'hui continuer d'engager des policiers"

Au micro de Robin Cornet, Paul Magnette a exprimé son soutien et sa gratitude à l'ensemble des services de sécurité. "A Charleroi ou ailleurs, depuis que nous sommes dans un climat terroriste en Belgique (...), il y a une très profonde inquiétude" a-t-il déclaré: "Ces hommes et ces femmes qui au quotidien assurent notre sécurité au péril de leur propre vie (...), qui le font par passion et par engagement, vivent avec une inquiétude qui est évidemment palpable".

Un "climat de travail de plus en plus lourd" que le bourgmestre de Charleroi ne juge "tenable sur le long terme qui si on y réinvestit". "Je soutiens toutes les initiatives qui sont prises pour réinvestir dans les forces de sécurité; je soutiens ceux qui demandent qu'on investisse encore davantage" a-t-il insisté: "La Commission européenne elle-même a reconnu, malgré son penchant pour l'austérité, que la sécurité était un bien absolu et qu'il fallait investir".

Il appelle donc à de nouveaux engagements: "Il faut continuer aujourd’hui  d'engager des policiers. Il faut continuer d’améliorer le confort matériel, le travail des policiers, et ça doit être une priorité qui doit passer au-delà des considérations budgétaires". En ce qui concerne la zone de police de sa ville, Paul Magnette explique que "quand le fédéral a calculé la norme de financement de la police, il y a eu une forme d’injustice à l’égard de Charleroi. Cela fait des années que l’on s’en plaint et que l’on demande des ministres de l’Intérieur successifs que cette norme soit révisée, pour que Charleroi soit mieux dotée".

Des difficultés financières auxquelles vient s’ajouter une "crise de vocation" : "Il y a de moins de moins de jeunes qui veulent s’engager dans un métier dont ils ont conscience qu’il présente un vrai danger pour leur sécurité physique. (…) Même quand on ouvre des postes, on ne trouve pas facilement d’hommes et de femmes qualifiés, engagés, qui veulent assurer la sécurité de leurs concitoyens. C’est pour ça qu’il faut aussi les revaloriser et leur dire combien nous sommes conscients de toute l’importance de leur rôle."

"L'incompréhension générale devrait amener [l'OCAM] à réfléchir"

Le ministre-président wallon est également revenu sur la demande du SLFP Police que le niveau de la menace soit relevé pour les policiers. L'OCAM évalue en effet le niveau de la menace à 3 pour l'ensemble du pays, et à 2, ou 2+, pour les policiers. "Ce n'est pas à moi de me prononcer à la place de l'OCAM mais c'est difficilement compréhensible", a réagi Paul Magnette: "Personne ne comprend bien pourquoi, alors que des policières ont été agressées, ce niveau de menace est maintenu en dessous du niveau général. Il y a quelque chose qu'il faut que l'OCAM explique ou qu'elle révise son jugement." "En respectant leur indépendance - je ne veux pas m'immiscer dans leur rôle - je crois que l'incompréhension générale est quelque chose qui devrait les amener à réfléchir" a-t-il ajouté.

Une augmentation du niveau de la menace signifierait concrètement "qu’il faut prendre des mesures de contrôle supplémentaires". Et de souligner "celles qui avaient été prises à Charleroi sur base d’un contact entre la police de Charleroi et l’OCAM, qui visait à faire en sorte qu’il y ait un filtre avant l’hôtel de police, que les citoyens ne puissent plus y rentrer librement parce que certains pourraient être mal intentionnés. On l’a vu avec ce terroriste. (…) Grâce à l’héroïsme de ces policières et aux contrôles qui ont été mis en place, grâce au fait qu’elles soient intervenues de manière très professionnelle (…), elles ont pu épargner de nombreuses vies humaines. Il a fallu tirer les leçons de ces événements et dès les minutes qui ont suivi, les moyens ont encore été renforcés et des hommes supplémentaires ont été placés sur le terrain".

Faut-il renforcer la surveillance des mosquées ? "Je ne pense pas que soient les mosquées officielles, reconnues, qui posent problème. L’Union des mosquées de Charleroi a d’ailleurs condamné avec fermeté ces événements. La difficulté est plutôt dans des lieux qui sont des lieux clandestins" a affirmé le bourgmestre de Charleroi, avant de rappeler que le gouvernement wallon avait mis en place un cadastre de ces lieux et fait en sorte d’aider les bourgmestres qui y sont confrontés à prendre toutes les mesures pour, le cas échéant, les fermer.

"Une personne qui est en séjour légal et commet des actes criminels doit être renvoyée"

La "vraie difficulté", selon Paul Magnette, réside dans le fait que l'auteur de l'agression est "une personne qui est en séjour illégal sur le territoire de la Belgique, qui a commis des délits de droit commun, qui a été arrêtée à plusieurs reprises, qui a fait l’objet d’un ordre de quitter le territoire et qui, malgré tout ça, se trouve encore sur le territoire de la Belgique". Il demande donc à l’Office des étrangers et au secrétaire d’État en charge de l’Asile et de la Migration qu’ils exécutent les ordres de quitter le territoire : "Il est évident qu’une personne qui est en séjour légal et commet des actes criminels n’a rien à faire sur le territoire de la Belgique et doit être renvoyée dans les meilleurs délais dans son pays d’origine".

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