Paul Magnette (PS): "Sans enseignement et culture, la Wallonie est eunuque"

Paul Magnette, ministre-président wallon
Paul Magnette, ministre-président wallon - © Belga Image

Le ministre-président wallon a relancé ses "causeries" plus ou moins informelles avec les journalistes. Comme cela se fait dans les salons de l’Elysée, mais en mode Elysette.

Ca ressemble souvent à du off (the record) de Paul Magnette, mais il précise qu'il s'agit de on.

On lui reproche souvent d’être absent du débat, alors il balance pour le créer.

Quelques saillies feront certainement réagir.

Morceaux choisis.

Sur l’action du gouvernement wallon

"Par rapport à notre Déclaration de politique régionale, nous avançons plus que bien. Mais il y a toujours une sorte de tropisme de la rue de la Loi qui occulte médiatiquement notre action".

"Entre ministres, entre PS et cdH, nous avons des divergences, mais vous n’en savez souvent rien parce que je passe beaucoup de temps à désamorcer les conflits potentiels en amont. Mais pour la presse ça manque du lustre du conflit et du panache de la guéguerre. Il faut du sang en politique, sinon ce n’est pas vraiment de la politique".

"Les rodomontades viriles, les 'ça suffit', ce n’est pas notre genre. Il ne faut pas être dans la provocation".

Sur l’action du gouvernement fédéral

"Pour le tax shift, nous avons dû déplorer à la fois un refus de discuter et une volonté de nuire à la Wallonie".

"On a l’impression qu’il faut faire mal à la société pour démontrer qu’on est un réformateur".

"Avec ce gouvernement, c’est la paralysie totale du dialogue social, la négation de la concertation. C’est du thatchérisme. On n’avait plus vu ça chez nous depuis 1960. Même durant les années Martens-Gol c’était moins grave".

"Ils ont construit un récit médiatique: 'la Wallonie est en grève à cause de la FGTB qui est soutenue par le PS'. Et ils soufflent sur les braises. Et en attendant, le pays s’abîme".

"Le Comité de concertation, c’est le gouvernement fédéral qui reçoit gracieusement les Régions et Communautés pour ne pas les écouter mais faire semblant de les avoir entendues".

Sur le régionalisme

"On peut accentuer la régionalisation sans nouvelle réforme de l’Etat, en organisant différemment les compétences à l’intérieur de l’espace francophone. Mais ce sera plus compliqué pour l’enseignement et la culture. Or sans ces deux compétences, la Wallonie est eunuque".

Sur le PTB

"Les 2/3 de nos militants voudraient qu’on se rapproche du PTB".

"Par rapport à ce parti, il n’y a pas vraiment de changement de stratégie de la part du PS, mais clairement un changement de ton".

"Leur progression n’est pas un feu de paille mais sans doute une tendance lourde".

"Jamais le PTB n’entrera dans un exécutif dans les 10 prochaines années. La mission de Raoul Hedebouw (NDLR: député fédéral, figure emblématique du PTB), c’est de construire un parti. Il ne va pas mettre ça en péril pour un ou deux ministres si le rapport de force ne leur est pas favorable".

"Au conseil communal de Charleroi, je constate que le PTB tient des propos lunaires".

"De manière générale, la vague contestataire est très profonde en Europe et susceptible de déstabiliser nos démocraties".

Sur le MR

"Ils ne sont toujours pas sorti d’un esprit de revanche".

"Sur le fond, Pierre-Yves Jeholet (NDLR, Chef de groupe au parlement wallon) n’a rien à dire".

Sur Van Cau

"Les militants socialistes carolos ne souhaitent pas le retour de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Et si il veut que son fils puisse mener sa propre carrière sereinement, il doit se faire oublier".

Sur le renouveau politique

"Je suis favorable à une grande circonscription fédérale".

"Il faut revenir en arrière et découpler les élections fédérales et régionales, car 2014 l'a prouvé, la situation actuelle rend les négociations beaucoup plus compliquées".

"Il faudrait revoir la règle du décumul des mandats au parlement wallon, en l’imposant par exemple aux mandataires issus des villes de plus de 50 000 habitants".

"Le rôle des artistes et des intellectuels est d’avoir des idées. Le politique doit ensuite arbitrer, faire la synthèse et créer un projet de société".

"Je suis convaincu qu’on passera du régime actuel des allocations sociales à celui de l’allocation universelle. C’est le sens de l’histoire".

"Je suis également convaincu qu’il y aura un jour une 2ème Chambre composée de citoyens tirés au sort. C’est inévitable et c’est une bonne chose".

@RudyHermans

 

 

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