Paul Magnette (PS) plaide pour un gouvernement fédéral transitoire pour un an

Le Parti socialiste entrouvre-t-il la porte à d’éventuelles négociations avec la N-VA de Bart De Wever ? Elio Di Rupo le laissait, en tout cas, entendre sur les antennes de Matin Première, puis a nuancé ses propos dans un tweet dans lequel il écrit "le PS ne souhaite pas gouverner avec la N-VA"

Ce soir sur le plateau de Jeudi en prime, le numéro deux du parti, Paul Magnette déclare : "On a une position très claire. C’est soit la N-VA, sans le PS ; Soit c’est le PS sans la N-VA. Nous ne négocierons pas avec la N-VA car la N-VA veut le confédéralisme et nous ne parlerons pas de confédéralisme. On veut parler de choses urgentes. Nous n’avons rien en communLa N-VA n’est pas incontournable. On peut faire des majorités sans la N-VA. Il ne faut qu’on s’enlise dans la crise. On doit respecter le choix des électeurs." Avant d’ajouter : " Si la N-VA parvient à former une coalition, c’est la démocratie ; mais il ne faudra pas compter sur nous pour discuter du confédéralisme avec la N_VA. Nous sommes suffisamment malins pour ne pas tomber dans ce piège des nationalistes flamands. Nous sommes profondément attachés à la défense de la sécurité sociale et donc nous ne discuterons jamais avec un parti qui veut la démanteler".

Vers un gouvernement fédéral d'un an, le temps de la transition ?

Côté fédéral pour éviter que le pays ne s’enlise dans une longue crise politique, Paul Magnette propose un gouvernement fédéral transitoire. Il serait formé du PS et d’Ecolo pour les francophones, et de l’OpenVld, du CD & V, de Groen et du sp.a pour les néerlandophones, et serait donc minoritaire côté flamand. "On pourrait très bien partir du gouvernement fédéral existant sans la N-VA et l'élargir aux socialistes et aux écologistes pour au moins répondre aux urgences sociales et climatiques. On peut imaginer un gouvernement fédéral qui ne soit pas définitif, mais par exemple pour un an. C’est ce qu’on a fait sous Verhofstadt III. On a formé un gouvernement pendant trois mois en 2008 puis on a trouvé une solution et on est sorti de la crise. Parfois quand la situation est compliquée, on peut passer par une phase transitoire pour dégager des solutions", avance-t-il.

La politique, ce n’est pas faire le show

C’est un dialogue de sourds qui a eu lieu mardi, à Namur, lors de la deuxième rencontre entre PS et PTB. Au terme d’une rencontre de quelques heures, Raoul Hedebouw annonce qu’il ne sert plus à rien de rencontrer le PS pour discuter. Que la rupture qu’ils demandent ne sera pas abordée. Paul Magnette, négociateur PS autour de la table, dénonce un show communicationnel qui démontre que le PTB n’a jamais eu l’intention de monter dans un gouvernement. Ambiance. "C’était un très mauvais moment de cinéma politique ce qui s’est passé mardi. Car les gens qui ont voté pour Raoul Hedebouw n’ont pas voté pour lui pour qu’il fasse des vidéos sur Facebook, mais pour qu’ils prennent leurs responsabilités", raconte le bourgmestre de Charleroi.

Les discussions ne sont pas terminées avec le PTB

Le numéro deux du PS insiste "Le PTB est toujours le bienvenu à la table des discussions. J’espère qu’ils changeront d’avis et qu’ils reviendront discuter et cela reste un scénario sérieux".

L’hypothèse d’une majorité minoritaire PS-Ecolo en Wallonie se dessine

Le PTB, out, quelles sont désormais les pistes possibles ? Sur le papier, le MR devient de plus en plus incontournable en vue de former une majorité en Wallonie. Mais ce scénario impliquerait de faire "monter" les libéraux à Bruxelles. Et du côté des socialistes, un constat, les contacts sont au point mort avec le MR.

"Avec le MR ? On a eu deux réunions et il n'y a plus aucun contact. Mais il faut bien constater qu’il y a plus de points de divergences que de convergences avec eux. Le PS veut la coalition la plus progressiste possible. Aujourd’hui, quand on voit les résultats, on voit qu’en Wallonie, deux électeurs sur trois ont voté pour la gauche. Avec Écolo, il y a des points de convergences en matière de lutte climatique, de mobilité ou sur la qualité d l’alimentation dans les écoles.", explique Paul Magnette.

Avec 35 Sièges sur 75, PS et Ecolo se laisseraient peut-être séduire sur l’idée d’une majorité minoritaire et compteraient alors sur l’appui d’autres formations politiques. Une coalition pas très conventionnelle, mais qui se dessine tout de même. "Le cdH n’a pas tout à fait fermé la porte. On a entendu qu’il pourrait venir nous soutenir de l’extérieur. L’hypothèse d’un gouvernement wallon minoritaire est une hypothèse sérieuse. Dans un paysage politique fragmenté comme en Belgique, il faut être créatif. Les Espagnols, Portugais, Finlandais et Danois le font, et les Wallons peuvent très bien le faire aussi", précise-t-il.

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