Paul Magnette (PS) : "Je regrette un peu de ne pas être Premier ministre"

Paul Magnette (PS) : "Je regrette un peu de ne pas être Premier ministre"
Paul Magnette (PS) : "Je regrette un peu de ne pas être Premier ministre" - © Tous droits réservés

Président du PS et acteur de la récente formation du gouvernement fédéral, Paul Magnette est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 3 octobre sur La Première et ce dimanche 4 octobre sur La Trois. Après 16 mois d’âpres négociations, le Carolo livre les coulisses des discussions.

C’est un fait, la tradition politique belge veut que le Premier ministre soit choisi par le premier parti de la majorité. Paul Magnette aurait pu revendiquer le poste. L’a-t-il délibérément laissé, ou la négociation l’en a-t-elle empêché ? Est-il déçu ? "Je ne suis pas déçu, j’ai une petite pointe de regret, évidemment", confie le président du PS. "Pas seulement parce que le PS et le premier parti de cette coalition et que la famille socialiste est la première au Parlement, mais parce que je pense que nous avons livré énormément d’effort pour arriver à ce résultat. C’est le sentiment d’avoir beaucoup donné et de faire un pas de côté à la fin".

Faire un pas de côté

Un pas de côté qu’il dit avoir fait en toute sérénité et après mûre réflexion : "J’en ai parlé à pas mal de monde, en particulier avec les présidents de partis flamands. J’ai eu le sentiment qu’avoir un gouvernement qui, dans sa composition, correspondait plus aux aspirations francophones que flamandes ; avoir un gouvernement très marqué par le social, la transition climatique ; et moins par les valeurs portées par le centre droit dans son programme, c’était déjà un élément important. Mais avoir en plus un Premier ministre francophone et socialiste, c’était peut-être la goutte qui ferait déborder le vase".

"Retour à la dignité"

Concernant ces 16 mois de négociations, Paul Magnette reconnaît que ce fut loin d’être un théâtre valorisant pour le monde politique. "Chacun doit aujourd’hui faire preuve de sobriété, de sérénité, d’apaisement pour démontrer que les politiques respectent leurs engagements et sortent des polémiques stériles. Si celles et ceux qui sont aux responsabilités, et aussi dans l’opposition, ne comprennent pas qu’il y a une véritable attente pour une politique qui retrouve une certaine hauteur, une certaine dignité, en 2024, on assistera à la victoire absolue du populisme. Les 7 partis qui constituent cette majorité ont un intérêt partagé et ont conscience de cet intérêt partagé."

PS et s.pa plus unis que jamais

Paul Magnette explique le rapprochement important entre son parti et les socialistes flamands : "On a fait un accord entre socialistes, flamands et francophones pour négocier ensemble le paquet des compétences qu’on voulait obtenir. Ne pas faire des répartitions nord sud, etc., mais des répartitions par affinités de matières qui sont plus proches de nos préoccupations. Si on n’avait pas fait comme ça, on n’aurait pas eu l’économie, l’emploi, les pensions et la santé dans la famille socialiste. Nous avons réussi à avoir l’ensemble de ces compétences qui sont pour nous essentielles".

Ce sont aussi des compétences refinancées, argumente le bourgmestre de Charleroi : "Dans la santé, la norme de croissance, plus le budget supplémentaire, c’est 4 milliards d’euros en plus. On n’a jamais refinancé les soins de santé comme ça dans le passé. C’est aussi 4 milliards pour les basses pensions, pour les basses allocations. Cela dit, nous devons faire attention qu’il n’y ait pas de vision flamande ou francophone qui prenne le pas sur la manière dont notre famille socialiste va gérer ces portefeuilles. D’ailleurs, nous allons habiter dans le même bâtiment à partir du mois de mars. On a déjà convenu de faire des bureaux de partis conjoints, on va préparer les réunions de gouvernements ensemble, notamment les conclaves budgétaires. On ne va redevenir un parti unique, mais nous veillerons à avoir une vision commune".

Pension : net ou brut ?

Paul Magnette revient aussi sur le "couac" survenu lors de l’annonce de la hausse future des pensions. Pierre-Yves Dermagne annonçait une pension à 1500€ nets ; le président du MR expliquait, quant à lui, qu’il s’agirait de brut. Paul Magnette remet l’église au milieu du village : "Pour bien comprendre, il faut retenir que toutes les pensions minimales vont augmenter de 20% d’ici 2024".

La bourde de Bouchez

Amené à s’exprimer sur le rétropédalage de Georges-Louis Bouchez après avoir sorti Valérie De Bue du gouvernement wallon pour la remplacer par Denis Ducarme, le président du PS explique : "Si j’avais fait cela au sein du parti socialiste, je serais dans une tourmente profonde". Quel conseil pourrait-il lui donner ? "J’ai 15 ans de plus que lui, j’ai plus d’expérience que lui, quelques fois pendant les négociations je me suis permis de lui donner des conseils, il n’en a suivi aucun. Ce qui est sûr c’est qu’un président de parti ne doit jamais travailler seul".

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