Paul Magnette (PS) chantre du patriotisme wallon

Paul Magnette (PS) chantre du patriotisme wallon
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Paul Magnette (PS) chantre du patriotisme wallon - © Tous droits réservés

C'est un rendez-vous qui devient traditionnel: le discours sur l'état de la Wallonie prononcé par le ministre-président du gouvernement régional à la tribune du parlement wallon. Et Paul Magnette (PS) a de nouveau commencé en évoquant quelques chiffres et tendances, pour souligner progrès et faiblesses de la Wallonie.

"Le taux de croissance wallon est revenu dans la moyenne nationale. Il n'y a plus de décrochage", a-t-il indiqué. "Et la Région est également dans une dynamique de redressement de son PIB". Le N°1 wallon a par ailleurs rappelé que les entreprises qui sont actives dans les pôles de compétitivité sont plus performantes que les autres, "ce qui prouve la pertinence du Plan Marshall, 10 ans après son lancement".

En termes de taux d'emploi, la Wallonie va mieux aussi, selon Paul Magnette, qui nuance quand même: "Cette croissance ne suffit pas pour résorber un retard historique. Et que le taux d'emploi des jeunes ne progresse pas, ça doit d'être notre préoccupation permanente".

Le ministre-président est également "non pas optimiste, mais enthousiaste" à la lueur des activités en recherche et développement. "Nous faisons en la matière mieux que la Flandre, mieux que les pays voisins et mieux que la moyenne européenne. Et on parle là des produits de demain et des emplois de demain".

Consommer wallon

C'est devenu le leitmotiv de Paul Magnette, qu'il distille à l'envi: les citoyens wallons et les entreprises wallonnes doivent consommer davantage de produits wallons. "Si nous avions le même réflexe que les Flamands qui achètent flamand, ça permettrait d'injecter 5 milliards d'euros dans l'économie régionale. Le développement de notre écosystème économique local contribuerait à la prospérité de la Wallonie".

"La Wallonie n'est pas un junkie"

"Non, la Wallonie ne vit pas aux crochets de la Flandre, a encore affirmé le leader du gouvernement régional. Elle n’attend pas comme un junkie (ndlr, terme employé en 2010 par Bart De Wever) les transferts nord-sud qui sont normaux dans un Etat fédéral, et qui sont d’ailleurs très inférieurs à ce qui se fait dans d’autres pays européens comme l’Allemagne".

En conclusion, Paul Magnette estime que tout n'est pas rose, mais que "les fondamentaux de l'économie wallonne sont bons", et que la prospérité qui augmente est "durable", car "elle n'accroît ni les inégalités sociales ni les émissions de gaz à effet de serre".

Réactions des parlementaires

Les groupes parlementaires de la majorité et de l'opposition ont réagi à l'intervention du ministre-président wallon.

Pierre-Yves Jeholet (MR), chef du principal groupe d'opposition, a lui aussi mis en avant les "nombreux atouts" dont dispose la Wallonie, en s'interrogeant dans la foulée sur ce paradoxe: "Pourquoi dès lors notre région peine-t-elle autant à se redresser ?"

"Le fossé avec la Flandre se creuse encore, mais un peu moins vite, a-t-il regretté. Vous êtes comme les sportifs qui se réjouissent de voir un peu plus longtemps le dos de leurs concurrents, avant de les voir disparaitre"

Le chef de file des Bleus a aussi insisté sur les nombreuses réformes encore à mener en matière de formation, de dépolitisation de l'administration, de rationalisation des "bidules et machins" publics, d'énergie, d'aménagement du territoire, ou encore de concertation sociale. "Si votre modèle consiste à donner les clés de la Wallonie à la CSC et à la FGTB, alors le MR n'en veut pas".

"Vous faites le portrait d’une Wallonie qui se redresse, pleine de vitalité, s'est étonné Frédéric Gillot (PTB). Cette Wallonie, je ne la connais pas".

"On ne dit pas que vous ne faites rien, a conclu Pierre-Yves Jeholet. On dit qu'il y a des réformes que vous ne voulez pas mener ou que vous menez trop lentement"

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