Paul Magnette: "On va plaider pour que les vaccins non utilisés soient réorientés vers les enseignants et les étudiants"

La stratégie de vaccination contre le covid-19 mise en place en Belgique se réalise au fur et à mesure avec des priorités : d’abord les personnes les plus vulnérables, les personnes âgées dans les maisons de repos, suivies du personnel de la santé, des personnels de première ligne, les plus de 65 ans… Les jeunes arrivent en bout de course. Cette stratégie vise à sauver les vies des plus vulnérables, ceux susceptibles de développer une forme grave du covid-19.

Réorienter les vaccins d’Astra Zeneca initialement destinés aux plus de 65 ans

Le président du PS et bourgmestre de Charleroi était l’invité de Matin première. Paul Magnette estime qu’il ne faut surtout pas changer de stratégie mais que l’on ne peut pas passer à côté d’une réalité à savoir l’interdiction temporaire en Belgique d’administrer le vaccin d’Astra Zeneca aux plus de 55 ans. Selon Paul Magnette : "Il faut utiliser les vaccins AstraZeneca non utilisés initialement destinés au personnes plus âgées. Il faudrait les réorienter vers les enseignants et les étudiants de l’enseignement supérieur pour leur permettre de retrouver vie sociale. On ne change rien à la stratégie vaccinale mais si les lots sont disponibles, il faut les utiliser pour diffuser une immunité le plus largement possible. "

Une réunion des ministres belges de santé se tient ce matin et il y sera notamment question de ces lots de vaccins d’Astra Zeneca et de leur destination. " Le PS (ndlr la ministre wallonne de la santé Christie Morreale) va plaider pour que les vaccins disponibles soient utilisés là où ils sont le plus utiles du point de vue de la lutte contre la transmission du virus, notamment les enseignants mais on pense aussi aux étudiants. "

Vers une compensation financière pour les étudiants qui financent leurs études ?

A la situation sanitaire se greffe une situation économique peu viable pour bon nombre d’étudiants du supérieur. Des jeunes qui travaillent habituellement pour financer une partie de leurs études se retrouvent sans revenus, d’autant que les jobs étudiants se passent souvent dans l’HORECA ou l’événementiel aujourd’hui à l’arrêt. "Il faut encore renforcer l’aide pour les étudiants", a déclaré ce matin Paul Magnette sur l’antenne de La Première. "Ce n’est pas toute la jeunesse c’est vrai mais il y a des jeunes qui sont au travail. Il y a des jeunes qui sont en difficulté sociale et qui peuvent être aidés via le revenu d’insertion ou via les allocations de chômage. A côté de ça il y a quand même 200.000 étudiants du supérieur en Communauté française dont 1 sur 4 doit travailler pour payer ses études. Donc 50 mille étudiants d’habitude travaillent pour financer une partie de leurs études et ils n’ont plus de revenus. Et ce n’est pas de l’argent de poche comme certains l’ont dit au nord du pays. C’est vraiment une nécessité. Et ces jeunes sont en grande difficulté sociale."

Cette compensation envers les étudiants est en discussion depuis fin 2020 notamment entre le président du PS et le ministre fédéral de l’emploi Pierre-Yves Dermagne. "C’est très simple de prendre la déclaration Dimona (Ndlr : La Dimona – Déclaration Immédiate- est un message électronique par lequel l’employeur communique toute entrée et sortie de service d’un travailleur à l’ONSS.). Sans être technique elle démontre qu’ils ont travaillé l’année dernière et on dit alors que l’on compensera comme on le fait pour les indépendants avec le droit passerelle ou pour les salariés avec le chômage temporaire. "

Responsabiliser et rouvrir progressivement les auditoires fin février

Situation sanitaire, économique… Et psychologique aussi. Paul Magnette plaide pour une plus grande responsabilisation des secteurs et des jeunes. "Ils sont prêts. On regarde toujours les 3, 4 ou 5% de gens qui ne respectent pas les règles. On oublie qu’à côté de ça, 90 voire 95% de la population respecte les règles. Et donc il faut faire confiance aux gens. Et je pense que dans l’enseignement supérieur, on peut leur dire ‘vous avez trois semaines, jusqu’après le congé de carnaval, pour vous préparer et reprendre les cours de manière présentielle dans l’enseignement supérieur’. Les universités se préparent au retour au présentiel. Elles sont prêtes et les étudiants sont prêts avec les autorités universitaires à mettre en place une stratégie de testing, de tracing et donc à pouvoir reprendre progressivement les cours à partir de la fin février-début mars parce que pour les étudiants c’est absolument indispensable."

Les jeunes retiennent toute l’attention des responsables politiques aujourd’hui. Des jeunes étudiants dont beaucoup sont en détresse. Les appels à leur prêter plus d’attention se multiplient comme la carte blanche de spécialistes de la santé mentale blanche parue récemment dans la presse.

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