Paul Magnette: "Nous ne devons pas nous laisser imposer de l'extérieur"

Paul Magnette, invité de Matin Première sur la RTBF, critique l'attitude de la Commission européenne vis à vis de la Belgique
Paul Magnette, invité de Matin Première sur la RTBF, critique l'attitude de la Commission européenne vis à vis de la Belgique - © RTBF

Le ministre fédéral sortant, Paul Magnette, n'a pas mâché ses mots, ce jeudi, à l'encontre de l'autorité européenne et plus particulièrement de la Commission européenne. Invité de Matin Première, le socialiste a vertement critiqué son comportement "beaucoup trop intrusif". Il justifie également le comportement d'Elio Di Rupo.

Paul Magnette justifie, ce jeudi, le temps de réflexion supplémentaire réclamé par Elio Di Rupo par le fait qu'avant de se remettre à table, il faut vérifier qu'il y a vraiment une volonté politique d'arriver à un accord. Car selon lui, se mettre à table pour se rendre compte ensuite que ce n'est pas le cas, "ce serait le pire signal que l'on pourrait donner à l'extérieur". Mais il rassure : "Il ne faut pas réfléchir longtemps".

Le PS est conscient de la situation internationale 
 
Interrogé sur la méfiance dont est victime toute la zone euro à laquelle s'ajoute l'instabilité belge, Paul Magnette répond que son parti a "parfaitement conscience de cette pression internationale, de la pression européenne aussi. Nous voulons aboutir le plus vite possible mais on ne peut pas nous demander (...) de faire un accord à n'importe quel prix. On ne peut pas nous demander, sous prétexte qu'il y a une pression internationale, de sacrifier des acquis sociaux ou de sacrifier des services au public. Il faut que chacun comprenne que (...) chacun doit faire des efforts et que chacun doit faire des concessions et comprendre qu'on ne peut pas, là plus qu'ailleurs, imposer l'intégralité de son programme politique". 

En attendant, s'il dit comprendre "une partie" du message qui a été envoyé hier par la commission européenne, n'apprécie pas tout : "Il y a parfois un peu d'abus de la part de la Commission européenne dans ce débat". S'il partage l'idée que la Belgique doit renforcer sa discipline budgétaire, il estime que qu'"il y a parfois de la part de la Commission européenne et parfois de certains ici en Belgique qui se cachent derrière l'Europe, une volonté d'aller se mêler, je pense, de manière trop intime et de manière trop profonde. Il y a des choix politiques qui sont nos choix politiques, que nous devons faire en tant que représentants démocratiquement, élus et responsables, et que nous ne devons pas nous laisser imposer de l'extérieur". 

La Commission européenne trop intrusive 

Pour Paul Magnette, il faut faire une différence entre les pays qui sont en situation de déficit et la Belgique. Si pour les premiers, il faut renforcer les contrôles ("parce que c'est toute la crédibilité de la zone euro qui est en cause"), ce n'est pas le cas de la Belgique. On ne peut donc pas lui imposer telle ou telle autre réforme socio-économique, dit-il, "là je pense que c'est de la part de la Commission européenne devenir beaucoup  trop intrusif".

Répondant aux pressions en faveur d'une suppression de l'indexation automatique des salaires, Paul Magnette déclare ceci : "Si la commission veut s'attaquer à l'indexation qu'elle commence à s'attaquer à l'indexation des salaires des fonctionnaires européens. Là, je peux vous assurer qu'il y a de la marge". 

Le socialiste affirme d'ailleurs que nos salaires ne sont pas plus élevés qu'en France ou aux Pays-Bas et qu'ils se rapprochent des salaires allemands, "les marges se réduisent de plus en plus". "Maintenir le pouvoir d'achat des Belges c'est maintenir la demande intérieur et la croissance. Les pays-Bas qui ont fait des coupes sombres dans les dépenses publiques et ceux qui ont comprimés les salaires font aujourd'hui faire face à une deuxième phase de récession", dit-il. 

C. Biourge

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