Paul Magnette ne sait pas si André Gilles sera exclu de Nethys

Après le grand ménage à Charleroi, Paul Magnette met de l’ordre dans les intercommunales. "Les règles de bonne gouvernance, cela va sans dire, mais cela va encore mieux en le disant ", résume le ministre-président. Mais cette révolution de la bonne gouvernance, annoncée jeudi, n’est-elle pas une simple solution de bon sens qu’il aurait fallu instaurer bien plus tôt? Et quel sort sera réservé à Stéphane Moreau et André Gilles?

Pour une transparence absolue

Pour le ministre-président, le cadre réglementaire en Wallonie avait déjà été renforcé dès 2007. "S’il a fallu prendre de nouvelles mesures, c’est parce qu’il y en a toujours qui se permettent de les contourner. C’est ce qui a fait que l’on a dû passer par d’autres règles. Et appliquer un principe de transparence absolue. C’est le meilleur des contrôles, parce qu’un élu qui sait que tout ce qu’il fait sera publié et contrôlé par les citoyens fera davantage attention."

Stéphane Moreau : 7 millions d’indemnités

La meilleure illustration des mesures de bonne gouvernance politique est le cas de Stéphane Moreau qui verra, pour l’avenir, ses rémunérations divisées par trois. Du moins pour le futur, car pour le passé, son double contrat de salarié, puis d’indépendant lui assure une dizaine d’années d’indemnités en cas de départ. Une double protection qui risque de se payer cash sur l'autel de la bonne gouvernance.

Paul Magnette veut que les nouvelles normes s’appliquent aussi aux contrats en cours, mais il reconnaît que ce sera aux tribunaux à décider de la hauteur des indemnités. Pas loin de 7 millions d’euros. "On n’a pas regardé à cela sinon on n’applique aucune règle éthique. S’il faut payer ce sera Nethys qui paiera", résume le ministre-président.

Paul Magnette préfère évoquer le futur: "Dans un contrat il y a des clauses de sortie. On a décidé de modifier cela. Pour tous les contrats en cours et, tant pour la rémunération fixe que variable -stock options, parachute doré…- tout sera plafonné. Et cela portera aussi sur les filiales et 'les filiales de filiales'". 

Pourquoi ne pas avoir fait plus simple?

La Wallonie n’a cependant pas opté pour la mesure simple que s’apprête à mettre en œuvre la Région bruxelloise : un seul mandat et une rémunération unique.  

Pour Paul Magnette, il n’a jamais été question, en Wallonie, d’une telle solution. "Nous avons opté pour la possibilité de disposer de plusieurs mandats, mais avec un plafond de rémunérations.

A ses yeux, il n’est pas anormal de cumuler des mandats aux compétences liées. "Ce n’est pas choquant, et c’est même fonctionnel. Mais le plafond est fixé: un maximum de 1,5 fois le revenu parlementaire pour un mandataire élu et la moitié du mandat parlementaire pour un non élu. Ce qui choque les citoyens, c’est de voir que des gens accumulent des mandats pour avoir des rémunérations indécentes. Si l’on se limite à un mandat, il faut étendre la logique au secteur privé et interdire plusieurs mandats dans les conseils d’administration."

Paul Magnette, conseiller communal

Une des conséquences de la grande lessive est l’impossibilité, pour Paul Magnette, d’encore présider le conseil communal de Charleroi. Une situation dont il dit pouvoir tirer profit: "Je ne touchais déjà pas de rémunération, je suis bourgmestre empêché. Mais il y a des éléments symboliques qui créent de la confusion. Je suis prêt à lever cette confusion et j’aurai finalement plus de liberté de parole en étant simple conseiller communal."

La question qui fâche: l’exclusion d’André Gilles de Publifin

Alors que le conseil d’administration de Publifin se réunit cette après-midi, la question est de savoir si le PS va tenter d’obliger André Gilles de quitter Publifin. Une question à laquelle le ministre-président de la Wallonie dit ne pas pouvoir répondre: "Je n’en sais rien, Il a été exclu du parti, et je ne suis pas le président du PS. Nous défendons les gens qui ne vivent que de leur travail et nous devons être plus exemplaires que les autres."

Budget 2017-2020 : le grand désaccord

Paul Magnette a aussi des préoccupations fédérales qui l’opposent à Charles Michel: la trajectoire budgétaire pour laquelle un accord devrait idéalement intervenir ce vendredi pour répondre à la demande de l’Union européenne. Le ministre-président affirme ne pas comprendre la situation: "Je ne comprends pas l’attitude du gouvernement au comité de concertation. Depuis 2009, on collationne les données budgétaires des différentes entités. Ensuite on fait un grand tableau que l’on envoie à l’Union européenne. Et cela se passe très bien. Maintenant le gouvernement fédéral veut approuver ce tableau. Notre déficit c’est 300 millions d’euros, celui du fédéral c’est 6 milliards. Il suffit de prendre les tableaux, de les collationner et d’envoyer le tout à l’Europe. La divergence vient des nouvelles taxes du fédéral. Nous n’en voulons pas. Nous ne voulons pas d’austérité. Le gouvernement fédéral ne peut pas imposer ses choix politiques aux entité fédérées."

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK