Paul Magnette : "Les lignes bougent, de nombreux partis flamands parlent de refédéralisation"

Un an après les élections, le président du PS fait le point dans l’émission l’Invité de Matin Première. Il constate qu’il y a un avant et un après coronavirus dans les discussions qui mèneront éventuellement à un nouveau gouvernement.

"Ça ne fait pas un an, mais un an et demi." Paul Magnette rappelle que la N-VA avait fait tomber le gouvernement en décembre 2018, six mois avant les élections. "La situation est encore pire que beaucoup l’imaginent : nous avons une fragmentation électorale qui rend les choses compliquées."


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Mais le président du PS n’en est pas pour autant défaitiste. Depuis une semaine, il organise avec son homologue flamand, Conner Rousseau, des discussions avec les autres présidents de parti afin d’ouvrir la voie à un nouveau gouvernement. "C’est intéressant d’avoir des conversations approfondies avec les uns et les autres pour essayer de comprendre quelle est leur perception", commente-t-il.

Selon Paul Magnette, les dirigeants politiques connaissaient parfaitement les positions de chacun avant la crise du coronavirus : "Les discussions ont été très longues et fouillées et on connaissait même les positions sur lesquelles les partis étaient prêts à faire des compromis."

Les lignes bougent

En mars, la crise du coronavirus a frappé dans notre pays et Il y a une prise de conscience générale, explique le président du PS : "Certains disent que c’est un nouveau monde qui est en train de se construire."

Avant d’ajouter : "Les lignes bougent. Elles peuvent paraître anodines, mais elles sont fondamentales. Il y a de nombreux partis flamands qui parlent de la refédéralisation de compétences, ça n’était jamais arrivé." Que ce soit le sp.a, l’Open Vld ou Groen, ces trois partis évoquent la refédéralisation des soins de santé.

Ce n’est pas le seul point de rapprochement que met en avant Paul Magnette : "Il n’y a plus aucun parti qui ose parler d’économies dans les soins de santé, même si certains le pensent peut-être encore. On voit que les hôpitaux accusent des déficits de 5 à 7 milliards. Nous aurons donc des besoins de refinancement colossaux dans le secteur des soins de santé."

Avec ou sans la N-VA ?

L’éternelle question qui se pose depuis les élections est la suivante : le PS et la N-VA sont-ils prêts à collaborer ?

Paul Magnette émet ses conditions ce matin : "Il faut laisser le bénéfice du doute. Oui, si la N-VA comprend qu’aujourd’hui, en Flandre, il y a des partis qui parlent de refédéralisation des compétences et qu’il faut un refinancement des soins de santé et un rehaussement des bas salaires."

Le vice-Premier ministre CD&V Koen Geens reste persuadé que c’est le PS qui doit accepter de travailler avec la N-VA pour avoir un gouvernement fédéral stable. "Le PS doit faire sa religion quant à une coalition avec la N-VA. À plusieurs reprises, ils n’ont pas été pas sûrs de ce qu’ils voulaient vraiment à cet égard", expliquait-il ce week-end.

Paul Magnette renvoie la balle dans le camp de Koen Geens : "Quand j’assumais ma mission royale, on était proche d’un accord. Si Koen Geens m’avait dit oui, ça fait six mois qu’on aurait un gouvernement. […] Ça ne s’est pas produit, mais les regrets sont stériles."

Selon le président du PS, les bonnes questions à se poser maintenant sont : "Quels sont les enjeux et qui est prêt à y aller ?"

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