Paul Magnette: "Le PTB s'est exclu lui même définitivement des coalitions régionales et fédérales"

L'invité de Matin Première était Paul Magnette (PS), le bourgmestre de Charleroi nous a donné l'occasion de parler avec lui de la campagne électorale communale, de la campagne régionale et fédérale qui enchaînera. Mais il parle aussi de son avenir politique et de l'actualité.

L'actualité du jour c'est Cécile Djunga, qui réagit avec émotion à des propos racistes

"C'est scandaleux cette histoire, et j'apporte mon total soutien à votre présentatrice parce que vraiment, c'est très très blessant, maintenant moi je n'ai jamais pensé que le racisme n'existait plus, on en voit l'expression quotidienne partout. Avant le racisme était caché, honteux. Depuis quelques années, avec entre autre une N-VA, qui parle des Arabes cela, des Juifs ceci, des Berbères cela, des Asiatiques ceci, on a banalisé la parole raciste. Si des dirigeants politiques, des membres du gouvernement qui sont censés donner l'exemple, fixer la règle de ce qui est acceptable et qu'eux même flirtent en permanence avec le racisme, alors le citoyen se sent libre de s'exprimer lui aussi de manière raciste".

Échec de la politique d'intégration?

"On lutte tous les jours contre le racisme dans les écoles, les enseignants font un boulot formidable. Dans l'enseignement fondamental, il y a très peu de racisme entre les enfants car ils jouent ensemble. Ensuite, seulement il y a une expression raciste qui arrive, une expression qui a toujours été là mais qui avant était cachée. De nos jours certains élus du gouvernement légitiment ce discours, et le MR ne fait rien pour les dénoncer."

Décumul intégral?

"Je suis seulement candidat a ma succession, je suis actuellement en campagne sur le terrain et j'espère que les citoyens carolos me feront à nouveau confiance pour continuer le travail que j'ai mené depuis 6 ans."

Et Patron du PS?

"La fonction est compatible avec bourgmestre de Charleroi, mais pour l'instant je suis candidat pour continuer 6 ans de plus à Charleroi."

Avec ou sans le PTB?

Elio di Rupo propose de gouverner la région sans le PTB, pour ce qui est de communales à Charleroi Paul Magnette est plus nuancé : "Personne n'exclut le PTB en tant que tel. Le PTB s'exclut lui-même de toutes les coalitions régionales et fédérales, car il ne souhaite pas gouverner à ces niveaux de pouvoirs. Mais pour les communes s'est différent, ils font des ouvertures et moi je n'exclus personne".

"Moi aujourd’hui, à Charleroi, quand j'entends le PTB, j'entends très clairement qu'il n'ont pas de programme, ils ont simplement pris le programme de Liège et ont fait un copier-coller, ce qui prouve bien qu'ils n'ont pas de vraie connaissance, de vrai enracinement à Charleroi. D’ailleurs, ils font appel à leur leaders nationaux pour faire campagne sur le terrain et pour le reste ils ont juste des slogans gratuits. Pour moi cette élection sera un test intéressant. Au lendemain des élections le 14 octobre, si le PTB fait un bon score et que ma formation politique est dans la situation d'envoyer les invitations, on leur demandera quelles sont vos priorités et comment comptez-vous les financer ? Et là, on verra s'ils sont dans un jeu politique où s'ils ont vraiment envie d'y aller."

Coalitions régionales avant la coalition fédérale?

"Le fait d'aligner les deux scrutins, qui est une demande des Flamands, est pour moi une erreur. Une vraie logique fédérale comme en Allemagne, Autriche ou au Canada c'est d'abord de voter pour une majorité fédérale et ensuite d'avoir des élections dans les entités fédérées. C'est plus simple et c'est plus clair et cela évite les gros chantages politiques. En 2014, on a très vite compris qu'il y avait un accord Open Vld, N-VA et que le MR voulait se jeter dans cette coalition. Alors on a fait les majorités régionales. Si demain, on veut éviter 500 jours de crise, il faudra faire les majorités là où on peut les faire et ce en fonction des chiffres électoraux. C'est un fait maintenant ; vous verrez, généralement les Germanophones nous communiquent la coalition quelques heures après les résultats électoraux, les Bruxellois auront leur propre rythme, les Flamands auront leur propre rythme, il ne faut donc pas que les Wallons attendent seuls que la coalition fédérale soit formée."

La fin des transferts Nord-Sud, comment gérer cela?

"La Wallonie doit se dire qu'il y a un sursaut à prendre pour activer l'ensemble des politiques qui ont été menées ces dernières années pour retisser son tissu industriel et économique. Mais en 2025, tout ne va pas s'écrouler, on parle de 65 millions d'euros par an qui vont disparaître sur un budget total de 13 milliards à la Région wallonne, c'est quatre fois moins que ce que la Région a dû encaisser avec le Tax Shift. Oui c'est un défi, mais ce n'est pas un défi insurmontable."

Un grand plan fédéral de relance, pour ou contre?

"Sur le principe je suis pour, car en Belgique on est dans une logique de sous-investissements, on est à peine à 2% du PIB investi, pour exemple les Pays-Bas c'est 4%. On a besoin de doubler nos investissements publics dans le logement, l'environnement, la mobilité et dans la rénovation des grandes villes."

Gouvernement wallon actuel et dossier photovoltaïque?

"Paul Furlan avait proposé une solution faisable et finançable avec une formule de lissage et d'emprunt et ce pour éviter des coûts supplémentaires pour les citoyens. Mais depuis le changement de majorité, j'attends de voir quelle sera la solution de ce nouveau gouvernement."

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