Bourgmestres empêchés: Magnette veut "une séparation claire des fonctions"

Le Ministre-président de la Région wallonne
Le Ministre-président de la Région wallonne - © JOHN THYS - BELGA

Le ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette, souhaite clarifier la situation des ministres qui sont bourgmestres empêchés. Peut-être a-t-il encore en tête les propos d'un autre socialiste. Il y a deux semaines, Rudy Demotte, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a réagi suite à l'annonce de l'arrivée de 700 demandeurs d'asile à la caserne Saint-Jean de Tournai.

Rudy Demotte est bourgmestre empêché de la Ville mais n'a pas hésité à exprimer son avis : "On parle de 700 candidats réfugiés dans une ville dont le centre comporte aujourd'hui 30 000 habitants. On est dans des proportions importantes. On veut ghettoïser en quelque sorte les candidats réfugiés et par là-même prendre des risques en terme d'accueil. C'est à la fois mauvais pour les candidats réfugiés et mauvais pour les Tournaisiens".

Ce n'est pas la première fois qu'un bourgmestre empêché défend ouvertement sa Ville. En février, le ministre wallon des Travaux publics, le cdH Maxime Prévot avait porté le projet d'un nouveau centre commercial au cœur de sa ville, Namur. A la veille de la consultation populaire, il affirmait : "L'idée, c'est de faire un centre commercial de taille modeste, environ 20 000 mètres carrés. C'est suffisamment petit pour éviter de nuire aux commerces existants et en même temps une taille suffisamment grande pour dissuader tout autre projet de complexe commercial en périphérie, ce qui serait dramatique pour notre cœur de ville".

Finalement, ni la réaction de Rudy Demotte ni les propos de Maxime Prévot n'auront empêché à la fois l'arrivée des demandeurs d'asile à Tournai et le rejet du projet de centre commercial par les Namurois.

Ministre et bourgmestre empêché

La loi prévoit que l'exercice d'un mandat ministériel empêche l'exercice de la fonction de bourgmestre ou échevin. Il devient alors "bourgmestre empêché" et une autre personne devient "bourgmestre faisant fonction". Mais que peut faire exactement un ministre quand il est bourgmestre empêché ? Les règles se trouvent dans une série de circulaires jugées "trop floues" par le ministre-président wallon, Paul Magnette.

Aujourd'hui, le socialiste souhaite y mettre de l'ordre : "Je pense que les seules choses qu'un bourgmestre empêché doit pouvoir faire, ce sont des choses d'ordre symbolique : porter l'écharpe, prononcer des discours, assister à des grandes manifestations, incarner sa ville auprès des citoyens puisque c'est quand même lui ou elle qu'ils ont choisi au cours des élections. Mais il ne doit y avoir aucun acte opérationnel car il faut une séparation des fonctions qui soit claire".

Une règle qui devrait donc s'appliquer aussi à Paul Magnette, lui qui est ministre-président wallon et bourgmestre empêché de Charleroi. Or, il y a quelques mois, sous sa casquette de bourgmestre en titre, Paul Magnette avait reproché l'attribution du World Press Photo au photographe italien Giovanni Troilo pour ses mises en scène. A l'époque, Paul Magnette expliquait avoir demandé "le retrait du prix".

Aujourd'hui, interrogé sur cet épisode, Paul Magnette précise : "J'essaie de ne pas mélanger les genres et, puisque je suis ministre-président de la Wallonie, de ne pas interférer dans des dossiers carolos du quotidien. Parfois, il y a des dossiers plus symboliques comme ce concours photo sur lequel j'ai été interpellé où, effectivement, j'ai répondu. Mais les actes opérationnels, ils sont menés par les gens qui me remplacent ici à la Ville de Charleroi".

Mais la tentation est évidemment grande pour un ministre d'intervenir sur le terrain local car c'est là qu'il est élu. Il est donc important pour lui de se rappeler aux bons souvenirs de ses électeurs.

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