Paul Magnette et la présidence du PS: "Je ne suis pas un putschiste"

Rentrée chaud-bouillant en perspective pour le PS. Les socialistes ont bouclé vaille que vaille une saison calamiteuse, éreintés par les affaires, minés par les dissensions internes et - in fine - achevés par le coup de Jarnac de Benoît Lutgen (CdH). Le 19 juin dernier, le président des humanistes excommuniait son partenaire socialiste devenu décidément "infréquentable" et appelait à la constitution de nouvelles majorités dans les entités fédérés francophones. Deux mois plus tard, le PS a bien été expédié sur les bancs de l’opposition mais seulement en Wallonie. En Fédération Wallonie-Bruxelles (F-W-B) et en Région bruxelloise, c’est toujours la bouteille à encre, le flou artistique.

Le PS au pied du mur

Mais quel que soit le destin du PS à Bruxelles et à la F-W-B, le parti vit incontestablement une des plus graves crises existentielles de son histoire. Au point pour certains de mettre en doute sa survie et de lui prédire un destin semblable au parti socialiste français. C’est dire l’importance pour le parti à la rose de ne pas rater sa rentrée politique, une rentrée censée porter les germes de la renaissance et du renouveau. Congrès statutaire en septembre, épilogue du chantier des idées en novembre, la maison PS entend faire le ménage de fond en comble pour reconquérir des militants déboussolés et en mal de repères de gauche. Un chantier colossal tant le PS donne l’impression d’avoir perdu sa martingale.

 

L’homme providentiel

Et si beaucoup s’interrogent sur où va le PS, ils sont tout aussi nombreux à se demander avec qui ? Certes la contestation se fait encore en sourdine, mais en interne la présidence d’Elio Di Rupo est de plus en plus contestée. Si personne ne conteste sa légitimité, ils sont beaucoup à estimer qu’il ne serait plus en mesure d’incarner ou de porter le renouveau du PS. Pour beaucoup, le futur homme de la situation s’appelle Paul Magnette. Ejecté de l’Elysette, l’ex-ministre président wallon s’est replié sur l’hôtel de ville de Charleroi. Mais s’il a été tenté l’espace d’un moment, Paul Magnette n’a pas l’intention de succomber à la " tentation de Venise ". Paul Magnette entend bien participer à la rénovation de son parti, mais à la loyal. " Je ne suis pas un putschiste ", confie-t-il. Mais si la procédure s’ouvre, oui il briguera la présidence du parti, " comme des centaines de militants me l’ont demandé ".