Paul Magnette et Bart De Wever acceptent la mission du Roi en vue de la formation d'un nouveau gouvernement

Bart De Wever, président de la N-VA, le roi Philippe et Paul Magnette, président du PS, photographiés avant une réunion au Palais royal à Bruxelles, lundi 20 juillet 2020.
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Bart De Wever, président de la N-VA, le roi Philippe et Paul Magnette, président du PS, photographiés avant une réunion au Palais royal à Bruxelles, lundi 20 juillet 2020. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le Roi a chargé Paul Magnette et Bart De Wever "de prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement qui s’appuie sur une large majorité au parlement". Ils ont accepté cette mission. Ils feront régulièrement rapport au Roi et une première fois le 31 juillet, précise le communiqué du Palais.

Le Roi avait invité les présidents du PS et de la N-VA au Palais de Bruxelles pour une audience à 16h30 ce lundi. Il avait été pressenti qu’ils puissent se voir confier une mission par le souverain. L’entrevue aura duré, en tout, une quinzaine de minutes et les présidents du PS et de la N-VA sont repartis du Palais sans faire de commentaires.

Discussions entre la N-VA et le PS pour tenter de débloquer la situation

Pour rappel, ce week-end, les "Rois mages" (les présidents du MR, Open Vld et CD&V) ont mis en pause leur mission afin de donner la possibilité au PS et à la N-VA de discuter entre eux, Paul Magnette ayant déclaré, quelques jours plus tôt, qu’il était prêt à envisager de gouverner avec la N-VA.

Ce lundi, Bart De Wever a déclaré à la VRT qu’il n’y avait pas d’autre solution que de trouver un compromis entre son parti et le PS.

Selon nos informations, la N-VA, le sp.a et le PS discutent depuis 3 semaines en coulisses. Avec les sherpas des partis, ils auraient élaboré les grandes lignes de base pour mener des négociations notamment sur des thématiques sociales, institutionnelles et judiciaires.

Mise au frigo ou enterrement de l’Arizona ?

La reprise en main des discussions par les socialistes francophones et les nationalistes flamands enterre, ou à tout le moins met au frigo, la perspective d’une alliance "Arizona" rassemblant les trois partis gouvernementaux : MR, Open Vld, CD&V- et le sp.a, le cdH et la N-VA. Dimanche, prenant acte de ces concertations discrètes, les présidents des partis gouvernementaux avaient suspendu leur mission dans l’attente d’une clarification du PS et de la N-VA.

Ceux-ci "devaient" par ailleurs leur faire rapport de leurs discussions. Une injonction très mal passée chez les nationalistes. Lundi, M. De Wever faisait savoir qu’il n’était pas "une filiale" des trois autres partis.

Désormais, c’est au Roi que Paul Magnette et Bart De Wever feront rapport. Le communiqué du Palais n’évoque même pas la mission des trois présidents entamée le 17 juin.

Premier pilotage conjoint PS-N-VA

Ce n'est pas la première fois que le PS et la N-VA sont amenés à confronter leurs positions. Ils l'ont déjà fait dans le cadre de missions précédentes, sans jamais trouver un terrain d'entente. Mais c'est la première fois que MM. Magnette et De Wever pilotent ensemble une mission, et la première fois que M. De Wever est chargé d'une mission.

Plus de 400 jours après les élections, les deux premiers partis de chaque communauté linguistique prennent ensemble les rênes de la formation, après de nombreux appels lancés en ce sens, particulièrement au nord du pays. Jusqu'à présent, M. Magnette s'y était toujours refusé. Il reste à savoir si un rapprochement est possible. Pendant plus d'un an, les socialistes francophones ont répété qu'un canyon les séparait de la N-VA. Et en interne, la perspective d'une telle alliance suscite une forte hostilité.

Le début de la crise du coronavirus n'a pas permis la mise sur pied d'un gouvernement d'unité nationale. M. Magnette a écarté le scénario au grand dam de M. De Wever. Entretemps, la nécessité d'une politique de relance, les investissements qu'elle suppose, la reconnaissance du secteur des soins de santé, de la sécurité sociale et du rôle de l'Etat ont sans doute fait évoluer le contexte politique dans un sens plus favorable au PS.

La relance concluait d’ailleurs le discours royal du 21 juillet. Philippe y évoquait des "moments où l’histoire n’attend pas" et appelait à un "gouvernement résolu et stable" réclamé par "le pays tout entier".
 

Paul Magnette et Bart De Wever acceptent la mission du Roi en vue de la formation d'un nouveau gouvernement (JT du 20/07/2020)

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