Paul Magnette à propos de l'effet "choc": "Ça donne l'impression que certaines personnes ont dû faire des sacrifices énormes pour rien, ce qui n'est pas vrai"

Le Président du Parti socialiste et bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette était l’invité de la Matinale sur la Première ce mardi. Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés et notamment les déclarations du ministre de la Santé, Franck Vandenbroucke (sp.a). Ce dernier s’est mis tout le monde à dos, et cela même dans la majorité, après ses explications sur la fermeture des commerces qui n’avaient pas tant été dictée par les risques épidémiologiques, mais bien parce qu’il fallait obtenir un effet choc pour conscientiser. Aujourd’hui, l’ensemble des commerces non alimentaires vont ouvrir leurs portes et ils sont en colère après les propos du ministre de la Santé.

Paul Magnette regrette les propos de Franck Vandenbroucke. Il ne les trouve pas corrects sur le fond et maladroits sur la forme. "C’est vraiment la dernière chose dont on avait besoin […] Ce dont on a besoin c’est de lignes claires […] et d’une perspective. Et cette perspective on l’avait enfin, puisqu’on peut dire aujourd’hui : "Respectons ces mesures, c’est difficile, ça demande des efforts de tout le monde'", précise-t-il.

Le bourgmestre de Charleroi a aussi rappelé les mesures de soutien à tous les secteurs touchés et le besoin de garder le cap actuel avec espère-t-il un printemps et un été "libéré" et le retour à la normale grâce au vaccin.


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Ça donne l’impression que certaines personnes ont dû faire des sacrifices énormes pour rien, ce qui n’est pas vrai

Quant à la polémique actuelle, le Président du Parti socialiste rappelle que les mesures qui ont été prises ont fait l’objet de très longues discussions et réflexions avec les experts à un moment où la situation (courbe des contaminations, situation dans les hôpitaux, etc.) demandait des pouvoirs publics de prendre des décisions afin de gérer le pic de la 2e vague.

"Et tous les experts disaient : la seule manière de faire c’était de limiter les contacts sociaux […] et préserver l’essentiel. L’essentiel c’était la santé, l’école et certains secteurs vitaux".

Paul Magnette rappelle d’ailleurs que d’autres secteurs ont aussi fait des efforts énormes afin d’aplatir la courbe des contaminations et que cela a été efficace, même si la situation n’est pas encore idéale dans les hôpitaux et pour le personnel soignant.

Au vu de ces résultats, l’homme politique regrette cette polémique : "ça donne l’impression que certaines personnes ont dû faire des sacrifices énormes pour rien, ce qui n’est pas vrai. Tous les efforts qui ont été faits ont été des efforts utiles qui ont permis de contrôler cette épidémie".


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Autre élément abordé ce matin sur la Première : les propos de Conner Rousseau ce lundi sur la VRT. Le président des socialistes flamands a déclaré que si on en était là, c’est à cause de l’assouplissement des libéraux. La situation actuelle serait-elle l’échec du confinement ? Paul Magnette trouve effectivement dommage que le gouvernement en affaires courantes n’ait pas utilisé les mois de juillet ou septembre pour préparer le baromètre, la stratégie de testing et de vaccination. "Mais bon, ça, c’est le passé. Je n’ai pas envie ici d’ouvrir des polémiques", explique-t-il.

Depuis lors, "tous les gouvernements sont mobilisés pour essayer de trouver ensemble des règles simples, claires et que tout le monde puisse comprendre". Le bourgmestre de Charleroi reconnait cependant qu’il a fallu "un temps d’ajustement, qui il faut quand même le dire était essentiellement lié au fait que le gouvernement flamand faisait de la résistance, d’une certaine manière ".

Selon lui aujourd’hui : "on a enfin trouvé la cohérence dans ce pays". Cohérence qui sera nécessaire à l’avenir après la crise sanitaire au moment de mettre en place des mesures de reprise.

Un nouveau Comité de concertation ?

Y aura-t-il un nouveau comité de concertation avant les fêtes, afin d’évaluer à nouveau la bulle élargie de nos contacts ? Pour Paul Magnette : "Rien n’est jamais impossible". Si l’analyse des chiffres montre une amélioration très nette dans les jours qui viennent : "Pourquoi pas évaluer. C’est le but même. Depuis le début on essaye de prendre les bonnes mesures en fonction de l’analyse correcte de la situation de santé publique".

Selon le président du Parti socialiste, il n’y a aucune raison d’être plus strict que nécessaire. "Mais si ce n’est pas le cas, il faudra que chacun fasse un effort et continue à dire que oui on doit prendre sur soi".

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