Chèques habitat: "Un système où tout le monde gagne, cela n'existe pas", dit Paul Furlan

Pour Paul Furlan, la N-VA doit assumer sa responsabilité concernant l'accord sur le climat.
Pour Paul Furlan, la N-VA doit assumer sa responsabilité concernant l'accord sur le climat. - © BRUNO FAHY - BELGA

Contrairement à la N-VA, le ministre wallon de l'Environnement et du Logement Paul Furlan (PS) ne veut pas remettre en cause l’accord sur le climat. Mais s’en prend aussi à Ecolo et à Greenpeace. Il défend le chèque habitat, et dit ne pas encore "avoir de religion" sur l’éventuelle régionalisation de l’Enseignement.

L’accord sur la répartition intra-belge de l'effort climatique trouvé entre les trois Régions vient d’être torpillé par la N-VA. Un accord pourtant négocié depuis des années, rappelle le ministre socialiste également responsable de l’Environnement.

"On a trouvé un accord équilibré. La conférence de Paris (COP21, ndlr) débute dans quelques semaines et la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V, ndlr) est soutenue par une partie du gouvernement. Je ne vais pas fermer tout à fait la porte, mais les voies sont minces pour obtenir un accord qui a mis 9 ans pour être négocié."

Mauvais accord pour la Flandre ?

La Flandre se plaint de n’avoir obtenu que 50% de droits d’émission de CO2 au lieu de 56% et doit, selon elle, produire trop d’énergie éolienne. Un enjeu de taille, puisque la différence porte sur quelques millions d’euros. Mais la réponse du ministre fuse : "La Wallonie voulait pour sa part 40% et nous n’en obtenons que 30%. Chacun doit faire un pas vers l’autre." Pour Paul Furlan, la N-VA doit assumer sa responsabilité. "J’en appelle à la sagesse. Ils ont deux jours pour se positionner."

Au reproche des nationalistes flamands selon lesquels la Wallonie poursuit des objectifs d’énergie renouvelable peu ambitieux qui lui permettront d’y gagner en revendant son énergie renouvelable, le ministre rétorque : "Nous sommes moins nombreux que les Flamands et nous avons un objectif d'énergie renouvelable supérieur à celui des Flamands. Il est, en interne, de 13% au lieu de 11%."

"Ecolo ne joue pas le jeu"

À la critique Ecolo d’un "accord minimaliste", Paul Furlan répond que les Verts n’ont pu obtenir d’accord durant cinq ans. "Tout ce qui est excessif est insignifiant. Je ne rejette pas le bébé (Ecolo) avec l’eau du bain et j’ai soutenu Ecolo dans la politique des énergies renouvelables, mais quand on est dans l’opposition, on a un devoir de réserve."

Et, n'en déplaise à son ancien partenaire gouvernemental, le ministre wallon de l’Environnement sera bien à Paris : "J’y serai, comme Ecolo y était allé, à Lima puis à Bangkok, sans avoir d’accord. Je respecte les militants de Greenpeace qui disent de ne pas y aller, mais j’appelle sa porte-parole à un peu plus de réserve."

Chèque habitat : pas moins intéressant que le bonus logement

Un point important de la politique wallonne est la déductibilité de l’emprunt hypothécaire. Paul Furlan l’assure : le gain pour les ménages ne sera pas moindre que le bonus logement. "Ce bonus n’aidait pas les ménages à acquérir une première habitation et le chèque logement permet de cibler mieux les ménages qui ont les revenus les plus faibles. On donne aussi davantage les premières années, lorsque les ménages ont plus besoin de moyens financiers."

Mais tout le monde ne gagnera pas, et notamment les plus haut revenus, reconnaît le ministre : "Il faut prendre ses responsabilités. Un système où tout le monde gagne, cela n’existe pas". D’autant que ce chèque ne coûte pas moins à la Région. "Nous sommes face à un déficit de 250 0000 logements d’ici 2030. Cela représente la construction de 45 logements par jour, y compris le dimanche, partir de maintenant et jusqu’au 30 janvier 2016."

La Wallonie est en ordre de marche. "Pour l’acquisition d’un logement, mais aussi pour la location". Paul Furlan travaille aussi sur le secteur locatif pour réformer le bail "et envisager les nouvelles formes de location comme la colocation et le bail étudiant".

Faut-il régionaliser l’enseignement ?

Reste la polémique qui règne depuis quelques jours au sein du PS sur l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Paul Furlan se déclare "dans la tendance régionaliste", mais prône une "concertation totale dans l’espace francophone. Il faut tenir compte des particularités de chaque Région. Ma religion n’est pas faite sur la question. Il faut préserver un accord fort".

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