Paul Furlan réduira le nombre de primes à l'énergie de 52 à 3 en 2015

Paul Furlan, ministre wallon des Pouvoirs locaux, du Logement, de la Ville et de l’Energie, était l'invité de Matin Première ce jeudi
Paul Furlan, ministre wallon des Pouvoirs locaux, du Logement, de la Ville et de l’Energie, était l'invité de Matin Première ce jeudi - © Tous droits réservés

Paul Furlan, ministre wallon des Pouvoirs locaux, du Logement, de la Ville et de l’Energie, a l'intention de revoir entièrement le système des primes au logement et à l'énergie. Après le moratoire de trois mois début janvier 2015, il en réduira le nombre de façon conséquente: il n'y aura plus que trois primes, au lieu de 52 aujourd'hui.

Début janvier, les primes à l'énergie prévues par le gouvernement wallon seront supprimées pour trois mois. Le secteur de la construction a déjà exprimé ses craintes: cela va asphyxier le secteur, et générer une perte de 2000 emplois, entend-on de ce côté.

Invité de Matin Première ce jeudi, Paul Furlan a voulu rassurer en déclarant que d'ici-là, les carnets de commande allaient augmenter, suivant un effet d'appel d’air. Ensuite vient le moratoire, qu'il considère comme une nécessité pour un futur meilleur.

Trois primes au lieu de 52: lesquelles?

"J’ai besoin de trois mois pour mettre en place un nouveau système", dit-il en ajoutant que ce système comptera "trois ou quatre primes au lieu de 52". "On en offre pour tout et n’importe quoi aujourd’hui", dit le ministre wallon en qualifiant le système actuel d'"aveugle".

Il veut donc se contenter d'"une prime d’accès à la propriété, une prime sur la salubrité des bâtiments et une autre pour une meilleure isolation".

Paul Furlan envisage cette "réorientation" en parallèle avec la mise en place d'un autre système "de prêts à taux zéro", "parce que pour bénéficier d’une prime, dit-il, il faut la préfinancer". Une façon selon lui d'"orienter ces primes vers des classes moyennes qui y accèdent difficilement": "Le système est aveugle aujourd’hui, un ministre ou un parlementaire peut en bénéficier facilement mais les jeunes risquent de reculer devant la hauteur de l’investissement", ajoute-t-il.

"Le MR joue à l'apprenti sorcier avec la société de demain"

Le ministre wallon Paul Furlan est aussi revenu sur une semaine agitée, teintée d'une grogne sociale rare. Pour lui, "le MR met le pays à feu et à sang en prenant des mesures contradictoires, parfois mal chiffrées". Le socialiste affirme que c'est du devoir de son parti de réagir, quand Willy Borsus (MR) critique une orchestration inédite du PS et de tous ses relais.

Cette semaine, les Mutualités socialistes ont voté contre le budget des soins de santé à l’Inami, des militants FGTB Namur ont vandalisé la façade du quartier général du MR, et le PS sort une campagne anti-gouvernement à couteaux(/ciseaux)-tirés contre le gouvernement jamais vue sur les réseaux sociaux. Paul Furlan ne dément pas un retour de l’action commune, et préfère affirmer qu'elle "a toujours existé".

Le ministre socialiste wallon des Pouvoirs locaux, du Logement, de la Ville et de l’Energie embraye aussitôt sur l'attitude du MR au gouvernement, et ne se contente pas de l'égratigner. "Le MR met le pays à feu et à sang en prenant des mesures contradictoires, parfois mal chiffrées", dit-il en ajoutant que "c’est de l’amateurisme: on joue à l’apprenti sorcier avec la société de demain, c’est dangereux".

"Le PS relaie simplement l’inquiétude des gens"

Il pointe directement le cafouillage autour des chiffres communiqués pour le budget de la SNCB, et en annonce un autre pour "les intercommunales", où l'"on ne comprend rien non plus" selon lui. "Le fédéral dit qu’il va faire des économies de taxation de 230 millions, mais on arrive à largement moins dans nos calculs", dit-il en demandant ce qui sera taxé. "Les bassins de natation, le secteur des déchets, le secteur hospitalier?" "On ne comprend rien à cette mesure, si ce n’est qu’elle fait peur à tout le monde", continue le socialiste wallon.

Et quand Willy Borsus critique une orchestration inédite du PS et de tous ses relais, après les actions syndicales coup de poing de la semaine et le lancement de la campagne anti-"MR-N-VA", Paul Furlan répond que "le PS relaie simplement l’inquiétude des gens""Le fondement du programme du parti est de s’occuper des gens", dit-il en affirmant qu'aujourd'hui, "tous les secteurs sont inquiets".

La raison? Les mesures prises par un gouvernement qui va, dit-il, "augmenter le prix des consultations dans les hôpitaux, diminuer le pouvoir d’achat, baisser le chiffre d’affaires dans la construction...". "Et on voudrait que le PS ne réagisse pas?", s'offusque Paul Furlan.

Et le ministre de conclure: le PS refuse "d'assister à ce retour dans le XIXème siècle, avec des recettes passéistes, aveugles et contraires à l’intérêt de la société".

G. Renier

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