Patokh Chodiev propose un "deal" à l'Etat belge: "Si pas d'excuses, un procès"

Me Pascal Vanderveeren relève que le texte ne retient " aucun grief vis-à-vis de M. Chodiev à titre personnel "
Me Pascal Vanderveeren relève que le texte ne retient " aucun grief vis-à-vis de M. Chodiev à titre personnel " - © Tous droits réservés

La défense de Patokh Chodiev s’est exprimée pour la première fois devant la presse depuis la sortie du rapport final de la commission d’enquête sur le Kazakhgate. Me Pascal Vanderveeren relève que le texte ne retient " aucun grief vis-à-vis de M. Chodiev à titre personnel ". Patokh Chodiev, présenté comme un "mafieux" et un "danger pour l’ordre public belge" par certains députés, se dit victime de "calomnies". Et pour cela, l’homme d'affaires belgo-kazakh demande réparation.

Nous demandons aujourd’hui que la Commission prenne conscience du tort qu’elle a causé à M. Chodiev

Trois plaintes ont déjà été déposées par le Patokh Chodiev. L’une envers l’Etat belge ; les autres à l’encontre du président de la commission, Dirk Van der Maelen (sp.a), et du député Ecolo Georges Gilkinet. Par la voix de son avocat, Patokh Chodiev se dit prêt à retirer sa plainte envers l’Etat belge mais à une condition : "Nous demandons aujourd’hui que la Commission prenne conscience du tort qu’elle a causé à M. Chodiev (…) Nous exigeons des excuses de l’Etat belge". En clair : "Si pas d’excuse, un procès". Et Me Pascal Vanderveeren prévient : d’autres plaintes pour calomnies seront envisagées si les excuses tardent à venir.

Attitude pathétique

S’il regrette certains manquements dans ce rapport (les nombreuses lettres des avocats de Patokh Chodiev adressées à la commission ne figurent pas dans les annexes), Me Pascal Vanderveeren estime que la majorité des députés ont travaillé avec "sérieux et discrétion". En revanche, d’autres n’ont, selon lui, cessé de "charger" son client.  "C’est à mille lieux de ce qui a été approuvé par la commission", rélève la défense de Patokh Chodiev.

Mais ce que ses avocats regrettent particulièrement, c’est l’attitude jugée "pathétique" du président de la commission, Dirk Van Der Maelen (sp.a). "On s’est beaucoup moqué du Premier Ministre en disant qu’il a un slogan "jobs, jobs, jobs". Et bien le président Van Der Maelen a un autre slogan : MR, MR, MR ".

Je ne vois pas pourquoi je devrais m'excuser

Dirk Van Der Maelen réplique : "M. Chodiev doit s'adresser au Président de la Chambre. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'excuser." Selon lui, le volet 1 du dossier met clairement en avant que la sûreté de l'État disposait d'informations qui, si utilisées, auraient pu empêcher la naturalisation de Patokh Chodiev en Belgique. 

Il ajoute que Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Élysée, avait confirmé qu'à la demande du Président français de l'époque, Nicolas Sarkozy, un groupe d'avocats a été constitué dont Armand De Decker, Catherine Degoul faisaient partie. "Ils ont contacté le ministre belge de la Justice et son cabinet dans le but d'aider M. Chodiev. Pourquoi devrais-je donner des excuses ?"

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