Pascal Petry (Sûreté de l'État): "Benjamin Herman n'est pas passé sous les radars"

L’administrateur général adjoint de la Sûreté de l'Etat, Pascal Petry, est l’invité de ce samedi 2 juin au Grand Oral RTBF-Le Soir, à 13h15 sur La Première. Le numéro deux de ce service civil de renseignement et de sécurité du pays revient sur une situation qui a probablement joué un rôle non négligeable sur le parcours de Benjamin Herman, celui qui a tué trois personnes ce mardi 29 mai, à Liège.

Dès le début de l’émission, il souligne l’importance de la collaboration entre les services concernés, l’échange d’informations. Au sujet de ce qu’il s’est passé à Liège mardi dernier : "C’est un échec ! Ça démontre que le risque zéro n’existe pas. Il faut continuer à veiller, toujours, par notre système de fonctionnement et d’enquête, à pouvoir prévenir cette menace et y mettre fin avant qu’elle ne se concrétise."

Sous les radars

Le nom de Benjamin Herman était repris dans deux rapports de la Sûreté de l’État, ce qui signifie qu’il a été, à un moment donné, dans l’environnement de deux personnes qui étaient suivies de près par la Sûreté. Pascal Petry ajoute, au sujet de ce cas particulier : "Oui, c’est dans le milieu carcéral qu’ils se sont rencontrés." Alors la question se pose : est-ce que Benjamin Herman est passé sous les radars ? "Non ! Il a été évoqué dans un rapport, mais les éléments qui entouraient cette personne n’en faisaient pas quelqu’un, dans le cadre du radicalisme violent, qui devait faire l’objet d’une attention particulière.

La note qui fait débat

Un gardien de prison aurait signalé, le samedi avant la sortie de Benjamin Herman, qu’il était dangereux et qu’il fréquentait quelqu’un d’extrêmement radicalisé. Comment cette information n’a-t-elle pas été entendue par les autorités compétentes ? Interrogé par Béatrice Delvaux, il explique : "Toutes les notes de synthèse de sa Sûreté de l’État sont adressées au directeur général des prisons. Après, j’entends bien que ces notes doivent être diffusées en interne auprès des bonnes personnes."

Alors, oui, Pascal Petry confirme que cette note existe, mais… "On revient à la discussion sur le fonctionnement interne de la prison. Je n’ai pas les responsabilités de cette direction générale." Il ajoute : "Ce que nous essayons de faire préalablement, c’est, bien avant la date de sortie, d’informer l’administration pénitentiaire de ce que nous savons de ces personnes, et de voir si, dans cette évaluation, il y a un risque pour la sortie. Maintenant, il faut savoir que quand ces personnes arrivent en fond de peine, il n’y a plus de raisons légales de les maintenir dans la prison. Il y a alors une attention particulière qui est portée à leur sortie de prison et, ensuite, si nécessaire, on pose des actes et des suivis concrets."

L’interview de Pascal Petry a été réalisée par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de la rédaction de La Première/RTBF.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK