Pas de péage voiture prévu sur les routes wallonnes

Peu de risque dans l'immédiat de voir ces péages imposés aux automobilistes en Belgique
Peu de risque dans l'immédiat de voir ces péages imposés aux automobilistes en Belgique - © VALERY HACHE - AFP

Récemment, le ministre flamand de la Mobilité, le N-VA Ben Weyts, a plaidé pour un péage qui s’appliquerait non seulement aux camions mais aussi aux véhicules particuliers. Pour diminuer la congestion du trafic et rapporter des recettes à la Région. La solution intéresse-t-elle aussi les autorités wallonnes ? Absolument pas.

Pour les camions, le système est au point. Il sera opérationnel tant en Flandre qu'en Wallonie dès le 1er avril 2016. Des portiques vont être installés et des contrôles organisés.

Mais pas question - du moins en Wallonie - d'étendre la mesure aux voitures. Le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix (PS), interrogé ce lundi au Parlement, considère visiblement que c'est une mauvaise idée. Et il avance plusieurs raisons.

Ni réalisable, ni profitable

Ça n'est pas acceptable, dit-il, d’abord pour des raisons politiques puisque ça ne figure pas dans l’accord de gouvernement. Selon le ministre, les partis de la majorité mais aussi le MR y sont opposés.

Ce ne serait pas possible non plus techniquement. Compliqué, selon Christophe Lacroix, d’étendre aux véhicules particuliers un système de péage prévu pour des camions. Pour l’adapter, cela coûterait des millions d’euros supplémentaires.

Il faudrait aussi tenir compte des problèmes juridiques liés au contrôle. Il n’existe pas, explique le ministre, de cadre légal qui permette (d'instaurer cette disposition) sans attenter à la vie privée.

Et la vignette alors ?

Alors, pour le péage des voitures, le gouvernement wallon reste-t-il fixé sur le système de vignette imaginé en son temps par Michel Daerden (PS) ? Là aussi, Christophe Lacroix se montre circonspect. Bien sûr les groupes de travail rassemblant des spécialistes flamands, bruxellois et wallons ont planché sur le sujet.

On se souvient que l’idée était que le prix de cette vignette aurait été en quelque sorte "inclus" dans la taxe de circulation en manière telle que cela n’aurait généré aucun supplément pour les automobilistes belges. En revanche, le droit d'emprunter les routes belges aurait été facturé aux usagers étrangers. Mais ce pourrait être considéré comme une discrimination à l’égard des autres citoyens européens.

Le ministre wallon de la Mobilité, Carlo Di Antonio (cdH), plaide pourtant pour cette solution. Il considère qu'il serait juste que les utilisateurs étrangers qui utilisent notre réseau y contribuent également, comme nous le faisons lorsque nous allons en France ou en Suisse.

L'Allemagne tente le coup
L’idée est d'ailleurs à nouveau dans l’air. Nos voisins allemands se proposent de mettre en place un système comparable. Le gouvernement wallon attend donc de voir quelle sera la réaction des autorités européennes.

Il est d’ailleurs assez cocasse d’observer que la Belgique envisage un recours contre la décision allemande même si sa philosophie repose finalement sur le principe étudié en Belgique. Mais vu de ce côté de la frontière, on trouve insupportable le poids que cette mesure ferait peser sur les germanophones belges travaillant en Allemagne.

La conclusion est évidente : pour ces taxes, vignettes et autres contributions, il y a encore loin de la coupe aux lèvres en Wallonie. Et les effets d’annonce en Flandre ont toutes les chances de rester tout autant lettre morte.

@Carl Defoy

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