Pas de parité au sein du gouvernement Michel: "La faute au PS et au cdH"

La nouvelle ministre MR à l'Energie, Marie-Christine Marghem, a reconnu que l'habituelle parité n'existait plus au sein du gouvernement Michel, en rejetant la faute sur "le PS et le cdH"
La nouvelle ministre MR à l'Energie, Marie-Christine Marghem, a reconnu que l'habituelle parité n'existait plus au sein du gouvernement Michel, en rejetant la faute sur "le PS et le cdH" - © YORICK JANSENS

Le déséquilibre entre francophones et néerlandophones au sein du gouvernement Michel fait couler beaucoup d'encre, ce lundi. Avec sept postes - dont celui de Premier ministre - contre 11 aux Flamands, qui empochent les quatre postes de secrétaires d'Etat et les plus grosses compétences, le MR a-t-il courbé l'échine? "Non", assure la nouvelle ministre MR à l'Energie, Marie-Christine Marghem, qui accuse le PS et le cdH d'avoir mené au contexte politique que l'on connaît.

"Nous avons quand même des départements comme les Affaires étrangères, le Budget, ou comme l’Energie et la Mobilité", déclare Marie-Christine Marghem au micro de Matin Première, en ajoutant que "des questions brûlantes d'actualité" se posent dans ces deux derniers départements "tournés vers l'avenir".

Elle affirme aussi que "ce serait beaucoup mieux, évidemment, que la totalité du gouvernement soit uniquement composée de francophones", mais nous sommes en Belgique, rappelle-t-elle, où Flamands et francophones doivent composer ensemble.

"Une configuration tout à fait inédite de ce nouveau gouvernement"

Mais pourquoi, dès lors, ne pas avoir appliqué la parité ministérielle comme pour les précédents gouvernements, qui se dotaient d'un Premier ministre "asexué" au-dessus de la mêlée ? Compté dans le quota de francophones, Charles Michel devient selon ses détracteurs le Premier ministre des seuls francophones.

"Une configuration tout à fait inédite de ce nouveau gouvernement", reconnaît la ministre MR de l’Energie, de l'Environnement et du Développement durable, qui accuse aussi le PS et le cdH d'en être les responsables, après leur "repli sur leurs terres".

"Ils n'ont pas permis à la Belgique de réfléchir à d'autres configurations", continue Marie-Christine Marghem dont le parti s'est retrouvé avec trois partis flamands qui ont, dit-elle, "des revendications tout à fait légitime en fonction de leur représentativité".

Bref, les deux partis du gouvernement wallon ont poussé le MR à s'engager dans ce contexte politique qui leur a donc selon elle été "imposé", mais qui représentait la seule solution viable pour la mise en place d'un gouvernement fédéral, assure-t-elle aussi.

"Tout sondage est prématuré"

Le Soir a publié un sondage ce lundi matin dans lequel 69% des francophones disent ne pas avoir confiance dans le nouveau Premier ministre, quand le nord du pays le soutient à 58%.

Attention, dit Marie-Christine Marghem : pour elle, faire un sondage alors qu’aucune mesure n’a été prise jusqu’ici, "c’est un peu tromper la réalité et faire des plans sur la comète". "Après quelques mesures, il y aura de quoi faire quelques calculs, mais il est encore trop tôt", dit-elle.

L'Energie, cadeau empoisonné?

Au sein de ce nouveau gouvernement, la ministre libérale est en charge de l’Energie, de l'Environnement et du Développement durable. Un dossier très chaud, comme elle l'a elle-même déclaré. Et à la question de la possibilité ou non d'éviter les coupures de courant cet hiver, Marie-Christine Marghem promet de "tout faire" pour y arriver, expliquant qu'elle étudie le dossier de près.

Elle ajoute aussi que le dossier étant "complexe", elle ne peut pas encore donner de mesures précises, même si "l'hiver est à nos portes". Elle se donne donc "un mois pour sortir les mesures adéquates".

Reste que dans l'accord de gouvernement, une phrase sur la transition énergétique est entourée de flou : "Toutes les sources d'énergie pourront être considérées sans tabou en fonction des mérites sur le plan de la sûreté, du coût et de la durabilité". Un principe en vertu duquel on pourrait assister à la construction de nouvelles centrales nucléaires en Belgique ? "On recherche une formule de mixe énergétique qui ne privilégie a priori aucune source d'énergie plus qu'une autre", explique la ministre libérale.

Les énergies renouvelables pourraient donc être en tout cas moins directement soutenues. Un retournement politique qui n'est pas négatif selon Marie-Christine Marghem, qui renvoie au "gouffre dans lequel les finances publiques ont été projetées ces derniers mois", notamment avec "les mesures (de soutien, NDLR) prises par le précédent gouvernement wallon", dit-elle.

La nouvelle ministre à l'Energie dit commencer "dès aujourd’hui" la consultance d’experts indépendants, et ce afin de se faire "une idée de la cartographie des moyens disponibles afin d'atteindre ce mixe énergétique équilibré".

Reste à voir quels moyens seront effectivement retenus.

G. Renier

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