Pas de ministre belge à la conférence des Nations-Unies pour la biodiversité

Pas de ministre belge à la conférence des Nations-Unies pour la biodiversité
Pas de ministre belge à la conférence des Nations-Unies pour la biodiversité - © Noah SEELAM - AFP

La 11ème conférence des Nations-Unies pour la biodiversité s'est ouverte ce lundi à Hyderabad, en Inde. Elle a lieu tous les deux ans. Moins médiatisée que celle sur le climat, ses enjeux n'en sont pas moins importants puisqu'il s'agit d'enrayer la disparition, toujours plus rapide, des espèces animales et végétales. Aucun ministre belge n'y participe pourtant.

S'il y a des gens des cabinets et de l'administration, aucun ministre belge ne participe à cette conférence, regrette le WWF (World Wildlife) présent à Hyderabad où plus de 160 pays y ont rendez-vous jusqu'au 19 octobre.

"Cela donne un mauvais signal quant à l’importance accordée à la biodiversité par nos décideurs politiques. Pourtant, la biodiversité chez nous est aussi sous pression", estime l'association qui lutte pour la conservation de la nature mettant notamment en cause "l'intensification et l'expansion de l'agriculture".

"La Belgique a aussi un impact sur la biodiversité dans le monde, il est donc regrettable que notre pays ne dispose pas de mécanisme pour soutenir financièrement des projets de protection de la biodiversité dans les pays en voie de développement", ajoute le WWF.

Une position défendue par l'Union européenne

Du côté des responsables politiques, on explique cette absence par la distance et le coût qu'aurait engendré un tel déplacement "d'autant plus que la position de la Belgique sera défendue par l'Union européenne qui a la même position que la Belgique", justifie la porte-parole du secrétaire d'Etat à l'Environnement, Melchior Wathelet. "Il faut parfois faire un calcul en fonction du budget et des enjeux sur place", ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté du ministre wallon, Carlo Di Antonio, qui a en charge la biodiversité. "Bon nombre de dossiers qui y seront abordés (comme la biodiversité marine et côtière) n'entrent pas dans les compétences de la Wallonie", déclare sa porte-parole. Et de préciser que beaucoup d'autres dossiers sont encore à l'état de discussions entre experts et qu'"un grand volet est consacré à la coopération au développement, une compétence du Fédéral". En d'autres termes, la présence du ministre n'y était pas primordiale, dit-on.

Une urgence écologique

L'objectif de cette conférence est pourtant de faire le point sur les engagements pris, il y a deux ans, à la conférence de Nagoya, au Japon.

Un plan stratégique ambitieux y avait été adopté pour faire face à la  dégradation de la biodiversité. Le problème, c'est que sur les 92 pays (dont la Belgique et l'Union européenne) qui ont signé le protocole, seuls six (le Gabon, la Jordanie, le Mexique, le Rwanda, les Seychelles et le Laos) l'ont ratifié (c'est à dire transposé dans leur législation nationale).

En Belgique, "on va le faire", dit-on au cabinet du secrétaire d'Etat à l'environnement, le problème réside dans le fait qu'"on a un peu du mal à identifier les compétences des uns et des autres" au niveau régional et fédéral. Une étude a donc été commandée. Notre pays devrait être prêt à ratifier le protocole d'ici décembre. Une difficulté également rencontrée par l'Union européenne qui a elle-même commandée une étude pour voir ce qui relève de ses compétences, précise-t-on.

En attendant, ces 10 à 20 prochaines années devraient être cruciales selon les spécialistes qui affirment que la surexploitation des ressources, la déforestation, la pollution et le changement climatique accélèrent la menace.

"Une espèce d'amphibien sur trois, plus d'un oiseau sur huit, plus d'un mammifère sur cinq, plus d'une espèce de conifère sur quatre mais aussi nombre de poissons et cétacés sont menacés d'extinction", écrit le Télégramme.

 

C. Biourge

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