La N-VA met le confédéralisme au frigo: "Le travail de sape des partis francophones"

L'économie, la sécurité et l'identité seront les trois piliers de la prochaine campagne électorale N-VA, et non le confédéralisme. "Notre destin communautaire n'est plus entre nos mains", indique le président du parti Bart De Wever dans les pages du Laatste Nieuws ce lundi.

"Nous n'allons pas faire de cadeau à nos adversaires en misant a priori sur le confédéralisme. Nous verrons bien après les élections", indique De Wever. "Nous ne saurons qu'au soir des élections jusqu'à quel point nous pourrons avancer nos aspirations communautaires."

Une politique adulte de sûreté et de migration

"Les trois piliers de notre campagne seront l'économie, la sécurité et l'identité. La politique de rétablissement socio-économique des gouvernements Michel et Bourgeois fonctionne. L'économie revit, les entreprises attirent des gens, les employés ont davantage de net. Nous investissons, dans des temps de terrorisme, dans une politique adulte de sûreté et de migration, symbolisée par Jan Jambon et Theo Francken".

"Et nous allons nous concentrer sur notre propre identité : comment voulons-nous vivre ensemble, sur base de quelles normes et valeurs, et comment concilier cela avec une migration de masse ? Les autres partis soufflent le chaud et le froid à ce propos. Je vais être assertif à ce sujet, sans fausse honte sur qui nous sommes", ajoute De Wever.

"Tromperie électorale"

Les réactions à cette nouvelle ligne ne se sont pas faites attendre. Cette décision conforte la députée Veerle Wouters dans son choix d'avoir quitté le parti il y a un an en compagnie d'Hendrik Vuye, a-t-elle affirmé. Quant à ce dernier, il n'exclut pas de collaborer avec le Vlaams Belang ou la Lijst Dedecker.

"Nous avions bien senti que le communautaire serait à nouveau mis au frigo pour cinq ans", a commenté Veerle Wouters. Avec Hendrik Vuye, elle avait dû quitter le parti au terme d'un différend sur l'agenda communautaire du parti nationaliste, alors que tous deux y dirigeaient le groupe de travail "Objectief V" centré sur ce thème. Ils siègent désormais comme indépendants.

"Je ne peux pas m'imaginer que toute une série de personnes ne soient pas déçues". S'il paraissait évident que la sécurité, l'économie et l'identitaire formeraient les priorités de la N-VA pour se présenter à l'électeur, "je suis cependant frappée que la N-VA ait pris la décision sitôt" de ne pas y ajouter le communautaire. "Et venir dire à l'électeur que (le communautaire) est relégué au second rang, pour le ramener lors des négociations (post-électorales), cela relève simplement de la tromperie électorale".

Les deux députés envisagent une initiative commune pour se présenter en 2019.

Le Vlaams Belang a sauté sur l'occasion pour relancer sa proposition d'un front nationaliste flamand ("V-front"). Interrogé à ce propos par l'hebdomadaire Knack, Hendrik Vuye a indiqué qu'il réexaminerait cette proposition. "Pour maintenir le thème communautaire à l'agenda, nous devrons collaborer avec d'autres partis et associations", a affirmé celui qui est aussi professeur de droit à l'université de Namur. "Nous regarderons aussi le projet de la Lijst Dedecker."

"Le travail de sape des partis politiques francophones"

Quant au mouvement nationaliste flamand Vlaamse Volksbeweging (VVB), il a dit s'interroger sur la vision à long terme de Bart De Wever : "Une prolongation du gel communautaire signifie que le travail de sape des partis politiques francophones à Bruxelles et dans le Brabant flamand pourra se poursuivre sans entrave".

"Le VVB entretiendra plus que jamais des contacts étroits avec la N-VA pour l'alerter sur les dangers de l'impasse dans laquelle il risque de s'engager", a indiqué le président du VVB Bart De Valck. Ce dernier dit comprendre le caractère politique du choix de la N-VA, mais il réclame de la clarté sur sa vision à long terme.

"Le confédéralisme reste le noyau du programme de la N-VA"

En fin d'après-midi, ce lundi, la N-VA a fait le service après-vente de l'interview publiée dans "Het Laatste Nieuws", indiquant que le parti, dont le confédéralisme est le "noyau", devait faire preuve de "réalisme" : "tant que l'électeur ne mettra pas les cartes sur la table, des deux côtés de la frontière linguistique, la N-VA mettre l'accent sur les réformes économiques, sur la sécurité et sur la protection de notre façon de vivre en Flandre. Et à ce titre, nous ne voulons pas, nous-même, nous mettre en position de hors-jeu. Nos adversaires n'attentent que ça."

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