Pas d'augmentation des accises sur les carburants en 2019: ça veut dire quoi?

Les prix du diesel et de l'essence ne seront pas indexés en 2019. Ainsi en a décidé le conseil des ministres, ce vendredi. Le gel des prix du carburant est l'une des revendications des "gilets jaunes", dont une délégation a été reçue mardi par le Premier ministre Charles Michel.

Cette mesure gouvernementale ne concerne en fait que les accises. Dans l'accord de gouvernement scellé en 2014, les partis de la majorité avaient convenu d'indexer chaque année les accises en fonction de l'inflation. Ils l'ont fait en 2015, et chaque année qui a suivi. Ces taxes représentent actuellement 60 centimes par litre de carburant, qu'il s'agisse de diesel ou d'essence.

Un euro évité sur un plein de 60 litres

"Au 1er janvier 2019, les accises auraient normalement dû augmenter de 2,08%", nous explique Olivier Neirynck, directeur technique de la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco). "Cela aurait engendré une augmentation HTVA d'1,3 centimes au litre, soit 1,57 centimes TVAC. Cette augmentation n'aura pas lieu". Et pour être encore plus clair, prenons un exemple parlant: "Sur un plein de soixante litres, ça correspond à près d'un euro."

Cette hausse annuelle est donc annulée pour la première fois de la législature. C'était une proposition du Premier ministre qui a été approuvée au conseil des ministres. Est-ce une conséquence de la rencontre que Charles Michel a eue mardi avec des gilets jaunes? "Pas une conséquence directe, mais nous ne sommes pas insensibles à certaines inquiétudes formulées ces dernières semaines par les citoyens", nous dit son porte-parole Frédéric Cauderlier.

Il ne s'agit donc pas purement et simplement d'un gel des prix des carburants. Le prix à la pompe continuera de fluctuer au gré du cours du baril de pétrole, des frais de production et de distribution. Des variations qui seront amplifiées par la TVA à 21%. Mais la part des accises restera stable durant une année encore.

Un euro pour l'homme, 90 millions pour l'état

Pour les citoyens, cette mesure signifie donc un petit euro évité par plein l'an prochain par rapport à ce qui était prévu. Et pour l'état, c'est une somme de 90 millions d'euros qui ne rentrera pas dans ses caisses. Un montant important, mais qu'il faut mettre en perspective avec les accises que l'état touche sur les carburants: en 2017, elles s'élevaient tout de même à 5,1 milliards d'euros.

Cette concession fait écho à celle accordée par le gouvernement français il y a quelques jours et qui constituait également un geste d'apaisement envers les gilets jaunes d'outre-Quiévrain. Là, la hausse de la taxe carbone sur les carburants sera suspendue au moins six mois. Mais des mesures concernent aussi les prix du gaz et de l'électricité.

En France, c'est hier que les autorités ont décidé de supprimer l'augmentation des taxes sur le prix des carburants (JT 19h30 de ce jeudi):

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