"Paroles, paroles, paroles…" ou (l’impossible) promesse en politique

L’inoubliable Dalida qui renvoie Alain Delon à ses belles "paroles" n’est guère éloignée d’un certain nombre de membres du corps électoral qui ne croit plus aux promesses du monde politique. La "valeur" de la parole politique est en baisse depuis de nombreuses années. Et chaque promesse bafouée est un clou en plus dans le cercueil de la crédibilité du politique. Ainsi, ces dernières semaines, les promesses de réouverture de certains commerces, de la culture, de l’horeca, se sont fracassées sur les digues de la réalité épidémiologique. L’été dernier, le PS n’a même pas défendu le retour de la pension à 65 ans, élément pourtant central de sa campagne électorale en 2019. 5 ans plus tôt, Charles Michel estimait que la N-VA n’avait aucun partenaire au sud du pays, avant de finalement de diriger un gouvernement où la N-VA était largement représentée.

Le terreau politique belge n’est pas le seul à voir pousser les promesses sans lendemain. François Hollande, qui annonce que son adversaire, "c’est la finance" ou "l’inversion" de la courbe du chômage dans l’année, Barack Obama qui, en 8 ans de présidence, n’a pas fermé Guantanamo malgré des promesses répétées alors qu’il était locataire de la Maison-Blanche. La (fausse) promesse en politique est universelle.

Alors, stop aux promesses ? Pas si vite. L’ancien ministre français, le philosophe Vincent Peillon a écrit un livre sur "La promesse". Pour lui, en politique, "La promesse est une illusion, mais une illusion nécessaire." Que serait un monde politique sans promesse ? Voulons-nous un monde où les discours politiques seraient des discours essentiellement techniques, tenant compte par avance des difficultés inhérentes à telle ou telle promesse ? Pour répondre à ces questions, nous avons quitté notre studio. Et avec le soutien technique de Jérémy Boisseau, nous sommes allés à la rencontre de Vincent De Coorebyter. Le président du CRISP, qui a co-animé tant de soirées électorales sur les plateaux de la RTBF, est avant tout philosophe, professeur à l’ULB, titulaire de la chaire de Philosophie sociale et politique contemporaine. Son double regard d’observateur politique et de philosophe était indispensable pour nous guider dans le dédale de l’impossible promesse en politique.

Un nouveau podcast

Vous raconter la politique belge à "l’ère" de la Vivaldi, c’est l’ambition et l’objectif du podcast "Les Quatre Saisons". Chaque semaine, hors congés scolaires, nous nous attacherons à déchiffrer la partition jouée par nos responsables politiques, tous niveaux de pouvoir confondus. Nous serons dans l’actu la plus chaude, comme l’épisode de cette semaine, mais aussi dans des dossiers plus intemporels. Avec toujours la même ambition : décoder la mélodie, traquer les désaccords des symphonies politiques belges.

Chaque épisode est composé de deux parties :

  • Un récit sonore d’une grande richesse, entre déclarations fortes, gimmicks, extraits de film, le tout habillé par "Les Quatre Saisons" d’Antonio Vivaldi, rejouée Jérémy Bocquet, responsable de la création sonore
  • Une partie "talk" éditorialisée où nous prendrons le temps de l’analyse des partitions politiques

Les épisodes ne dépassent pas (sauf exception) les 15 minutes.

"Les Quatre Saisons", un podcast de la rédaction belge dirigée par Laurence Brecx, sur une idée de Thomas Gadisseux, Baptiste Hupin et Himad Messoudi. Création sonore : Jérémy Bocquet. Production : Hugues Lanneau.

Comment vous abonner au podcast "Les Quatre Saisons" ? On vous explique tout ici.

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