Parlement wallon: "Les partis sont allés à la recherche de personnes plus jeunes et de plus de femmes"

Ce mardi après-midi, les députés wallons et bruxellois vont prêter serment. Une bonne dose de changement au Parlement wallon suite aux élections du 26 mai, puisqu'il y a beaucoup de nouveaux venus.

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Mais comme l'explique Pierre Verjans, politologue à l’ULG, "ils seront, comme précédemment, dans la logique de la discipline de parti et on compte effectivement que les 23 députés socialistes votent comme le PS leur dit de voter, que les 20 députés MR votent de même, etc. S’il y avait une nouveauté de la discipline de parti, ce serait un désordre encore plus grand dans le système parlementaire."

Ces nouvelles personnalités, ces nouveaux venus dans le monde politique, sont essentiels pour les partis. "Pour pouvoir attraper de nouveaux électeurs potentiels, les partis essayent de mettre des plus jeunes candidats, même si la moyenne d’âge et la population continuent à monter vers les âges les plus élevés. Effectivement, il faut continuer à renouveler systématiquement les personnes qui se présentent. Les partis sont donc vraiment allés à la recherche de personnes plus jeunes et de plus de femmes aussi, parce qu’on sait que certains électeurs ont le réflexe de voter pour des femmes."

Le décumul quasi intégral

Et il y a aussi la question du décumul. "Il s’applique maintenant de façon quasi intégrale, puisque seuls 25% parmi les députés d’un seul groupe qui ont obtenu les meilleurs taux de pénétration peuvent siéger. Ça veut donc dire qu’on a dû choisir des candidats qui n’étaient pas les candidats qui avaient déjà une place dans les exécutifs communaux. Ça a évidemment fort limité le choix des personnalités. D’ailleurs, si on regarde d’une circonscription à l’autre, on voit qu’il y a des personnalités qui n’étaient pas connues du tout à l’extérieur, qui n’occupaient pas de fonctions exécutives pour la plupart d’entre elles. Les partis se sont alors effectivement dit qu’il fallait tenir compte du fait que les personnes qui ont une notoriété communale sont maintenant limitées au niveau communal."

Pour ce qui est des majorités, les rencontres se poursuivent. Après la sortie du cdH, qui a choisi l’opposition, la Wallonie file-t-elle vers une tripartite de gauche ? On lit ce matin un appel d’intellectuels qui souhaitent une tripartite PS-Écolo-PTB. Selon le politologue, ce n'est pas inimaginable. 

"On suppose évidemment que dans ce cas-là le PTB serait très prudent et se méfierait d’une alliance où il se retrouverait en position de nouveau, en quelque sorte, et où il peut s’imaginer que les deux autres feraient des alliances contre lui. Une autre formule que la participation pleine du PTB serait un soutien conditionnel du PTB à une alliance Écolo-PS, mais ce n’est pas garanti non plus, parce que le PTB serait là affirmé comme étant en position d’infériorité. Le PTB n’a pas énormément de militants formés ayant la discipline de parti, ce qui est chez eux beaucoup plus important encore que dans les autres partis, puisque chez eux, discipline veut parfois dire obéissance", insiste-t-il.

"Ça signifie donc qu’il est très difficile de prendre un choix de ce type-là pour le PTB. Et il est difficile pour les autres partis aussi d’accepter les points de programme du PTB, qui, aux yeux de certains opposants, sont des points irréalistes. Ça veut donc dire que la négociation n’est pas facile pour des raisons à la fois de fond, de programme, et à la fois des questions de gestion quotidienne de la vie politique, c’est-à-dire l’organisation du gouvernement et comment il pourrait fonctionner. Donc, une tripartite de gauche serait effectivement possible. Maintenant, le plus facile est évidemment la bipartite et la seule bipartite possible serait PS-MR."

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