Parité homme-femme en politique: "Il fallait des femmes. Il n'était pas question de formation ou de compétences"

Parité homme-femme en politique: «Il fallait des femmes. Il n’était pas question de la formation ou des compétences»
Parité homme-femme en politique: «Il fallait des femmes. Il n’était pas question de la formation ou des compétences» - © Tous droits réservés

En 1995, seulement 12% des députés étaient des femmes au Parlement fédéral. Aujourd’hui, elles représentent près de 40% des parlementaires. Il faut dire que depuis les années 90 certaines règles ont eu comme objectif d’imposer petit à petit une plus grande présence des femmes en politique. Pourtant, tous les pouvoirs ne suivent pas. Dans l’exécutif, les femmes restent minoritaires. Comment faire pour établir une parité homme-femme dans les gouvernements ? Faut-il que cela passe par la loi, ou devons-nous compter sur les changements de mentalité ? Les avis divergent.

Ces avis, ce sont entre-autres ceux exprimés par trois femmes qui s’y connaissent en politique au micro de Bertrand Henne dans Débats première. Kattrin Jadin et Laurette Onkelinx sont députées fédérales, Johanne Montay est rédactrice en chef de la cellule politique à la RTBF et a réalisé un master de spécialisation en études de genre. Leur première préoccupation à toutes est la stigmatisation que peuvent générer les quotas qui imposent la parité homme-femme.

Le genre comme critère de sélection

Kattrin Jadin explique qu’elle a elle-même bénéficié des quotas, mais que cela n'a pas toujours été facile à vivre : "Il fallait des femmes. Il n'était pas question de formation ou de compétences". Elle ne voudrait pas donc qu’ils soient appliqués pour le pouvoir exécutif car selon elle, cela génère de la discrimination positive très difficile à gérer. "Les quotas renforceraient le sentiment que les femmes élues le sont uniquement parce qu’elles sont des femmes", or le genre ne devrait pas être un critère de sélection pour exercer une fonction politique, explique-t-elle.

Laurette Onkelinx est d’accord avec cette réflexion, mais estime tout de même que les quotas sont un bon moyen de parvenir à la parité qu’elle souhaite tant. "Je suis très triste et très choquée de la situation actuelle en Belgique. Nous sommes à la traîne de l’Europe ", dit-elle. Pour rattraper son retard, la Belgique aurait intérêt à légiférer. "La parité ne s’est pas faite naturellement dans le passé, ce sont les lois qui ont eu un impact " souligne-t-elle, il n’est donc pas plus envisageable que cela se fasse naturellement dans le futur. 

Johanne Montay quant à elle est convaincue que ces mesures de parité sont nécessaires durant un temps de transition, " Si on ne passe pas par une parité imposée, on n'y arrivera pas ".

Et la parité linguistique alors ?

Au gouvernement fédéral, alors qu’il n’y a que 3 femmes pour 11 hommes, la parité linguistique elle, est pourtant de rigueur : Il y a bien sept ministres francophones et sept ministres néerlandophones, le Premier ministre étant hors quota. Alors pourquoi imposer une parité des genres pose-t-il tant question, alors que la parité linguistique semble couler de source ?

C’est tout simplement aberrant pour Johanne Montay. Lorsque l’on parle de quotas de genres, les femmes risquent la dévalorisation, dénonce-t-elle. "On ne dit pas qu’un homme politique est là parce que c’est un flamand, ça ne remet pas en question ses compétences. On part du principe que ça doit être un flamand et on a pris un compétent. Si c’est une femme on va dire qu’elle a peut-être pris la place d’un homme compétent. Mais, combien il y a -t-il d’hommes incompétents ? "

Quel est le rôle des partis dans la parité des genres ?

Devrait-on envisager une alternance de genre pour le poste de Premier ministre ?

Que peuvent les hommes politiques pour encourager les femmes en politique ?

Kattrin Jadin, Johanne Montay, Laurette Onkelinx et Pierre Havaux (journaliste au Vif) en ont également débattu dans Débats Première. 

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