"Parfois, je fais 15km/jour dans les rayons. Chez Lidl, la majorité des employés sont dégoûtés"

128 magasins Lidl étaient en grève ce jeudi, soit près de la moitié des magasins du groupe en Belgique. Le personnel de la chaîne hard discount allemande dénonce notamment la surcharge de travail avec la montée en gamme de Lidl. 

Que se cache-t-il derrière cette grève? Quelle est la réalité des plus de 7500 employés Lidl? Vews a rencontré deux employés de magasins différents et occupants des rôles différents également. Tous deux évoquent ce qui semble être la condition numéro une pour bien intégrer le système Lidl: la polyvalence.

"Dans certains magasins, les gens qui s'occupent de la cuisson des couques et tout ça, ils sont aussi affiliés à la caisse. Ils courent entre chaque poste, aux fourneaux, à la caisse, à la chambre froide également", explique cet employé chez Lidl depuis cinq ans. Lui, appelle au dialogue plutôt qu'à la grève.

Pressions physique et psychique

"Parfois, je fais jusqu'à 15 kilomètres par jour juste dans les rayons du magasin. (...) Le samedi matin, avant l'ouverture, vous avez une heure et demi pour vider 17 palettes de fruits et légumes dans les rayons. Et vous êtes deux pour faire ça", déclare notre interlocuteur. Avant de détailler, "vous devez prendre des caisses de bananes de 16, 17 kilos depuis des palettes qui culminent 50 centimètres au-dessus de votre tête. Il y a 30 caisses à vite ranger. Vous êtes cassé à la fin de la semaine..." 

L'une des politiques de Lidl est de ne jamais laisser un rayon vide. C'est ce que précise la chaîne dans les offres d'emploi visibles sur son site internet:

Problèmes d'ordre logistique

Les problèmes d'horaires et la flexibilité demandée aux employés figurent également à la liste des doléances. "Je connais mes horaires deux semaines à l'avance et je sais seulement le lundi dans quel magasin je travaillerai le lendemain en fonction des malades et absents", explique une autre employée, 7 ans d'ancienneté, occupant un rôle particulier. Celle-ci fait partie de l'équipe volante. Quelque dix employés composent une équipe volante, chargée de renforcer les magasins sur une région définie. 

Nos deux interlocuteurs insistent par ailleurs sur la mobilité exigée de la part des employés. "J'en suis à mon troisième magasin en cinq ans. On vous consulte avant de vous transférer à gauche ou à droite mais on vous fait comprendre que c'est dans votre intérêt d'accepter."

Des horaires scrutés à la loupe

Jamais la question salariale n'est abordée par les employés Lidl, tous assurent qu'ils forment une grande famille et ressentent une certaine fierté à travailler pour l'enseigne allemande. Néanmoins, le flicage des performances leur reste en travers de la gorge: "Pour quatre heures prestées, vous avez droit à un quart de pause. Vous badgez quand vous arrivez, quand vous partez, quand vous prenez votre pause. A la fin de la semaine, une vérification est faite: Pourquoi es-tu arrivé à 07h01 ce jour-là? Tu as pris 12 minutes de pause au lieu de 15, pourquoi?"

Pressions physique, psychologique, objectifs de production, surveillance des timings, un employé assure "la majorité des employés est dégoûtée".

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