Le parcours d'intégration à Bruxelles: la moitié des primo-arrivants sur le carreau?

Deux "BAPA" sont en projet à Bruxelles, BAPA pour "Bureau d'Accueil des Primo-Arrivants"
Deux "BAPA" sont en projet à Bruxelles, BAPA pour "Bureau d'Accueil des Primo-Arrivants" - © Photo RTBF

La Flandre a son "Parcours d'intégration" depuis longtemps. La Wallonie vient d'instaurer le sien. Et la Région bruxelloise en annonce un également, mais face à l'affluence de nouveaux arrivants, la capitale doit trouver comment financer ces formations. Aujourd'hui, il apparait que le nombre de places en projet à Bruxelles est nettement insuffisant pour le public cible.

La moitié des primo-arrivants en rade?

A Bruxelles, il est question d'instaurer un parcours qui comprendrait un temps d'accueil, des cours de langues et des cours de citoyenneté. Et le gouvernement de Rudi Vervoort veut que ce parcours soit obligatoire, au moins en partie, pour les nouveaux arrivants : ceux qui sont en Belgique depuis moins de 3 ans, avec un permis de séjour d'au moins 3 mois et qui sont inscrit dans une commune. Deux "BAPA" (Bureaux d'Accueil pour Primo-Arrivants) sont en gestation pour dispenser ces cours, ils proposeront chacun 2000 places de formations par an.

En tout 4000 places sont donc en préparation en Région bruxelloise. Additionnées aux 3000 places déjà pourvues côté néerlandophone par le bureau "BON", les bureaux d'accueil bruxellois auront dans les mois à venir une capacité de 7000 places.

"C'est nettement insuffisant" commente Sylvie de Terschueren, du Ciré. La "Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Etrangers" a fait le calcul: "les prévisions du nombre de primo-arrivants qui répondent à ces critères à Bruxelles sont plutôt entre 15 000 à 20 000 par an". Selon le Ciré, les bureaux d'accueil ne permettraient donc d'absorber qu'une petite moitié des primo-arrivants. "Or si on oblige les primo-arrivants à suivre le parcours d'accueil, il faut que les moyens suivent et leur permettre à tous d'y accéder".

Impossible de financer assez de bureaux d'accueil

Pourquoi ne pas fonder plus de Bureaux d'accueil à Bruxelles et pouvoir y accueillir ces 15 000 primo-arrivants? "Financièrement c'est tout à fait impossible évidemment, dans le cadre budgétaire de la Commission Communautaire Française" répond le Ministre-Président bruxellois, le socialiste Rudi Vervoort.

Rudi Vervoort veut donc un parcours obligatoire, mais avec des moyens trop limités. Ce qui voudra dire faire un choix, restrictif: "soit vous restreignez le public, soit vous restreignez les modules" résume Rudi Vervoort."On peut dans un premier temps travailler uniquement sur l'apprentissage de la langue et puis on se réserve les autres modules, non-obligatoires. L'idée est bien-sûr de rentrer dans le champ du possible, notre intention n'est pas de créer un caractère obligatoire qu'on ne pourra pas rencontrer."

Limiter l'obligation ou le public?

Restreindre les modules de cours imposés semble plus facile a priori que restreindre le public bénéficiaire: sur quelle base décréter qu'un primo-arrivant plutôt qu'un autre doit suivre le parcours d'accueil? Ses origines? Sa situation sociale? Sa durée de séjour en Belgique?

Autres incertitudes, autre débat délicat: à quel point les autorités misent-elles sur le réseau associatif pour dispenser une partie de ces cours? Des cours donnés actuellement par des associations (alphabétisation, langues...) seront-ils comptabilisés comme une partie du parcours? Y aura-t-il alors un "programme commun" d'enseignement à respecter? Demandera-t-on à ces associations une évaluation? Voire de signaler l'absentéisme en vue de sanctions?

Ces dimensions du parcours bruxellois font encore l'objet de négociations, alors qu'à Schaerbeek le premier bureau d'accueil francophone s'apprête à ouvrir ses portes. Une ouverture prévue dans deux mois sans encore savoir quels cours proposer, pour quel public, dans quel cadre.

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