Paradise Papers: la Belgique prise le doigt dans le pot de confiture

Bon nombre de fuites proviennent de la société Appleby installée à Hong Kong.
Bon nombre de fuites proviennent de la société Appleby installée à Hong Kong. - © ISAAC LAWRENCE - AFP

L'Etat belge est pointé du doigt dans de nouvelles révélations des Paradise Papers. La Belgique n'appliquerait pas ce qu'elle a décidé.

L'Etat fédéral a établi une liste noire de paradis fiscaux. Or, les fameux Paradise Papers dépouillés par le Soir et le Tijd nous apprennent que la Société belge d'investissement (SBI), détenue à 64% par l'Etat belge (dont 6% par la Banque Nationale), est immatriculées aux Îles Vierges britanniques présentes sur la liste noire. Le reste des parts est partagé entre des sociétés privées.

La SBI détient un intérêt financier dans une société "infra asia development limited", ce qui a permis plusieurs investissements remarqués au Vietnam. Plusieurs missions économiques belges s'y sont d'ailleurs rendues.

La SBI a caché son adresse

Le hic, poursuit le journal le Soir, c'est qu'il n'a jamais été mentionné que ces participations belges étaient détenues via une société immatriculée aux Îles Vierges britanniques, un archipel des Antilles.

Cette histoire a commencé voici 20 ans, mais pendant ces 20 années la SBI a caché lors de la publication des comptes annuels sa véritable adresse. Une erreur, reconnaît la SDI.

Notons encore que le patron du fisc belge, Hans D'Hondt, a été longtemps membre du conseil d'administration de la SBI. Il y a siégé pendant 10 ans jusqu'à l'année passée. Il affirme, lui aussi, ne pas être au courant.  

Van Overtveldt veut faire la clarté

Interrogé sur la VRT radio, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a condamné tout recours à une construction financière passant par un paradis fiscal. Mais il dit souhaiter avant tout faire la clarté sur la manière dont ce mécanisme s'est développé et sur les raisons pour lesquelles cette construction est restée dissimulée si longtemps.

Dans l'opposition, le député Ecolo Georges Gilkinet s'est demandé comment le gouvernement pouvait rester crédible dans la lutte contre la fraude fiscale si la SBI participe à de tels montages. Il a répété sa demande de rouvrir les travaux de la commission parlementaire "Panama Papers", et d'entendre MM D'Hondt et Fontinoy.

Le député PTB Marco Van Hees, de son côté, a pointé du doigt le ministre des Affaires étrangères et ex-ministre des Finances Didier Reynders, dont plusieurs (ex-)collaborateurs administrent la SBI ou Rent-a-Port.

Reportage dans notre JT 13h:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK