Pacte sur les migrations de l'ONU: un nouvel amendement voté suite à la séance au Parlement

Les chefs de groupe s'expriment devant Charles Michel avant le vote
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Les chefs de groupe s'expriment devant Charles Michel avant le vote - © Tous droits réservés

Un nouvel amendement voté par une majorité alternative, lors d'une séance plénière exceptionnelle concernant le pacte de l'ONU sur les migrations à la Chambre, demande au gouvernement de ratifier le pacte. 

107 voix pour et 36 contre. Tous les partis, exceptés la NV-A et le Vlaams Belang, ont soutenu ce nouvel amendement qui définit la position du Parlement et demande au gouvernement d'approuver le pacte. C'est David Clarinval, chef de groupe MR qui a présenté cet amendement.


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Juste avant la suspension de séance, le Premier ministre Charles Michel a pris la parole pour annoncer qu'il irait à Marrakech "à titre personnel", ce qui a fait tiquer plusieurs partis et motivé l'interruption de la séance, une interruption demandée par le PS. 

Résumé de la première partie de la séance plénière

Avant la prise de parole de Charles Michel, les députés ont débattu sur la résolution poussée par la majorité, sauf la N-VA, et une large part de l'opposition, sauf le PS, concernant le Pacte des migrations de l'ONU.

"Il est indispensable d’avoir un positionnement formel au sein du conseil des ministres "

La séance plénière débute, le premier à prendre la parole sur cet épineux dossier du pacte des migrations est le chef de groupe N-VA à la chambre, Peter De Roover : "On a constaté qu’il ne s’agit pas d’un document de qualité. Ce document dit tout et son contraire", explique le chef de groupe N-VA. "La décision d’approuver le pacte des migrations est prise au sein du gouvernement. C’est l’une des règles de notre Constitution, lorsque cette résolution (la résolution sur le pacte des migrations adoptée hier à la commission des Relations extérieures, NDLR) est adoptée. Le texte reviendra au gouvernement… et, nous sommes curieux de voir les décisions que prendra ce gouvernement… Ceci a une importance politique telle qu’il est indispensable d’avoir un positionnement formel au sein du conseil des ministres". Bref, la N-VA renvoie la balle vers le gouvernement Michel.

Le PS charge Charles Michel

Julie Fernandez Fernandez, députée PS, prend la parole à son tour. La liégeoise s’en prend au Premier ministre : "Mon pays approuvera le pacte des migrations à Marrakech. Monsieur le Premier, pouvez-vous répéter ces mots que vous avez prononcés devant l’assemblée générale de l’ONU ?... Votre silence en dit long." Le ton est donné. "Monsieur le Premier-ministre, vous avez semaine après semaine encaissé les coups. Vous avez été remis en question en tant que Premier-ministre… vos silences, vos réponses et les vociférations de vos partenaires de gouvernement, permettent de dire, au moment où nous débattons, la Belgique ne signera pas le pacte." Les attaques sont de plus en plus dures envers Charles Michel : "Vous ne savez pas user de votre autorité de Premier-ministre pour dire à la N-VA, c’est fini. Respectez vos engagements. Respectez votre parole, Respecter les règles du jeu. Adoptez le pacte. Ça, vous êtes incapable de le faire."   

Qui soutient le pacte sur les migrations de l’ONU ?

Qui va soutenir le pacte de l’Onu sur les migrations? Mercredi, en commission des Relations extérieures, les députés se sont exprimés en faveur de ce texte grâce à une majorité alternative sans la N-VA. Ce vote veut-il dire que le gouvernement soutient ce pacte des migrations? Juste avant que la séance plénière ne commence, le chef de groupe du MR, David Clarinval éclaircissait quelques l’incertitude: "Le Premier ministre va à Marrakech pour exprimer le fait que le Parlement soutient le Pacte sur les migrations. C’est vrai, aujourd’hui, que le gouvernement ne soutient pas le Pacte", explique-t-il. "Au départ, le gouvernement fédéral soutenait le Pacte… et puis, avec les élections communales, la N-VA a changé d’avis. Le gouvernement ne le soutient mais l’a soutenu", conclut-il. 

" Soit on respecte les décisions prises soit on quitte le gouvernement… "

Les esprits s’énervent quelque peu entre le PS et le MR. Normal, ce n’est pas une surprise. Par contre quel sera l’attitude du CD&V et de l’Open VLD ? Le chef de groupe CD&V tente de démonter un à un les arguments de la N-VA. Nul doute que les Nationalistes flamands y répondront. Le CD&V répète qu’il soutient toujours Charles Michel. L’Open VLD est, lui, encore plus acide envers la N-VA : "soit on respecte les décisions prises, soit on quitte le gouvernement", assène Patrick Dewael, le chef de groupe des libéraux flamands.


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"Un parti ne peut être dedans et en dehors d’un gouvernement, simultanément ", conclue-t-il. " Libre à Monsieur Dewael de pousser la N-VA en dehors du gouvernement. Libre à lui de le faire ici. Ce n’est pas la première fois qu’un sujet divise les quatre partis de la majorité. À l’époque, nous avions fait preuve de solidarité. Une solidarité que vous abandonnez aujourd’hui ", répond Peter De Roover.                

On le voit, les dissensions  sont toujours présentes au sein de la majorité. D'autant, l’Open VLD et la N-VA se déchirent à la chambre sur dossier en lien avec la politique migratoire du gouvernement. " Nous ne pouvons pas suivre la N-va (sur ce dossier). Pour moi, les choses sont claires. Le Premier ministre doit se rendre à Marrakech. Et je pense, cela doit être clair pour tout le monde quand le pays est représenté, nous allons marquer notre accord avec le pacte... Certains groupes ont tenté la caricature. Vous serez là-bas non pas comme touriste mais comme Premier ministre. Vous allez engager le pays. Par la suite à New-York, la Belgique devra ratifier ce texte de manière officielle... " conformément à la résolution adoptée hier en commission, explique encore Patrick Dewael.

"Allez-vous rejoindre le camp de ceux qui cherchent les solutions ?"

Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre, a d'abord fait le constat, au nom de son groupe politique, du bilan du gouvernement actuellement en place après 4 ans de mandat. "Le vote que le groupe Ecolo/Groen va poser pour objectif de sauver ce qu’il reste de la Belgique après le gouvernement MR/N-VA." "Le Pacte est un texte équilibré, les phénomènes migratoires demandent une réponse efficace et humaine et des coopérations entre pays", commente-t-il concernant le Pacte de l’ONU. "La balle sera, après ce vote, entre vos mains, qu’allez-vous en faire ?", a ensuite questionné l’élu Ecolo aux membres du gouvernements présents dans l’Assemblée. Georges Gilkinet a par la suite demandé si le gouvernement allait "jeter aux orties" une série de résolutions mises en place par ce Parlement avant de s’interroger sur la nature du voyage de Charles Michel les 16 et 17 décembre prochains. Sera-ce un "mini-trip tourstique à Marrakech ?", a-t-il demandé ?

"Allez-vous rejoindre le camp de ceux qui cherchent les solutions plutôt que semer le chaos ?" a conclu le chef de groupe Ecolo.

Une situation "ridicule" pour le cdH

"On voit le ridicule de la situation", a commenté Georges Dallemagne (cdH). Par cet adjectif, il qualifie le récent changement de cap de la N-VA concernant ce pacte onusien. "Tout a été dit sur le fait que ce pacte a comme vocation de baliser les migrations plutôt que de les laisser se poursuivre de manière captive", commente-t-il avant de confirmer que son groupe apportera son soutien à ce texte. "Non ce pacte ne donne pas de nouveaux droits au migrants, non ce pacte n’ouvre pas nos frontière, non ce pacte n’autorise pas d’’invasion‘, non ce pacte n’interdit pas, alors qu'il aurait pu le faire, l’enfermement des mineurs."

"Nous savons que nous sommes déjà dans les bons élèves de la classe mondiale en matière de droits des migrants. Pourquoi assistons nous à cette pièce pathétique ?", a questionné l'élu cdH avant d'ajouter : "Pourquoi alors qu’il y a tant d’urgences sociales, risquer de faire tomber le gouvernement ?Il pointe aussi une volonté de la N-VA de "chercher la crise". Il qualifie désormais le parti flamand de "populiste", affirmant que c'était déjà "en germe" et que "cela apparaît plus nettement aujourd’hui". Georges Dallemagne pointe un "triple objectif" dans le chef du parti : "casser le pays, fragmenter encore plus l’UE, draguer l’extrême droite". Il s'adresse ensuite aux élus N-VA présents face à lui : "Avant-hier, vous avez franchi la ligne rouge, vous avez basculé dans un autre monde, celui des fantasmes, des mensonges, de la haine et de la xénophobie", concluant que les nationalistes flamands sont cette fois-ci "hors-jeu".

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