Pacte sur les migrations : l'Italie n'ira pas à Marrakech. Et la Belgique?

Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et grand opposant au Pacte de migration
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien et grand opposant au Pacte de migration - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé mercredi qu'il ne signerait pas le pacte de l'ONU sur les migrations en décembre prochain, après la sortie mardi soir du vice-Premier ministre Matteo Salvini, opposé à l'accord. Le Pacte de Marrakech sera soumis à la signature des États lors d'une conférence internationale dans la capitale marocaine, les 10 et 11 décembre. L'Italie ne fera donc pas le déplacement, a souligné M. Conte. Le gouvernement italien a en effet décidé de déléguer au parlement la décision d'appuyer ou non le texte. Les parlementaires ne débattront cependant pas du sujet avant la conférence onusienne. En septembre, Giuseppe Conte avait déclaré à l'ONU que l'Italie soutiendrait le pacte. Le Premier ministre a cependant fait volte-face après que M. Salvini a déclaré qu'il était "tout à fait contre" le document.

Epreuve du droit

De son côté, à moins de deux semaines du sommet de Marrakech, la Belgique n'a toujours pas tranché. Si le Premier ministre, Charles Michel compte toujours signer ce texte - comme il s'y était engagé à la tribune de l'ONU -, la N-VA fait toujours de la résistance. Les nationalistes flamands ont un problème - disent-ils - avec ce texte qui porterait atteinte à la politique belge en matière de migration.

Alors que les pourparlers se poursuivent activement au sein du gouvernement pour tenter de trouver un compromis, les députés de l'opposition ont déposé deux propositions de résolution - l'une des écologistes, l'autre du cdH, à la commission des relations extérieures de la Chambre de cet après-midi, histoire d'essayer de forcer la main à la majorité ou du moins à la pousser à sortir du bois. L'opposition réclame l'approbation du texte sans réserve.

Pas sûr cependant qu'elle obtienne gain de cause. La majorité n'entend pas se faire coincer. A l'initiative du MR, elle devrait proposer d'entendre des spécialistes du droit international à propos du Pacte des Nations unies sur les migrations.

Ces auditions doivent permettre notamment d'éclairer les parlementaires sur le caractère non contraignant du texte et les conséquences qui en découlent. La majorité veut avancer rapidement sur le sujet, a-t-on assuré au groupe MR. Les auditions pourraient avoir lieu la semaine prochaine.

La majorité qui cherche donc à gagner du temps alors que l'échéance marocaine approche à grand pas. Une chose est sûre, le refus italien de signer le Pacte apporte un peu plus d'eau au moulin du secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Théo Francken (N-VA), tout aussi opposé à ce texte que son collègue le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini (Ligue du Nord).
 

Journal télévisé 27/11/2018

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