Pacte sur les migrations des Nations Unies: une menace pour le gouvernement fédéral?

La Belgique rejoindra-t-elle le club des pays sceptiques voire opposés à ce Pacte comme la Hongrie ou l'Autriche? Ou signera-t-elle ce texte que le Premier ministre a publiquement soutenu à la tribune des Nations Unies lors de la dernière Assemblée Générale à New-York? 

A plusieurs sources, nous apprenons que la N-VA ne cédera pas sur la question du Pacte des Nations Unies sur les migrations, laissant entendre qu'elle pourrait en faire une question de gouvernement.


►►► Pacte des Nations Unies pour les migrations: le texte qui divise le gouvernement fédéral


Aux yeux des nationalistes, la Belgique ne devrait pas signer le texte en l'état. Ce Pacte serait, selon la N-VA, une entrave à la souveraineté de la Belgique en matière migratoire. Même s'il n'est pas contraignant a priori, en signant ce texte, la Belgique s'engagerait moralement à respecter des principes incompatibles avec le durcissement de la politique migratoire prôné par la N-VA.

Deux mots du chef de groupe de la N-VA envoyé défendre le point de vue de son parti devant les caméras de la VRT résument assez bien la position des nationaliste vis-à-vis du texte: "dikke problemen". Mais Peter De Roover ne mentionne à aucun moment la possibilité de brandir une crise gouvernementale pour faire respecter le point de vue de son parti. 

Le Premier ministre joue les équilibriste

Attendu au Parlement à ce sujet, coincé entre ses déclarations favorables au Pacte et le coup de frein de la N-VA, Charles Michel a annoncé une étude juridique des conséquences du texte tout en rappelant son attachement au multilatéralisme. Sans renoncer à signer le Pacte sur les migrations, le Premier ministre se retranche donc pour l'instant derrière les pays qui émettent des doutes sur le texte. De quoi donner des gages à la N-VA, tout en tentant de ne pas ravaler la promesse faite devant les autres membres des Nations Unies. En annonçant une analyse des conséquences juridiques du texte, Charles Michel gagne une fois de plus un peu de temps. La technique est bien rodée au sein de la suédoise. 

La N-VA en difficulté sur sa droite

Les critiques de la N-VA vis-à-vis du Pacte sur les migrations sont assez récentes. Jusqu'ici, les nationalistes ne s'y étaient pas formellement opposés. Mais la musculation des dernières semaines s'explique par les élections passées... et à venir. La N-VA a perdu du terrain lors des élections communales d'octobre. Le Vlaams Belang a repris des couleurs. Pour récupérer cet électorat, la N-VA qui entre en campagne pour les élections de mai 2019 ne fera donc aucune concession sur la politique migratoire. Ce sera son cheval de bataille pour aborder ce triple scrutin. 

Au risque de faire de la signature de ce Pacte un motif de rupture au sein du gouvernement? Le scénario circule. L'hypothèse existe depuis les prémisses de cette coalition que l'on disait "Kamikaze" à ses débuts. Mais les partis de la coalition fédérale ont probablement toujours plus à perdre dans la chute du gouvernement que dans une équipe qui vit au rythme des querelles. Reste à voir qui de Charles Michel ou de la N-VA devra faire marche arrière sur ce Pacte. 

   

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