Pacte migratoire de l'ONU: Charles Michel renvoie la balle au Parlement

Charles Michel a tenu une conférence de presse exceptionnelle ce mardi suite aux différents événements qui ont secoué le gouvernement ce jour. Au centre des tensions, le pacte de l'ONU pour les migrations, que la N-VA refuse de signer, au contraire de tous les autres partenaires de la majorité.

Et un élément qui aurait tout fait basculer : cette campagne du parti nationaliste contre le pacte migratoire lancée sur les réseaux sociaux, alors que le vote en Commission venait d'être reporté, et qu'un kern était prévu dans l'après-midi. Une campagne très peu appréciée par les partenaires de la N-VA au gouvernement, et applaudie par le Vlaams Belang.

Le Premier ministre, suite à ses différentes consultations durant l'après-midi, a décidé de demander au Parlement "de s'exprimer" sur la question de ce pacte, tout en affirmant qu'il ira bien à Marrakech. Le Parlement, là où une majorité alternative (c'est-à-dire une majorité sans la N-VA) pourra décider de la signature ou non de ce pacte. En d'autres mots, le Premier doit aller chercher dans l'opposition pour pouvoir faire passer la signature du texte de l'ONU.  Ces déclarations du Premier ministre sonnent donc comme un aveu : ce soir, la suédoise n'existe plus. Si d'un point de vue constitutionnel, le gouvernement existe toujours, dans les faits, il est plutôt en état de "mort cérébrale", comme l'analyse notre journaliste politique Thomas Gadisseux.

Voici en intégralité la déclaration du Premier ministre, et sa retranscription :

"J'ai pris connaissance de la campagne d'un parti politique (la N-VA, ndlr) sur la migration. Pour moi, c'est inacceptable. Donc j'ai pris la décision de repousser le kern prévu aujourd'hui et d'entamer des réunions bilatérales dans l'après-midi.

Le pacte du la migration est un accord international. L'Union européenne et la Belgique ont joué un rôle ces derniers mois dans la négociation de ce pacte. Les différents cabinets ministériels belges ont été impliqués dans cette négociation. Il sont eu la chance d'apporter leur mot là-dedans. Nous avons tenu à ce que les questions de sécurité et de migration soient intégrées à ce texte et cela a donné ce texte dont nous parlons aujourd'hui. La position belge a été validée le 12 septembre. J'ai parlé de cette position à la tribune de l'ONU.

C'est seulement plusieurs semaines plus tard, et après que le chancelier autrichien Kurtz exprime ses réserves, que le secrétaire d’État à la Migration m'a informé des réserves qu'il avait sur ce pacte. Nous avons aussi multiplié les contacts avec d'autres pays européens qui partagent habituellement les mêmes pratiques que nous sur ces matières. Au total, 20 pays ont été contactés et plusieurs de ces vingts pays ont trouvé utile d'y intégrer une note d'explication, une déclaration qui permet de dire sans ambiguïté quelle est l’interprétation correcte de ce pacte. Ce n'est pas un pacte contraignant, chaque pays garde sa souveraineté en termes de migration. Chaque pays peut encore décider qui est régulier ou irrégulier. Certains disent que c'est un pacte qui serait contraire aux règles qui existent sur le regroupement familial, ce n'est pas correct ! Le pacte dit que nous pouvons définir nos propres règles sur le regroupement familial. Il y a donc beaucoup de contre-vérités concernant ce pacte.

J'ai introduit une proposition au kern: ajouter une note explicative à ce pacte, comme l'ont fait d'autres pays. Il y a en ce moment, un blocage envers cette solution par un des quatre partis du gouvernement. Cette solution est pourtant approuvée dans la plupart des pays qui nous entourent. 

J'ai donc pris la décision de demander au Parlement de s'exprimer sur ce sujet. Le Parlement est la maison de la démocratie et je suis convaincu que le moment est venu de demander au Parlement de prendre une décision. Et j'ai l'intention d'aller à Marrakech pour communiquer la décision qui sera prise par le Parlement. Il est de ma responsabilité de veiller à la crédibilité de la Belgique sur le plan international."

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