Pacte énergétique: Charles Michel maintient la sortie du nucléaire pour 2025

La séance plénière à la Chambre ce jeudi était, on peut le dire, agitée. Le Premier ministre Charles Michel, était au cœur des discussions et devait répondre aux questions concernant le Pacte énergétique, adopté jeudi par les gouvernement wallon et bruxellois.

"La transition énergétique a besoin de femmes et d'hommes politiques courageux. Mais elle a besoin aussi de messages et signaux clairs. Deux gouvernements régionaux ont marqué leur accord sur le Pacte, mais ce matin votre gouvernement a refusé de le faire. Ce message, ce refus est catastrophique", a déclaré Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre.

"Hier vous disiez que personne n'allait torpiller le pacte. Effectivement vous n’avez laissé personne le faire, vous l’avez torpillé  vous-même", a-t-il ajouté.

Olivier Maingain, président de DéFI, va dans le même sens: "Il y a un parti en Belgique qui contribue a l’issue fatale du réchauffement, c’est la N-VA. Aujourd’hui il y a un gouvernement qui traine les pieds, c’est le vôtre, sous l’influence de la N-VA."

"Quand allez-vous respecter votre parole?"

Du côté du PS, Karine Lalieux, députée fédérale PS et échevine de la Ville de Bruxelles, s'est demandée ce que vaut la parole d’un Premier ministre en Belgique. "Devant cette assemblée vous aviez dit que les centrales fermeraient en 2025. Et hier, dans un communiqué viril et ambigu, vous avez fait mine de montrer les dents. La N-VA, absente ici, n’a pas du tout été impressionnée par votre petite sortie autoritaire. Ils ont continué à dire qu'il était hors de question de sortir du nucléaire en 2025. Votre gouvernement est en lambeaux."

"Vous êtes incapable de faire respecter votre parole au sein de votre gouvernement, c’est la N-VA qui fait la loi et ce sont tous les acteurs énergétiques qui vont payer", a t-elle ajouté.

"Je maintiens la sortie du nucléaire pour 2025"

Toujours une même question posée au Premier ministre: "Quand allez-vous respecter votre accord de gouvernement et votre propre parole concrétisant la fermeture des centrales nucléaires?"

A la tribune de la Chambre, le Premier ministre a assuré qu'il y aurait bien un Pacte énergétique crédible en 2018, mais qu'avant de le signer il veut traduire les objectifs du Pacte. "C’est un sujet sérieux et qui ne se prête pas à des approximations et analyses simplistes. Contrairement à ce que j’ai entendu, une décision a été prise par le gouvernement et elle prévoit la sortie du nucléaire en 2025. Je maintiens cet objectif avec détermination", a déclaré Charles Michel.

"Dans ce cadre-là, car nous sommes des gens sérieux, comme l’accord le prévoit, nous allons traduire la capacité d’atteindre les objectifs. Pour la première fois, nous avons un document, une base solide, qui n'est certes pas encore finalisé, pour nous permettre de poursuivre le travail autour de 4 objectifs qui je le pense sont largement partagés. Nous considérons qu’il est nécessaire de travailler ensemble avec les entités fédérés, pour s’assurer qu’on mesure bien l’ensemble des conséquences."

Le travail va donc se poursuivre avec les Régions sur base de 4 paramètres: la sécurité d’approvisionnement, les effets sur les tarifs pour les familles et les entreprises, la sécurité des infrastructures et la mobilisation dans les engagements climatiques.

"Vous n'avez pas répondu à nos questions"

Le Premier ministre s'est ensuite adressé directement à Jean-Marc Nollet: "M. Nollet, je vous estime beaucoup. Mais pour le photovoltaïque, on a préféré ne pas le chiffrer et ça a été facturé aux citoyens."

Des réponses qui restent encore insatisfaisantes selon Karine Lalieux: "Vous n'avez pas répondu à nos questions. On ne sait toujours pas ce qu’il adviendra de ce pacte."

"Vous nous avez annoncé l’évidence mais pas de décision. Aujourd'hui vous avez une fois de plus joué la montre, vous n’avez pas décidé et le pays a besoin de décisions", a conclu Michel De Lamotte, député fédéral cdH.

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