P.-O. Beckers (COIB): "Il faut doubler les investissements dans le sport"

P.-O. Beckers (COIB): "Il faut doubler les investissements dans le sport"
P.-O. Beckers (COIB): "Il faut doubler les investissements dans le sport" - © Belga

Le bilan mitigé des athlètes belges aux Jeux Olympiques de Londres était au menu de l'Invité de Matin première ce lundi. Pierre-Olivier Beckers, le président du Comité olympique et interfédéral belge (COIB) estime qu'il faut être beaucoup plus ambitieux en termes d'investissements et miser résolument sur le sport de haut-niveau.

Le bilan des Belges aux JO de Londres laisse un petit goût de trop peu au président du COIB. En effet, d’après lui, ces trois médailles "c’était l’objectif minimum". Il n’en démord pas, comme cela avait été explicitement affirmé avant la compétition, "six médailles était un objectif accessible".

Cependant, l’homme d’affaires reconnaît que ces Jeux ont été l’occasion de "se rendre compte que le niveau de la compétition est extrêmement élevé" et de "réaliser le chemin qu’il reste à parcourir".

Au niveau de la présence de nos athlètes dans les "top 8", on en est à un ratio de 35% alors que l’on espérait 50% des athlètes à ce niveau. Ici, c’est le fait que "nous avons repêché une série d’athlètes" dont le niveau était un peu moins élevé qui peut être un élément d'explication.

De nombreux records de Belgique battus mais...

Même si le fait qu’aucune médaille n’ait été acquise dans des "épreuves reines" de l’olympisme comme l’athlétisme et la natation par exemple, Pierre-Olivier Beckers note cependant parmi les sources de satisfaction que de nombreux records de Belgique ont été battus dans ces disciplines et que des athlètes tricolores se sont qualifiés pour plusieurs finales.

Par contre, cette absence de médaille constitue bel et bien une déception tant en natation qu’en athlétisme ou encore en tennis, en équitation ou en cyclisme. Ces sports sont "bien ancrés dans notre culture" et la Belgique y consent "beaucoup d’investissements" dès lors "nous aurions dû ramener une médaille" dans certaines de ces épreuves.

Est-ce vraiment important de ramener des médailles olympiques?

Pour celui qui est aussi PDG du groupe Delhaize, "ce n’est pas seulement une question de fierté", il y a également un enjeu de santé publique. D’après lui, les performances dans le sport de haut niveau peuvent avoir valeur d’exemple pour la population. Dès lors, il "faut investir beaucoup plus" et "au moins doubler le niveau des investissements actuels", juge celui qui fut élu CEO de l’année 2009.

Mais il ne s’agit pas que d’investir, il "faut compléter ces investissements par une éducation à tous les niveaux : école, famille, clubs, communes". Et pour faciliter la tâche de ces structures, "si l’on n’a pas un élément de rêve, des éléments d’exemple" dans le sport de très haut niveau, "quelque chose manque fondamentalement".

La preuve en est, selon notre invité, qu’en "Belgique, nous avons eu longtemps une politique basée sur le ‘sport pour tous’ qui n’a pas abouti".

En outre, ces investissements "doivent être ciblés sur des disciplines où nous pouvons faire la différence".

La structure politique belge en matière sportive? "Un problème qu'il faut contourner"

La structure politique de la Belgique constitue-t-elle potentiellement un frein à une politique sportive efficace? Chaque communauté ayant sa propre politique sportive, il y a donc de facto une division des moyens et des choix asymétriques selon les communautés.

A ce sujet Pierre-Olivier Beckers se contente de constater que cette structure décisionnelle est "une réalité et qu’il faut vivre avec", reconnaissant à demi-mot qu’il s’agit d’un désavantage compétitif.

Plus question de demi-mot toutefois lorsque le président du COIB estime que "clairement il s'agit d'un facteur de complication pour notre pays par rapport à d'autres" et que dès lors, "il faut contourner ce problème" en créant "des synergies" et en "mettant tout le monde autour de la table".

"Jusqu’il y a trois ans d’ici, les ministres des sports des différentes communautés ne se voyaient pas", rappelle l’invité d’Arnaud Ruyssen. "Aujourd’hui, ils le font et ils le font avec le comité olympique également" mais il reste "beaucoup de chemin à parcourir sur ce plan". Il reste donc du pain sur la planche de la coordination et de la rationalisation des processus décisionnels en matière de politique sportive au niveau national belge.  

Julien Vlassenbroek

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