P. Lamberts: "Sans sécurité sociale européenne, c'en est fini de l'euro"

P. Lamberts: "Sans sécurité sociale européenne, c'en est fini de l'euro"
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P. Lamberts: "Sans sécurité sociale européenne, c'en est fini de l'euro" - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Philippe Lamberts, eurodéputé écolo, voit l'accord arraché au petit matin de lundi comme "la victoire d'une idéologie, celle des recettes néolibérales traditionnelles", a-t-il lancé au micro de la RTBF, où il débattait avec son homologue libéral flamand Philippe De Backer.

Ce deal, qui selon lui n'en est pas un ("ceci n'est pas un deal, c'est une humiliation", martèle-t-il), ne profitera ni à la Grèce, ni à l'Europe, ni à l'Allemagne. A personne. Ou presque. Car "les seuls qui vont réellement en bénéficier, ce sont les Marine Le Pen et Nigel Farrage qui disent que l'Europe s'assied sur la démocratie. Elle l'a prouvé cette nuit". 

L'eurodéputé libéral flamand Philippe De Backer, qui estime "qu'on a évité le pire" se réjouit de l'obtention "de garanties qu'on va réformer ce système clientéliste". Son collègue écologiste le reprend. "Je suis d'accord pour dire que ça fait quarante ans que le pays est lié par un duopole clientéliste", dit-il. "Mais on s'imagine qu'un nouveau gouvernement devrait réformer ce pays, d'instaurer un Etat qui fonctionne en trois jours, c'est un scandale absolu. On se moque de la démocratie!"

Non, coupe Philippe De Backer: "La Grèce a rejoint l'eurozone. Il y a des règles, il faut les respecter, et on les aide à les respecter. On a déjà prêté à la Grèce 240 milliards d'euros, on recommence avec plus de 80 milliards. Il faut créer de la croissance et de l'espoir, et ça, on va le faire."   

Philippe Lamberts en doute fort. "Quand l'Allemagne ne respecte pas les règles, personne ne la sanctionne. Personne ne lui dit rien lorsqu'elle fait du dumping social et salarial. Lorsque vous êtes grand en Europe, vous dictez les choses. Lorsque vous êtes petit, vous vous écrasez.

D'accord sur peu, les deux eurodéputés ne sont pas pour autant d'accord sur rien. Philippe Lamberts comme Philippe De Backer appellent l'un comme l'autre à une Europe politique et économique, pas seulement monétaire. "Il faut éviter de jouer une démocratie contre l'autre. Il faut évoluer vers une union politique, créer les règles et les institutions qui évitent le drame qu'on a vécu hier soir. Il faut une union politique qui soutienne l'union monétaire", dit le second. "Il faut des transferts financiers entre régions riches et régions pauvres. Si on ne met pas en place une fiscalité européenne, une sécurité sociale européenne, c'en est fini de l'euro", renchérit le premier.  

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