P. Lamberts (Ecolo): "I. Durant aurait plus contribué à la victoire d'Ecolo en étant ma seconde"

P. Lamberts (Ecolo): "I. Durant aurait plus contribué à la victoire d'Ecolo en étant ma seconde"
P. Lamberts (Ecolo): "I. Durant aurait plus contribué à la victoire d'Ecolo en étant ma seconde" - © Tous droits réservés

C'est l'homme qui mène la tête de liste Ecolo aux Européennes. C'est l'homme qui a eu (un peu) raison des bonus des banquiers de la City mais surtout d'Isabelle Durant, sa collègue d'Ecolo qui a décidé de ne pas être sa "seconde" et d'aller se battre électoralement pour son parti, à la Région. C'est un homme qui connaît très bien ses dossiers, parle à la vitesse de la mitraillette et n'a jamais sa langue en poche. Brillant mais donneur de leçon? Philippe Lamberts est l'invité du deuxième Grand Electoral Le Soir/La Première des têtes de listes européennes.

" Exit " donc Isabelle Durant, vice présidente très active du Parlement européen. Mais n'est-ce pas un sérieux risque d'échec pour Ecolo? N''aurait-il pas mieux valu un ticket Lamberts-Durant pour garantir une chance à Ecolo de reprendre un 2ème siège ? . "La sagesse recommandait à chacun d'entre nous d'accepter la place que lui donnerait l'assemblée générale et je pense que c'est ce que souhaitait 90-95% des Ecolo. Ce n'est pas ça qui s'est passé mais je pense qu'en effet ça aurait rendu les choses plus faciles. Et donc mon défi est de prouver qu'un ticket Lamberts-Bricmont peut emporter les deux sièges et c'est à ça que je m'emploie aujourd'hui." Isabelle Durant n'est pas sage ? "Ah, je pense que la sagesse aurait recommandé qu'elle accepte d'être deuxième et toute l'assemblée générale le lui a demandé. Les gens se sont levés, moi y compris, pour lui demander d'accepter la deuxième place. Elle a préféré aller chasser sur les terres bruxelloises, ce que je respecte tout à fait." Elle l'a joué perso alors que ce n'était pas l'intérêt d'Ecolo? "Elle aurait plus contribué à la victoire d'Ecolo le 25 mai en acceptant la deuxième place à l'Europe qu'en acceptant la 68e à Bruxelles".
 

Vous avez dit que vous vouliez faire une campagne radicale au niveau de l'Europe sur les façons de lutter contre la crise, notamment. On a l'impression dans cette campagne, qu'à gauche, l'alternative radicale c'est le PTB et non Ecolo. . "Le PTB a un diagnostic sur la société que nous partageons largement. Par contre, lorsqu'on s'avance sur le terrain des solutions, c'est là qu'on commence à voir les différences. Ma différence avec le PTB? Merci à l'électeur qui il y a cinq ans, m'a donné l'occasion pendant cinq ans de faire la preuve que nous ne nous contentons pas de faire un diagnostic sur la société mais nous essayons d'agir. Vous savez, les amis du PTB, les Jean-Luc Mélenchon et autres, siègent au Parlement européen. Ils avaient, dans toutes les négociations financières, leur siège à la table. Ce siège est resté presque en permanence vide. Alors bien sûr ils ne pèsent pas lourd, - 35 députés -, mais n'empêche que les avoir dans la salle de négociation au moment où ça ferraillait, aurait aidé. Comme je vous l'ai dit, je partage beaucoup du diagnostic de la gauche de la gauche - mais , néanmoins, à un moment, le mouvement social et le discours ne sont pas suffisants, il faut agir dans les institutions."

Vous vous êtes "payé" les banquiers mais quel sera votre prochain combat? "Tout d'abord le travail de régulation de la finance n'est pas fini. Aujourd'hui BNP Paribas, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JP Morgan, peuvent toujours exercer un chantage à la faillite sur les Etats membres, sur les démocraties. Et donc, je déclarerai le travail de re-régulation de la finance accompli, le jour où on aura mis un terme à ce chantage et on en est loin. Deux, le chantier fiscal est absolument important et trois, s'il y a une priorité qui est presque existentielle pour l'Europe, c'est d'avoir une politique commune de l'énergie, qui nous amène à l'indépendance énergétique par le recours massif au renouvelable et donc via des investissements. La bonne nouvelle, c'est que ce sont des investissements créateurs d'emplois et donc c'est un beau chantier."

 

Avez-vous déjà votre idée de qui sera le prochain président de la Commission, du Conseil et du Parlement européen ? Y a-t-il déjà des noms qui circulent, voire des tractations ? "S'il y a des tractations en couloir et je pense qu'il y en a, nous n'y sommes pas. Ca, je peux vous le dire. Ils n'ont pas besoin de nous. Bové et Keller qui sont une équipe remarquable ne sont pas impliqués, pas plus que la direction actuelle du groupe Ecolo. Je pense que le scénario que les autres concoctent, c'est Juncker pour succéder à Van Rompuy, Schulz pour succéder à Barroso et Verhofstadt pour succéder à Schulz comme président du Parlement européen." Cela veut dire l'Allemagne aux manettes? Avec le parti d'Angela Merkel au Conseil et Martin Schulz en grande coalition qui sera à la Commission ? "Quand les socialistes se font les avocats de Martin Schulz comme président de la Commission, clairement, c'est donner toutes les manettes à Angela Merkel."

RTBF, avec Le Soir

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