Résumé du premier jour du procès de Mohamed Abdeslam accusé du vol de la caisse de Molenbeek

Résumé du premier jour du procès de Mohamed Abdeslam accusé du vol de la caisse de Molenbeek
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Résumé du premier jour du procès de Mohamed Abdeslam accusé du vol de la caisse de Molenbeek - © Tous droits réservés

Le frère du terroriste Salah Abdeslam est accusé d’avoir participé en janvier dernier avec deux complices au vol de la recette communale de Molenbeek-Saint-Jean, lors d’un transfert d’argent non-sécurisé. Son procès s'ouvre ce lundi devant la 79e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Résumé.

En aveu depuis juin

En juin dernier, Mohamed Abdeslam avait admis avoir joué un rôle d'intermédiaire. "Mon client est en aveu complet des faits. Il affirme avoir participé à la planification du vol et avoir servi de chauffeur", avait précisé l'avocat de Mohamed Abdeslam, Me Yannick De Vlaeminck avant l'ouverture du procès.

Mohamed Abdeslam avait été arrêté un mois après les faits. Il est le seul prévenu en aveu. Les deux autres personnes contestent toute participation au vol.

Rappel des faits

Le mardi 23 janvier dernier, vers 14 heures, deux employés de la commune de Molenbeek appellent la police et affirment avoir été agressés en pleine rue au moment où ils s'apprêtaient à déposer 68.000 euros en liquide dans une agence bancaire. 

Selon la version des employés, l'agresseur était armé d’un couteau. Il aurait pris la fuite à pied. L’enquête va établir que l'agresseur a rejoint un véhicule garé pas loin du lieu de l'attaque et des images de vidéosurveillance vont permettre de remonter jusqu’au propriétaire du véhicule. Il s’agit d’un ami de Mohamed Abdeslam, ce qui fera de ce dernier le principal suspect de l’enquête.

Un mois après les faits, Mohamed Abdeslam sera arrêté et placé en détention préventive. Il finira par avouer six mois plus tard avoir été le chauffeur du véhicule et le co-propriétaire de la voiture l'exécutant du vol.

Mais Mohamed Abdeslam impliquera aussi au même moment l'un des convoyeurs de la recette. L'attaque aurait ainsi été simulée car le convoyeur aurait fourni les renseignements nécessaires à Mohamed Abdeslam. Le fameux convoyeur est alors à son tour inculpé.

Premier jour d'audience : interrogatoires des trois prévenus

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a décidé d'entamer l'interrogatoire des prévenus malgré une demande de report de la partie civile.

Le premier interrogatoire est celui du fonctionnaire communal qui transportait l'argent, Pierre-Raphaël C., il nie les faits. Cependant, son comportement est considéré comme suspect : il a attendu six minutes après le vol de la recette pour prévenir la police. "Chacun réagit différemment en cas d'agression", se défend-il. L'affirmation ne semble pas convaincre la présidente de la chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. 

Le deuxième prévenu interrogé,  Youssef B., est soupçonné d'être celui qui a commis le vol à main armée (avec un couteau). Mohamed Abdeslam l'accuse depuis son arrestation, d'être l'auteur. Ce dernier nie, malgré la ressemblance physique entre son profil et celui que l'on peut voir sur les images de caméra de surveillance fournies aux enquêteurs. 

Puis, c'est au tour de Mohamed Abdeslam de répondre aux questions. "Je suis l'homme à abattre, madame la présidente", affirme-t-il pour entamer son interrogatoire, "C'est une mise en scène". Selon la version de Mohamed Abdeslam, le fonctionnaire (le premier prévenu) a donné toutes les informations pratiques, le deuxième prévenu a réceptionné les sacs et lui-même était le chauffeur. 

Il explique qu'il n'a jamais eu le couteau et que le plan était de "planquer l'argent pendant un certain temps". Cet argent (près de 70.000 euros) est toujours introuvable à l'heure actuelle. La présidente s'étonne que Mohamed Abdeslam ne sache pas où se trouve l'argent. L'intéressé affirme que c'est son complice qui devait "le planquer". 

"Je voulais renflouer les caisses de mon bar à chicha."

Mohamed Abdeslam affirme que l'argent était destiné à son bar à chicha qu'il voulait ramener d'Herstal à Bruxelles. Il a également impliqué une quatrième personne : son ancienne compagne, également fonctionnaire à la commune de Molenbeek et qui accompagnait le premier prévenu lors du vol de l'argent. 

"Il avait des problèmes financiers dus à son licenciement qu'il estime injuste, complète Me Yannick De Vlaeminck, l'avocat de Mohamed Abdeslam. Il a été renvoyé suite aux attentats. Le fait que mon client travaillait pour la commune de Molenbeek faisait tâche et donc on a trouvé le premier prétexte venu pour le virer alors qu'il travaillait là depuis dix ans. Il était donc remonté contre son employeur". 

Deux audiences supplémentaires sont prévues les 19 et 20 septembre après midi.

Archive : Mohamed Abdeslam maintenu en détention (JT du 28/02/2018)

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