Une formation pour devenir télépilote de drones à l'ULModrome de Liernu

Ouverture du premier centre belge de formation de pilotes de drone à Liernu
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Ouverture du premier centre belge de formation de pilotes de drone à Liernu - © Tous droits réservés

À l'ULModrome de Liernu, en province de Namur, une nouvelle formation a été mise en place : celle de télépilote de drones. Ceux-ci sont disponibles dans le commerce, mais, théoriquement, il n'est pas encore permis de les faire voler en Belgique. L'école a ici les autorisations nécessaires.

Ailleurs, faire voler un drone dans le ciel belge est interdit. Pourtant, les amateurs du genre les font décoller, même sans autorisation. "J'en ai déjà fait volé partout, chez moi, ou ailleurs en Belgique, confie un télépilote amateur. C'est interdit, je sais, mais 'pas vu, pas pris.'"

Un arrêté royal est prêt pour enfin définir les limites de l'utilisation des drones, mais il n'a pas encore été signé. Renaud Fraiture, directeur de la toute nouvelle école de télépilotage de ces engins, s'est lancé malgré tout.

"En voyant les demandes, on s'est bien dit qu'il fallait gagner du temps et, donc, nous avons pris le parti de former les gens avant, autant d'un point de vue théorique que pratique, dit-il. Nous avons validé le terrain pour que, le jour où l'arrêté royal est signé, les gens soient prêts."

Il a ainsi fait construire un drone d'écolage qui correspond aux futures exigences, un engin qui ne peut pas voler plus haut que 200 pieds, soit 62 mètres.

"Nous avons tout respecté au niveau sécurité, explique son concepteur, Michaël Daris. Si un moteur tombe en panne, il continue à voler. Si la télécommande n'a plus de batterie, il atterrit lui-même là où il a décollé. Il y a deux télécommandes et le professeur peut reprendre le contrôle à tout moment du vol."

Vide législatif

Plus de 150 personnes (passionnés et amateurs) se sont donné rendez-vous dimanche sur le terrain d'ULM de Liernu. Après une matinée consacrée à la présentation de l'école, une vingtaine de prototypes ont ensuite été présentés au public, qui a pu s'adonner à cette activité sous un ciel clément durant l'après-midi.

Si l'EspaceDrone est reconnu par l'Administration aéronautique belge, l'école de formation est cependant "en attente de son dernier feu vert", explique son responsable, Renaud Fraiture.

En effet, aucune législation spécifique n'existe, à l'heure actuelle, en Belgique pour réglementer l'utilisation de ces aéronefs sans pilote développés initialement à des fins militaires mais dont les usages civils sont de plus en plus courants. Un arrêté royal devrait cependant bientôt entrer en vigueur et définir des lignes directrices, notamment en matière de vols à des fins commerciales.

Lorsqu'il est utilisé à des fins purement privées, un drone est pour l'instant considéré, en Belgique, comme un aéronef téléguidé et est donc réglementé par la direction générale du Transport aérien (DGTA). Les drones sont ainsi contraints de rester au sol, à moins de répondre à des règles très strictes limitant leur utilisation. Ils doivent ainsi obligatoirement partir d'un terrain d'aéromodélisme officiellement agréé par la DGTA. Ils peuvent voler à une hauteur maximale de 200 mètres et dans un rayon de 400 mètres. De plus, le pilote d'un drone doit respecter la distance de 200 mètres des habitations.

Malgré ce vide législatif, "nous avons l'accord de l'Administration aéronautique pour que les heures de formations suivies soient comptabilisées quand l'arrêté royal sera signé", souligne Renaud Fraiture, précisant que 25 personnes se sont déjà inscrites dimanche en vue d'une formation.

L'arrêté royal prévoit notamment l'obligation de l'obtention d'une licence par les pilotes. Le drone devra aussi être homologué et toujours rester dans le champ de vision du pilote. Sa hauteur maximale de vol sera limitée à 200 pieds (60 mètres). L'engin ne pourra par ailleurs pas voler dans certaines zones, notamment aux abords des aéroports.

Monika Wachter avec Belga

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