Ottawa: le Roi et la Reine rendent hommage aux soldats canadiens morts chez nous

Le Roi et la Reine en visite au War Memorial Museum
5 images
Le Roi et la Reine en visite au War Memorial Museum - © POOL BENOIT DOPPAGNE / FREDERIC SIERAKOWSKI - BELGA

Suite de la visite d'Etat du roi Philippe et de la reine Mathilde au Canada. Ce mercredi matin, ils quittent Ottawa pour Toronto. Au programme notamment : une séance académique à l'université de la ville pour le Roi, une visite d'un hôpital pour enfants pour la Reine. Mais mardi, le couple royal a multiplié les visites culturelles : musée des beaux-arts d'Ottawa, visite d'un musée sur le diamant - le Canada est le troisième producteur mondial. Mais aussi et surtout une visite au Musée canadien de la Guerre, c'est là que s'est déroulée une cérémonie du souvenir et d'hommage aux nombreux soldats canadiens tombés chez nous au fil des deux guerres mondiales.

Le War Memorial Museum, le Musée canadien de la guerre, c'est l'un des plus vastes musées d'Ottawa. Un espace de réflexion sur l'Histoire militaire et les guerres anciennes et actuelles, celles en tout cas où des troupes canadiennes ont été impliquées. Un musée de verre et de béton, de peintures et d'objets, les fameux "artefacts", soit les reliques, les véhicules militaires, un large choix de blindés de toutes nationalités, d'armes, d'avions, et des canons on y reviendra.

Gratitude et respect

Le Roi Philippe y a pris la parole face à un parterre d'écoliers, d'étudiants et quelques vétérans. En anglais, en français et en néerlandais, l'essentiel étant sa volonté de remercier les Canadiens pour leurs sacrifices passés. Respect, gratitude en cette année du centenaire de l'armistice 1918 et promesse aussi de ne pas oublier. Ne jamais oublier. Dans la lignée de ce "Last Post", cette sonnerie perpétuée tous les jours depuis 1928 sous la porte de Menin à Ypres, hommage aux soldats tombés, notamment canadiens dans les combats de la première guerre mondiale sur notre territoire. En quelques exemples : la bataille de Ypres en 1915 (6000 morts) où les soldats canadiens ont essuyé les premiers gaz toxiques. La bataille de Passchendaele en 1917 (4000 morts), ou encore la libération de Mons en 1918. 

Au total un quart des 61.000 Canadiens morts durant la "der des ders" a péri chez nous et beaucoup y reposent toujours. C'est un Canadien, le lieutenant-colonel John McCrae qui rédigea aussi, chez nous, le poème "In Flander's fields", appelant, comme évoqué par le Roi dans son discours, "les morts glorieux à passer le flambeau aux vivants", le flambeau, le relais de la mémoire.

Enfin, c'est à Mons qu'a péri le 11 novembre 1918 le dernier soldat canadien, George Lawrence Price, du 28ème bataillon d'infanterie canadienne, 25 ans, deux minutes seulement avant l'armistice. Il était 10h58 lorsqu'un sniper allemand le faucha d'une balle, alors que selon la "petite histoire", il offrait une fleur à une habitante de Ville-sur-Haine (Le Roeux), près de Mons. 280 soldats canadiens ont, au total, perdu la vie, ont été blessés ou même ont disparu dans les deux derniers jours des opérations autour de Mons. Nombreux reposent au cimetière de Saint-Symphorien.

Hommage de Mons qui rend un canon au Canada

En signe d'hommage à tous ces disparus, la ville de Mons, représentée par l'échevine cdH Savine Moucheron, a choisi d'offrir - ou plutôt de rendre - pour un prêt de longue durée un des canons canadiens utilisés chez nous à  la fin du conflit et qui ont donc tiré les derniers obus de la guerre. Une belle pièce de métal rutilante, un canon de 18 livres, 4 mètres de long, des roues de quasi 2 mètres de diamètre. Il appartenait à la 10ème Brigade 39ème batterie et avait été donné à Mons en août 1919 par le lieutenant-colonel Wilfred Bovey. Tiré des collections du Mons Memorial Museum, il figurera à Ottawa  dans une prochaine exposition baptisée "Les 100 derniers jours" et qui ouvrira ses portes en octobre 2018. 

Des vétérans encore bien verts ! 

Un canon remis en présence du Roi ce mardi, présence aussi d'une poignée de vétérans de la seconde guerre mondiale avec lesquels le roi et la reine ont conversé durant quelques minutes. Sous les flashs et caméras. Des vétérans venus spontanément parler de leurs "campagnes" en Belgique lors de la Libération de 1944. Parmi eux Robert Spencer, 97 ans, solidement appuyé sur sa canne de métal. Un Canadien pas vraiment sans lien avec la Belgique. Et d'évoquer avec le Roi son débarquement en Normandie, sa traversée de la France, la frontière belge, la reprise des combats après quelques jours d'accalmie, ses passages par Eekloo, Bruges, Anvers, et finalement les Pays-Bas et l'Allemagne. Historien de son bataillon, il est revenu à plusieurs reprises en Europe. Mais dit-il "la Belgique a toujours été sa place favorite". Aussi parce que c'est là qu'il avait un jour croisé l'amour. Mais c'est une autre Histoire... Des vétérans venus célébrer eux aussi toute l'importance du souvenir.

Reportage dans notre JT 13 h de ce mercredi 14 mars:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK