OTAN : Donald Trump veut "faire payer" la Belgique mais vise l’Allemagne

Dans une longue interview sur la chaîne conservatrice Fox News, Donald Trump s’est exprimé (27min) sur le déplacement de troupes américaines d’Allemagne vers la Belgique. Une annonce faite la semaine dernière par Mark Esper, le Secrétaire américain à la Défense. Dans cette annonce, deux pays étaient cités pour le redéploiement de presque 12.000 soldats américains, l’Italie et la Belgique.

"Ces pays paieront, je leur ai dit : vous allez payer"

Hier sur Fox News, le président américain a rappelé que malgré l’annonce de ce redéploiement, il compte bien faire payer l’Italie et la Belgique. "Ces pays paieront, je leur ai dit : vous allez payer", a déclaré Donald Trump. Un financement supplémentaire de la Belgique serait donc une condition à l’arrivée de ces troupes américaines sur le sol belge.

Rien n’est encore fait

Contacté par nos soins, le ministre de la Défense et des Affaires étrangères Philippe Goffin a réagi à cette affirmation de Donald Trump :"À titre personnel, je n’ai pas été contacté. Lors de l’annonce du redéploiement des troupes, le Secrétaire à la Défense Mark Esper, m’avait précisé qu’il s’agissait pour l’instant d’un concept mais à ce stade il n’a jamais été question d’un financement supplémentaire. Rappelons que Donald Trump a aussi affirmé ; que si l’Allemagne payait davantage, alors le plan de redéploiement pourrait être revu. Donc il y a certains signaux contradictoires qui viennent des États-Unis mais pour l’instant, nous prenons acte de ce qui est exprimé mais ça ne va pas au-delà".


►►► À lire aussi : QG européen de l’armée américaine à Mons, des unités américaines également à Chièvres ?


On l’a compris, rien n’est encore fait dans ce redéploiement. D’autant plus que la donne pourrait encore changer si Joe Biden devait l’emporter lors des prochaines élections présidentielles de novembre. Cependant, Donald Trump depuis le début de son mandat, ne cesse de réclamer que les pays membres de l’OTAN investissent plus d’argent dans leur politique de défense. Il demande que chaque pays de l’Alliance respecte l’accord de 2014, qui prévoit deux pour cent du Produit intérieur brut (PIB) de dépenses militaires. Actuellement, seuls une petite dizaine de pays atteint ce quota. Dans ce domaine, la Belgique reste un très mauvais élève de l’Alliance atlantique, même si elle a mis fin à la réduction de ses dépenses militaires.

 

2 images
© Tous droits réservés

L’Allemagne dans le viseur

Dans ses déclarations à Fox News, c’est surtout l’Allemagne que vise le président américain. Il qualifie plusieurs fois l’Allemagne de "délinquante" et justifie le retrait d’une partie des troupes américaines qui y sont stationnées par le faible niveau des dépenses militaires allemandes. Il reproche aussi à Berlin d’être trop dépendant du gaz fourni par la Russie (en faisant référence au projet de gazoduc Nord Stream 2) alors que les États-Unis "protègent l’Allemagne de la Russie".

La Belgique serait donc au milieu d’un jeu de chantage de la part des États-Unis vis-à-vis de l’Allemagne. Ce à quoi le ministre Philippe Goffin réagit : "En tout cas on ne se sent pas otage de qui que ce soit, nous sommes un des membres actifs et loyaux de l’OTAN et la Belgique jouit d’une vraie crédibilité sur la scène internationale dans le domaine militaire. Pour le moment, comme on n’a pas été associé de près ou de loin aux discussions, on est serein par rapport à ce que l’on observe et ce que l’on entend mais on reste surtout très prudent".

Dans ce contexte de tentative d’influence des États-Unis, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, a annoncé qu’il se rendrait la semaine prochaine en Pologne (autre pays où des troupes américaines seront redéployées) et dans trois autres pays européens, en République tchèque, en Slovénie et en Autriche.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK