Pas de remboursement de l'Inami: des parents abandonnent l'ostéopathie pour leur bébé à cause du coût des soins

Mathieu Gregoire, ostéopathe à l'hôpital de Jolimont, traite Théa accompagnée de sa maman Sandrine.
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Mathieu Gregoire, ostéopathe à l'hôpital de Jolimont, traite Théa accompagnée de sa maman Sandrine. - © RTBF Info

Une étude le prouve, 88% des bébés naissent avec des traumatismes liés à la naissance. Torticolis, problèmes lors de l’allaitement, troubles du sommeil ou troubles digestifs. L’ostéopathie peut les aider.

De plus en plus d’interventions sur nourrissons

Mathieu Grégoire est ostéopathe à l’hôpital de Jolimont depuis dix ans. Il s’occupe de plus en plus de nourrissons : « L’ostéopathie rentre de plus en plus dans les habitudes de consultation et de traitement de la population. »

Théa est née depuis quelques jours. Depuis, elle souffre d’un torticolis, un traumatisme courant. Pour sa maman Sandrine, l’aide d’un ostéopathe était une évidence : « J’avais moi-même déjà fait des séances d’ostéopathie pour mon dos avant et puis en tant qu’infirmière en néonatologie, donc chez les prématurés, je sais qu’on conseille parfois des séances d’ostéopathie quand il y a du reflux, pour des malpositions ou quand on remarque que quelque chose ne va pas ».

Peu d’ostéopathes en milieu hospitalier

Mathieu Grégoire travaille à l’hôpital de Jolimont depuis dix ans. Collaborer directement avec les médecins et infirmiers est un réel avantage : « S’il y a un souci qui n’est pas de mon ressort, je peux envoyer le nourrisson directement chez un médecin qui peut déclencher toute une batterie d’examens nécessaire. Et inversement, si mes collègues remarquent des problèmes qui sont davantage du ressort ostéopathique, ils peuvent m’appeler et comme je suis sur place, je peux intervenir rapidement aussi. »

Le prix des séances freine certains parents

Une séance d’ostéopathie est facturée entre 50 et 60 euros. La mutuelle n’intervient que pour une dizaine d’euros. Résultat, certains parents sont contraints d’abandonner ce soin. Mathieu Grégoire : « Il arrive parfois que les parents arrivent en consultation et demandent le prix de la séance puis préfèrent renoncer au soin. »

Benoit Debande, directeur du centre hospitalier de Jolimont regrette que l’Inami, l’Institut national d’assurance maladie-invalidité, n’intervienne toujours pas dans le remboursement des soins liés aux ostéopathes : « On a quand même une certaine reconnaissance auprès du milieu académique. Aujourd’hui, nous avons deux facultés en Belgique qui forment au métier d’ostéopathe. En Suisse, l’ostéopathie fait partie des soins de base remboursés pour tout patient. »

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